Crédit immobilier : des courtiers de plus en plus puissants

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Un contrat de crédit
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Acecrédit, Immoprêt, Empruntis, Meilleurtaux, Artémis Courtage, Vousfinancer… Les annonces de regroupement, d’acquisition ou d’entrée au capital de puissants investisseurs s’accélèrent dans le monde du courtage en prêts immobiliers.

Décembre 2015 : la Financière Holding CEP rachète Empruntis. Quatre mois plus tard, c’est au tour d’Immoprêt d’intégrer ce nouveau groupe. Février 2017 : un fonds d’investissement de Goldman Sachs entre au capital de Finizy, maison-mère de Meilleurtaux, boostant ainsi les ambitions d’un courtier ayant déjà racheté Préféo ou MerciHenri. Juillet 2017 : le groupe Assu 2000, qui possède déjà AB Courtage, annonce l’acquisition de Vousfinancier. Novembre 2017 : après Empruntis et Immoprêt, la Financière Holding CEP met la main sur Acecrédit.

En moins de 2 ans, le paysage du courtage en crédit immobilier s’est concentré. La Compagnie européenne de crédit (CEC), branche spécialisée de la Financière Holding CEP, assure préserver l’intégrité de ses marques, mais revendique déjà le leadership en France avec 10 milliards d’euros de prêts immobiliers en 2017. Cafpi restant un acteur de tout premier plan, le marché apparaît aujourd’hui dominé par trois groupes : Cafpi, Meilleurtaux et CEC (Immoprêt-Empruntis-Acecrédit). Derrière, plusieurs challengers ambitieux : Vousfinancer, In&Fi Crédits, la Centrale du financement, Artémis Courtage…

Plus d’un tiers des crédits immobiliers

Le gâteau à se partager est plutôt copieux. L’année 2017 va se boucler sur un record en matière de production de crédits immobiliers : 238 milliards d’euros de prêts ont déjà été accordés, selon la Banque de France, sur les 10 premiers mois de l’année. L’année 2018 sera probablement moins fructueuse, la faute au flux de rachats qui se tarit suite à la très légère remontée de taux. Mais la part de marché des courtiers augmente de façon progressive à en croire Ulrich Maurel, membre du directoire de la Compagnie européenne de crédit : « Les courtiers réalisaient environ 15% de la distribution de crédits immobiliers en 2006, et plus de 35% en 2016. » Il n’existe pas de statistique officielle sur le sujet mais la plupart des acteurs évoquent une part de marché d’environ un tiers des crédits. « Cette progression est constante », ajoute Ulrich Maurel, « vers 2022, les courtiers devraient approcher des 50% ».

Dans cet écosystème, les courtiers web prennent une place non négligeable. Au sein de CEC, le « courtage online », réalisé essentiellement grâce à Empruntis, pèse environ un tiers de la production. C’est la raison pour laquelle la CEC opte pour une stratégie multi-marques, plutôt que d’opérer à une fusion. « Nous pouvons ainsi répondre à différents besoins », soulignant notamment la place de « leader sur l’Ile-de-France » d’Acecrédit. Si Ulrich Maurel se dit ouvert à « d’autres opportunités », à court terme, le développement de la CEC devrait passer par des opérations hors de France, et par une amélioration du maillage du territoire avec les trois enseignes du groupe.

« Il y a de la place pour tout le monde »

A côtés de ces groupes de plus en plus puissants, quelle place pour les courtiers indépendants ? « Il y a de la place pour tout le monde », juge Ulrich Maurel. Les plus petits acteurs ont pour eux la proximité locale, éventuellement un contact privilégié avec le client, mais les groupes, de plus en plus puissants, disposent d'un poids de moins en moins négligeable dans les négociations avec les partenaires bancaires.

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© cbanque.com / BL / Décembre 2017