Affacturage : quand les fintechs dépoussièrent les services pour les PME

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De plus en plus de nouveaux acteurs ciblent les petites et moyennes entreprises. Certains décident de moderniser le compte bancaire. D’autres se concentrent sur un service spécifique, à l'image de Finexkap. Cette fintech dématérialise et simplifie l'affacturage pour le rendre accessible aux petites structures.

Après Agicap et son application de prévision de trésorerie, cBanque entame le deuxième volet de sa série consacrée aux « fintechs qui dépoussièrent les services pour les PME ». Cette fois-ci, nous nous sommes intéressés à Finexkap. Cette jeune pousse créée en 2012, mais lancée officiellement en 2015, compte 25 salariés. Elle propose aux petites et moyennes entreprises de lui céder leurs factures. Elles obtiennent ainsi directement leur argent mais en échange s’acquittent d’intérêts, dont le taux moyen atteint 2,5%. Ce service s’appelle de l’affacturage ou factoring (son appelletation anglaise).

L’affacturage accessible aux TPE-PME

L'affacturage n’est pas nouveau. Il est proposé par des sociétés spécialisées, appelées « factors », souvent filiales de banques traditionnelles. Mais, ce service est traditionnellement réservé aux structures importantes. « L’affacturage est un secteur en pleine expansion qui croit de 10% à 15% par an et représente 290 milliards d’euros de factures achetées en France par an. Mais il n’y a que 30 000 TPE et PME qui y ont recours. 80% du volume provient de grandes entreprises », nous a ainsi commenté Cédric Teissier, co-fondateur et CEO de Finexkap.

En cause, un produit historiquement peu adapté aux entreprises de petite taille de part sa complexité. « Monter un dossier peut prendre 4 à 6 semaines », argumente le co-fondateur. Par ailleurs, pour les TPE, les créances cédées ne représentent souvent que quelques milliers d’euros. Un montant insuffisant pour les établissements de crédit qui ne rentabiliseraient pas les coûts d’acquisition d’un contrat d’affacturage. Toutefois, selon Cédric Teissier, l'affacturage est en cours de démocratisation. « Depuis que l’on a créé Finexkap, les sociétés ont essayé de rendre les procédés plus simples. Mais à l’exception du Crédit Agricole, qui a lancé Cash in Time, les établissements ont encore des offres trop contraignantes », estime ainsi l'entrepreneur.

Une inscription gratuite et sans engagement

Concrètement, Finexkap propose d’obtenir un financement en ligne, depuis la plateforme éponyme ou via la quinzaine de logiciels partenaires. « L’inscription est gratuite. Il n’y a pas de frais de dossier ni d’abonnement. Il n’y a pas d’engagement sur la durée, ni sur le volume. Il n’y a pas de garantie demandée, ni de rendez-vous. Tout est dématérialisé et l’inscription prend 3 minutes ! » s’enthousiasme le co-fondateur. Pour accorder ou non un financement, la start-up se base sur son propre modèle de risque, « audité et validé par la BPI ou encore notre assureur-crédit Euler Hermès », souligne Cédric Tessier. Si la demande est acceptée, la société s’engage à débloquer les fonds sous 48 heures.

Finexkap s’adresse aux sociétés réalisant au moins 100 000 euros de chiffre d’affaires annuel. « A partir du moment où elles respectent ce critère, nous pouvons financer une facture de quelques milliers d’euros », souligne l’entrepreneur. « Nous travaillons beaucoup avec les travailleurs indépendants ». En effet, pour accroître son vivier clients, Finexkap propose ses services sur des places de marché pour freelances, ce qui lui permet de toucher de 20 000 à 30 000 sociétés. Son offre s'adapte bien à ces plateformes d'entrepreneurs, assure Cédric Tessier. Sur certaines places, la start-up accepterait la totalité des demandes, quand sur son propre site le taux de sélectivité atteindrait 40% .

Finexkap détient sa propre société de gestion

Pour financer l’achat de factures, Finexkap ne compte pas sur un partenaire bancaire. C’est elle qui finance les créances grâce à un fonds d’investissement, géré par sa filiale Finexkap Asset Management, et abondé par des investisseurs professionnels et institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance, mutuelles…). Doté de 30 millions d’euros, il permet de financer 180 millions d’euros par an.

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