Prêt étudiant : comment l'obtenir et à quel prix ?

Des étudiants dans la bibliothèque
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La vie étudiante s’avère souvent onéreuse. Les jeunes et leurs proches n’ont pas toujours l’épargne nécessaire, ni les revenus suffisants pour y faire face. Dans ce cas, le prêt étudiant s’avère incontournable. Quelles démarches nécessite-t-il ? Faut-il obligatoirement une caution parentale ? L’usage du crédit est-il contrôlé ?

Certains étudiants ont, cette semaine, fait leur rentrée scolaire. Pour les jeunes et leurs proches, le basculement dans l’enseignement supérieur s’accompagne bien souvent de nouvelles dépenses, qui ne sont pas toujours anticipées ou ne peuvent l’être. Entre les frais d’inscriptions, la location d’un logement, le transport ou encore les dépenses du quotidien, la facture s’alourdit rapidement.

Pour 2018, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) estime ainsi à 838 euros par mois le coût moyen de la vie estudiantine, une fois déduites les aides reçues (bourses et aide au logement notamment). Un chiffre, en hausse de 1,3% par rapport à la rentrée 2017, qui ne prend pas en compte les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur. Ceux-ci variant de quelques centaines d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon le cursus choisi et le pays dans lequel l’étudiant poursuit sa scolarité.

Dans ce contexte, les jeunes sont nombreux à pousser la porte de leur banque pour faire une demande de prêt : plus de 4 jeunes sur 10 empruntent un montant moyen de 10 000 euros, selon le baromètre Carac consacré à l’entraide familiale (1). Enjeu de fidélisation oblige, les banques accueillent en principe cette clientèle à bras ouverts. Peu rentables dans un premier temps, les étudiants d’aujourd’hui seront en effet ceux qui, demain, solliciteront un crédit immobilier ou placeront leur épargne.

Un crédit de trésorerie sans obligation de revenus

De fait, les établissements bancaires ne rechignent pas à octroyer des emprunts de plusieurs dizaines de milliers d’euros, à des conditions très favorables. En cette période de rentrée scolaire, les enseignes se livrent même une concurrence féroce sur le prêt étudiant à coup d’offres promotionnelles.

Après un passage en revue des principaux établissements bancaires, les taux d’appel proposés varient de 0,90% à 1,15% de TAEG fixe, hors assurances facultatives. Ces faibles taux vont le plus souvent de pair avec la gratuité des frais de dossier. Les conditions d’endettement apparaissent très attractives compte tenu du profil des emprunteurs… ces derniers ne disposant généralement pas de revenus réguliers.

Toutefois, les banques se protègent du risque de non-remboursement en demandant une caution parentale. C’est-à-dire que les parents s’engagent à rembourser à la place de leur enfant si celui-ci ne parvient pas à faire face aux échéances. En théorie, le rôle du garant peut aussi être assumé par un autre proche (frère, sœur, oncle et tante...) si la banque l'accepte.

En outre, les taux proposés à la clientèle estudiantine paraissent aussi très favorables au regard du type de prêt. Le prêt étudiant est en effet un crédit non affecté, qui ne nécessite donc pas de justifier l’usage des fonds. Le jeune peut se servir de cet argent comme bon lui semble : payer son inscription à l’université, acheter une voiture, un ordinateur ou encore financer la location d’un logement. D'habitude, les banques réservent plutôt leurs meilleures offres aux emprunteurs prouvant que le prêt servira à un projet précis et défini, comme l’achat d’un véhicule ou la réalisation de travaux.

Les conditions d’éligibilité des prêts étudiants

Pour obtenir un prêt étudiant, le jeune adulte doit remplir quelques conditions. En toute logique, il doit avoir le statut d’étudiant ! C'est-à-dire être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur, quel qu’il soit : grandes écoles, BTS, IUT, universités. D'ailleurs les banques demanderont à l'étudiant des pièces attestant de son inscription : photocopie de la carte d’étudiant ou certificat de scolarité.

Autre contrainte, le candidat à l’emprunt doit être majeur. Néanmoins, certaines banques, comme le Crédit Agricole, étendent l’accessibilité aux mineurs âgés d’au moins 16 ans. De plus, bien qu’il n’y ait pas d’âge pour débuter ou reprendre des études, les établissements de crédit réservent généralement le prêt étudiant aux moins de 30 ans. En principe, passés 27 ou 28 ans, il est quasi impossible de souscrire ce type de prêt.

Si les banques aiment les étudiants, elles peuvent toutefois se montrer regardantes sur le choix du cursus et de l’établissement. Certaines cantonnent ainsi les financements aux élèves inscrits dans des structures reconnues par l’Education Nationale. De même, les étudiants de grandes écoles ou de filiales sélectives bénéficient souvent de conditions d’emprunt plus avantageuses. Afin d’attirer à elles les profils souhaités, les banques, à l’image de BNP Paribas, peuvent également nouer des partenariats avec certains établissements, comme des écoles de commerce ou d’ingénieur.

Si ce n'est pas une condition à part entière, la banque peut également inciter l'étudiant à ouvrir un compte en complément de son prêt. Dans ce cas, il faut aussi tenir compte des éventuels frais bancaires associés.

L’obtention d’un prêt étudiant n’est pas assurée

Même si l’étudiant remplit toutes ces conditions, il peut tout à fait voir sa demande de financement rejetée. Il n'existe pas, en effet, de « droit au prêt » comme il existe un droit au compte. Le refus de la banque peut résulter d’une relation commerciale compliquée avec ses parents, si ces derniers sont clients de l’établissement (incidents de paiement, découvert fréquent et autres difficultés de trésorerie). Dans ce cas, l’étudiant aura tout intérêt à s’adresser à une enseigne concurrente.

La garantie de l’Etat pour les dossiers moins faciles

Les étudiants, âgés de moins de 28 ans, ne bénéficiant pas d’une caution solide ou s’étant déjà vu refuser un financement, peuvent se tourner vers le prêt étudiant garanti par l’Etat (anciennement Oseo). Sa particularité : en cas de défaut, c’est la Banque publique d’investissement (Bpifrance) qui prend en charge les échéances restantes à hauteur de 70%. Petit bémol, alors que dans le cadre d’un prêt étudiant non aidé, le montant emprunté peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, le prêt étudiant garanti par l’Etat est plafonné à 15 000 euros.

Autre spécificité, toutes les banques ne sont pas habilitées à le proposer. Cette année, pour y prétendre, les jeunes pourront s’adresser à la Société Générale, au CIC, au Crédit Mutuel, à la Caisse d’Epargne ou à la Banque Populaire. A noter que ces établissements n’ont, comme dans le cas d’un prêt étudiant non garanti, aucune obligation d’accepter la demande de financement.

La possibilité de différer le remboursement

La durée de remboursement du prêt étudiant varie selon les banques et la situation financière des étudiants et de leur famille. Dans les faits, les banques permettent d’échelonner les échéances de 1 à 10 ans. Cela varie en fonction des enseignes mais aussi du mode de souscription (en ligne ou en agence). Chez BNP Paribas, par exemple, au-delà de 108 mensualités (9 ans), la demande de crédit nécessite de contacter un conseiller en agence. Dans le cadre d’un prêt étudiant garanti par l’Etat, la durée de remboursement ne peut être inférieure à 2 ans.

Pour rassurer les jeunes et leurs parents, les banques mettent volontiers en avant le différé de remboursement. Il est censé permettre à l’étudiant de commencer à rembourser son prêt après avoir terminé ses études (et décroché un premier emploi). En pratique, deux solutions sont possibles. Le différé total, premièrement, consiste à reporter l’intégralité des échéances. Le différé partiel permet, lui, de ne rembourser au début que les intérêts du crédit, le capital restant à la charge de l’emprunteur une fois son diplôme obtenu. Ce deuxième différé parait séduisant. Toutefois, si possible, il vaut mieux opter pour le report partiel des échéances, moins coûteux en intérêts.

Lire à ce sujet : Différé ou déblocage progressif en début de crédit

Le déblocage progressif des fonds est la seconde option souvent proposée par les banques. Il permet de virer périodiquement une partie des fonds empruntés sur le compte du jeune. Objectif : faciliter la gestion de son budget et agir comme un garde-fou. Côté frais, le décaissement fractionné du prêt peut être payant, sans toutefois représenter un surcoût prohibitif. A titre d’exemple, la Société Générale le facture 16 euros au 1er avril 2018.

En résumé,

  • Le prêt étudiant se destine, sauf exceptions, aux jeunes majeurs âgés de 18 à 28 ans.
  • Il permet d’emprunter plusieurs milliers d’euros sans en justifier l’utilisation.
  • Le remboursement peut s’échelonner sur plusieurs années et être décalé dans le temps.
  • Les offres commerciales diffèrent selon les banques, il est donc important de les mettre en concurrence.
  • Les banques imposent souvent aux parents de se porter caution. A défaut, l’étudiant peut solliciter la garantie de l’Etat.

(1) Baromètre Carac réalisé par Opinionway sur les jeunes Français et l’argent, septembre 2018. Etude menée entre le 6 et le 23 avril 2018, auprès de 1000 personnes entre 15 et24 ans, issues d’un échantillon national représentatif de la population française selon la méthode des quotas.

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© cbanque.com / MEF / Septembre 2018