Crédit immobilier : « libéraliser le cautionnement bancaire à l'image de l'assurance-emprunteur »

Cédric Musso, directeur de l’action politique de l’UFC-Que Choisir
Cédric Musso - DR UFC-Que Choisir - copyright Laurent HINI

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié le 22 septembre dernier une étude à charge sur le fonctionnement actuel du cautionnement bancaire, l’une des trois principales garanties utilisées par les banques pour sécuriser le crédit immobilier. Depuis, l’association fait œuvre de lobbying auprès des pouvoirs publics pour libéraliser ce marché. Le point avec Cédric Musso, directeur de l’action politique de l’UFC-Que Choisir.

Vous avez rencontré le ministre de l’Economie Emmanuel Macron avec votre président Alain Bazot le 26 septembre dernier. De quoi a-t-il été question ?

« Il s’agissait de notre première rencontre avec le nouveau ministre de l’Economie. Nous avons donc présenté l’association et abordé les sujets en cours, avec un focus sur la loi croissance et pouvoir d’achat, qui concerne les particuliers. Dans ce cadre, nous avons souligné que s’il existe un secteur où la concurrence devait jouer plus fortement en faveur du consommateur, c’est le secteur bancaire. »

Cette rencontre concorde avec la sortie de votre étude sur le cautionnement bancaire. Qu’avez-vous réclamé au ministre à ce sujet ?

« La libéralisation effective du cautionnement bancaire, à l’image de ce qui a été fait sur l’assurance-emprunteur : une libéralisation par la loi. Et que la législation soit aussi précise que possible ! Nous espérons que cette mesure sera intégrée à la loi croissance (la présentation en Conseil des ministres de ce projet de loi, qui devrait notamment porter sur les professions réglementées ou le travail le dimanche, est annoncée pour la fin novembre, NDLR). »

Quelle a été la réaction du ministre ?

« Nous n’avons pas eu de fin de non recevoir. Ce qui ne présage de rien : nous n’avons aucune garantie quant à la prise en compte de cette demande. »

Avez-vous porté cette revendication devant d’autres responsables politiques ?

« Nous faisons le même travail auprès des parlementaires qu’auprès de l’exécutif. Nous en avons aussi parlé à des membres du cabinet du ministre des Finances, Michel Sapin. Comme du côté d’Emmanuel Macron, nous n’avons pas eu de fin de non recevoir. »

Et si la libéralisation du cautionnement bancaire n’est pas intégrée au projet de loi croissance et pouvoir d’achat…

« Il existe d’autres possibilités. Mais il y a clairement là une fenêtre de tir : cette loi, c’est le véhicule idoine. »

Outre le cautionnement bancaire, quels autres sujets touchant aux banques avez-vous abordés avec Emmanuel Macron ?

« La mobilité bancaire ! Plus exactement, nous avons réclamé la portabilité du numéro de compte bancaire (l’UFC-Que Choisir avait déjà porté cette demande auprès de la Commission européenne, en mars 2012, NDLR). Les chances que cette demande aboutisse ? Tout dépend s’il y a ou non un volet bancaire à la loi croissance et pouvoir d’achat. Là encore, le ministre ne nous a pas dit non. Or il nous est arrivé que le gouvernement nous oppose un non catégorique. »

Lire aussi sur cBanque l’article faisant suite à la publication de l’étude de l’UFC-Que Choisir sur le cautionnement bancaire

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© cbanque.com / Propos recueillis par BL / Octobre 2014