#fintech : Prexem tente de sécuriser le crowdlending

Valéry Giard (Prexem)
Valéry Giard (Prexem) - DR

Qui sont ces dizaines de Fintech, jeunes pousses alliant finance et technologie, qui se développent en France et tentent de se faire une place aux côtés des banques et autres sociétés financières ? Fondée par Valéry Giard, Prexem marque sa différence sur le marché très concurrentiel du prêt aux TPE/PME françaises financé par les particuliers (ou crowdlending), grâce notamment à un fonds de protection des investisseurs.

En quoi le crowdlending, le financement des PME par la foule, est-il pertinent dans le contexte actuel ?

Valéry Giard : « L’épargne française est l’une des plus importantes d’Europe. Mais les offres proposées par les institutions financières traditionnelles restent peu rémunératrices. Aux épargnants, nous proposons une nouvelle classe d’actifs qui se situe entre l’assurance-vie et le marché actions en termes de couple rendement/risque. Une manière de dynamiser leur épargne sans passer par la case banque. Dans le même temps, les TPE/PME font face depuis plusieurs années à un durcissement de conditions d’octroi de crédits de la part des établissements traditionnels. Prexem a donc l’ambition d’aider ces entreprises à financer leurs projets de développement, grâce à un outil simple, rapide, transparent et sans contrainte (pas de caution personnelle, pas de garantie, etc.). »

Ce marché attire de nombreux acteurs (Credit.fr, Lendosphere, Lendix, Bolden, entre autres). Comment comptez-vous vous différencier ?

VG : « Nous avons développé deux axes de différenciation. Un fonds de protection d’abord, inédit au monde sur une plateforme de crowdfunding de par son fonctionnement, qui permet de garantir tout ou partie de l’investissement des particuliers en cas de défaut éventuel d’un emprunteur. Un algorithme ensuite, développé en partenariat avec l’école Polytechnique, qui permet d’estimer la probabilité de défaut des projets des emprunteurs et donc de fixer le taux d’emprunt. Cet algorithme a d’ailleurs été labellisé par le pôle de compétitivité mondial Finance Innovation, une distinction unique pour une plateforme de crowdfunding ayant le statut IFP. D’autres acteurs, eux, ont mis en place un système d’enchères, où c’est le prêteur qui fixe le taux »

Quels sont les objectifs de développement de Prexem à moyen et long terme ?

VG : « À très court terme, d’ici quelques mois, nous souhaitons permettre aux entreprises de prêter à d’autres entreprises. Actuellement, seuls les particuliers peuvent le faire. Ensuite, d’ici 3 ou 4 ans, nous espérons atteindre le cap des 100 millions d’euros de crédits, et entamer l’expansion géographique de la plateforme à d’autres pays européens, Allemagne, Espagne et Italie notamment. »

Fiche d'identité : Prexem
ActivitéPlateforme de prêts rémunérés pour les TPE/PME financés par les particuliers
Site webwww.prexem.com
Date de création16 juillet 2014
Ouverture au public25 mai 2015
Clientèle viséeEmprunteurs TPE/PME et prêteurs particuliers
Marché viséFrance, puis Allemagne, Espagne et Italie à moyen-terme
Agrément ou statut spécifiqueInscription au registre de l’ORIAS en tant qu’Intermédiaire en financement participatif (IFP)
Capital et levée de fonds118.452 euros (pour la société SCPME qui exploite la marque Prexem)
Levée de fonds prévue au 4e trimestre 2015
Chiffre d'affairesNon communiqué (premier exercice pas encore clôturé)
Nombre de clients1.000 inscrits sur la plateforme
Effectif actuel6 personnes
Partenaires banque-assuranceDiscussions en cours
Partager cet article :

© cbanque.com / Propos recueillis par VM / Août 2015