Prêt immobilier : le Crédit Agricole en avance sur le 100% en ligne

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Une maison virtuelle
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Hors banques en ligne, le Crédit Agricole est la seule banque française à avoir presque entièrement « digitalisé » son offre de crédit immobilier. A l’inverse, la Caisse d’Epargne, la Banque Populaire, AXA Banque et La Banque Postale continuent à s’appuyer largement sur leurs conseillers.

Où en sont les banques françaises de leur transformation numérique en matière de crédit immobilier ? C’est la question que s’est récemment posée Sia Partners. Premier constat du « benchmark » (1) publié par le cabinet de conseil : la France est un « leader européen dans l’e-commercialisation du prêt hypothécaire en ligne ». Sur le web, les banques tricolores ont une longueur d’avance, « notamment dans [leur capacité] à personnaliser leurs offres ». Huit enseignes sur dix disposent ainsi de simulateurs en ligne, et 65% sont capables de faire une proposition immédiate. La limite actuelle entre les banques les plus avancées et les autres se situe en aval : au niveau du pré-accord en ligne, maîtrisé par un petit tiers des banques.

Le Crédit Agricole au même niveau que les banques en ligne

Une banque se distingue tout particulièrement : le Crédit Agricole. La banque verte, constate Sia Partners, maîtrise l’ensemble de la chaîne de valeur numérique d’octroi du crédit immobilier, de la simulation au montage du dossier, en autonomie, par le client. Seules deux enseignes 100% en ligne, Boursorama Banque et ING Direct, sont allées aussi loin, pour une raison évidente : en l’absence d’agences, elles n’ont pas d'autre choix.

Mais qu’est-ce qui a pu convaincre le Crédit Agricole, pourvu d’un réseau de plus de 7.000 agences, d’investir autant dans le numérique ? La première raison est symbolique : « la sophistication de l’offre de produits sur les canaux digitaux est une vitrine pour la banque », explique Sia Partners, et lui permet de toucher une clientèle autonome, pressée et désireuse de faire jouer la concurrence. La seconde raison est économique : numériser la chaîne de valeur permet de réduire les coûts, et le cas échéant de proposer des taux et tarifs plus compétitifs.

BPCE et la Banque Postale plus indécises

Le « full web », toutefois, a aussi ses risques : usurpation d’identité et faux côté banque, plan de financement non optimisé côté client. Surtout, il met en péril, sur le long terme, la relation client-conseiller, dont le crédit immobilier est « un vrai moment charnière », explique Sia Partners.

C’est sans doute pour cela que contrairement au Crédit Agricole, certaines enseignes restent très timides. Parmi les plus indécises, on retrouve notamment les deux principales marques de BPCE, la Banque Populaire et la Caisse d’Epargne, mais aussi AXA banque et la Banque Postale. Toutes se contentent dans l’immédiat de proposer des simulateurs en ligne, puis de renvoyer les emprunteurs potentiels vers leurs agences.

(1) L’échantillon retenu regroupe « 14 des principaux acteurs du crédit immobilier en France ». L’offre française a été comparée avec celle présente sur certains marchés européens significatifs, en particulier le Royaume-Uni et la Belgique. L’analyse a été menée en juillet et août 2015, avec comme principale source les sites internet des banques concernées.

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© cbanque.com / VM / Mai 2016