Immobilier : c'est le moment d'acheter !

Trousseau de clés
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« C’est le moment d’acheter ! » En cette période de taux historiquement bas, l’injonction est partout, chez les courtiers, les agents immobiliers, dans les banques et les médias. Mais le niveau des taux de crédits immobiliers justifie-t-il à lui seul de mettre une telle pression sur les emprunteurs ? Suite de notre série consacrée au décodage des clichés sur l'argent.

Tentez l’expérience : rendez vous sur votre moteur de recherche favori et tapez « C’est le moment d’acheter ». Instantanément, des centaines de milliers de liens vous seront proposés, menant pour une bonne part vers des sites d’actualités. Des articles récents, d’autres beaucoup plus anciens.

« Immobilier : c’est le moment d’acheter » est de fait un de ces sujets auxquels les médias, spécialisés ou non, ont du mal à résister. Ce qu’on appelle un « marronnier », dans le jargon journalistique. Ce type de titres apparaît à coup sûr en période de baisse des taux, comme c’est le cas actuellement. Mais il peut aussi émerger après le retournement de tendance. Les taux frémissent à la hausse ? C’est toujours le moment d’acheter, avant que la situation ne se dégrade encore.

Une communication pilotée par les courtiers et les agences

Cet argumentaire n’arrive pas par hasard dans les gazettes. Il est le fruit d’un intense travail de communication de deux corps de métiers particulièrement intéressés par la hausse des ventes de biens immobiliers : les courtiers spécialisés et les réseaux d’agences immobilières.

Les principaux acteurs du secteur investissent en effet dans les relations presse et sont de grands pourvoyeurs de communiqués. De par leur activité, les courtiers disposent d’une masse de chiffres sur l’état du marché des crédits immobiliers, notamment les barèmes des banques. Les agents immobiliers, eux, ont tous les éléments en main pour produire des statistiques sur les prix de l’immobilier. Tous se sont organisés pour recycler et diffuser régulièrement ces données au grand public, sous forme d’observatoires, de baromètres ou de tribunes. L’objectif premier est promotionnel : faire connaître la marque et son expertise. Mais ce faisant, ils servent aussi une cause plus large : celle du marché immobilier français dans son ensemble.

Quand le bâtiment va…

Courtiers et agents immobiliers ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir intérêt à ce que ce marché se porte bien. C’est aussi le cas, notamment, de l’Etat - le bâtiment est pourvoyeur de croissance économique et d’emploi -, des collectivités locales, des géants du BTP, des artisans du bâtiment, des notaires et bien entendu des banques. Le crédit immobilier est en effet un produit à la fois rémunérateur et fidélisant, qui engage le client-emprunteur sur plusieurs décennies.

Les Français, aussi, le savent bien pour l’avoir entendu mille fois : « quand le bâtiment va, tout va ». On peut ainsi, à grand traits, distinguer deux catégories de Français : les locataires, qui aspirent à accéder à la propriété dans les meilleures conditions possibles, et les propriétaires, qui veulent (même théoriquement) revendre leur bien le mieux et le plus facilement possible. La baisse des taux immobiliers a l’avantage de satisfaire ces deux catégories.

C’est toujours « le moment d’acheter »

Il faut, toutefois, veiller à ne pas se laisser intoxiquer. Certes, la période actuelle, qui cumule stabilité (voir baisse) des prix et baisse des taux immobiliers, est propice à l’achat immobilier. Pour autant, acheter un logement en France aujourd’hui reste une opération extrêmement coûteuse (3,87 années de revenu en moyenne en juin 2015, selon l’Observatoire Crédit Logement), qui engage à rembourser l’équivalent d’un tiers de ses revenus par mois pendant 20 ou 25 ans. Ce n’est donc pas un choix à prendre à la légère, sous prétexte de profiter d’un soi-disant effet d’aubaine !

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© cbanque.com / VM / Juillet 2015

Commentaires

Publié le 18 juillet 2015 à 11h34 - #1thierry77
  • Homme
  • Savigny le temple
  • 54 ans

Bonjour,
Contrairement à ce qui est avancé dans l'article, un prêt immobilier n'engage pas à rembourser un tiers de ses revenus sur 20 ou 25 ans, car sur ces durées, l'érosion monétaire induit une baisse relative chaque année, de la charge du prêt, qui, pour 95% des cas en France, est contracté en taux fixe.
En outre, une revente presque systématique avant le terme du prêt,(un bien est détenu en moyenne 8 ans) avec le plus souvent, des plus-values, non imposables pour l'instant, sur la résidence principale du moins, génère un complément de revenus notable, bien que ponctuel, ce que votre analyse n'a pas cru pertinent de retenir.
C'est donc TOUJOURS le moment d'acheter.
Précision pour aller dans votre sens: je suis courtier en prêts immobiliers.
Cordialement.

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Publié le 23 juillet 2015 à 10h54 - #2Compte anonyme

L'offre de l'immobilier neuf est adaptée à la reprise qui vient, on pourrait même imaginer une offre en deçà du potentiel de demandes dans la cas d'une vraie reprise. Dans tous les cas, la vente d'appartements neufs, primo-accédants et locatif, semble confirmer les tendances de reprise.

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Publié le 24 juillet 2015 à 09h20 - #3Vincent

Toujours le moment d'acheter ? Pour qui ? Pour les banques, les agences immobilières, les notaires, ça oui !!! Mais pour le particulier, c'est une autre affaire !
Exemple concret : j'ai acheté en 2011 et depuis, les prix ont chuté de 30 à 40 % dans ma région. Je voudrais revendre et j'ai fixé le prix net vendeur au montant que je dois à la banque, ce qui représente une perte sèche de 70 000 € pour moi, mais c'est encore trop cher et le bien ne part pas...
Avis aux amateurs : avant de céder aux sirènes de la propriété, réfléchissez à 2 fois !!!

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Publié le 24 juillet 2015 à 13h43 - #4thierry77
  • Homme
  • Savigny le temple
  • 54 ans

Bonjour,
En réponse à Vinnie, le fait que ce soit le moment d'acheter n'implique pas qu'il faille acheter n'importe quoi à n'importe quel prix, bien évidemment.
Le minimum est de se livrer à une étude comparative du secteur sur des biens similaires.
Quant à une perte de 30 ou 40% en 4 ans, il s'agit nécessairement d'un bien hors normes, atypique ou exceptionnel sur un micro marché, ou, c'est plus probable, qui a été largement surpayé suite à un "coup de cœur" mal maîtrisé.
Petit détail, il faut vérifier lors de l'achat, que vous êtes à l'abri d'une installation de future(s) nuisance(s) qui peuvent éventuellement faire décôter le bien dans ces proportions.
Il faut enfin savoir que ce qui vous reste à devoir à la banque, est déconnecté du prix du marché, l'acheteur n'en ayant pas grand chose à faire.
Bon week end

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Publié le 25 juillet 2015 à 13h15 - #5disky

Bonjour à tous,
je ne suis pas d accord avec le courtier qui prétend que c est le moment d'acheter et que d'aprés la durée moyenne de detention d un bien sur 8 ans on réalise une plus value. Peut etre sur la région parisienne mais ce n est pas le cas du tout dans certaine campagne. Ce que je veux dire c est que c est peut etre le cas pour paris ou la région parisienne et les grandes villes françaises. Mais bien souvent les articles des agents immobiliers et courtiers ne s interréssent qu a ces marchés. Ils se moquent des gens qui achètent en campagne.
Car la durée de détention en campagne est superieure à 11 ans et non huit et je ne vois pas beaucoup de plus value sur la revente.
Alors taux bas ou pas, prix en baisse ou pas; le moment d'acheter c'est surtout quand vous etes prêt!!!

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Publié le 27 juillet 2015 à 10h17 - #6jean-Christophe J.
  • Homme
  • LYON
  • 69 ans

Les prix immobiliers sont encore bien trop surévalués, Sauf à Paris, ou Lyon qui subissent une pression immobilière forte, les prix affichés doivent être négociés d'au moins 25%.
Pour les résidences secondaire n'hésitez pas à négocier des rabais de 30 à 40% .

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Publié le 31 juillet 2015 à 08h46 - #7arc74
  • Homme
  • Haute savoie
  • 71 ans

beaucoup oublie qu'acheter represente aussi la satisfaction d'avoir un toit pour se loger et que dire de la perte seche d'une location à 1000 euroe sur 48 mois.
et acheter pour placement avec un rapport de 6% contre un cout de credit inferieur a 3% n'est pas toujours defini comme une perte sachant que le but n'est pas de vendre a court terme..

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