Points conseil budget : comment fonctionnera le futur réseau de prévention au surendettement

Une femme face à ses factures
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Le gouvernement a décidé l’an passé de déployer un réseau national de Points conseil budget, des plateformes d’aide aux personnes en difficulté financière. Bercy a annoncé jeudi dernier leur « prochaine » mise en place. A quoi va ressembler ce réseau ? Eléments de réponse.

« Les Points conseil budget seront mis en place prochainement par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée de la lutte contre l’exclusion, afin de renforcer le conseil et la médiation au bénéfice des ménages dont la situation budgétaire se dégrade », ont annoncé Michel Sapin et Ségolène Neuville jeudi dans un communiqué cosigné.

Si plusieurs arbitrages restent à réaliser concernant l’étendue de ce réseau et le public concerné, l’objet des Points conseil budget (PCB) ne fait plus de doute : « Le but principal est de parer aux difficultés financières avant que les personnes concernées ne se retrouvent en situation de surendettement », témoigne Caroline Allard, responsable de projet à l’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa), qui a réalisé un état des lieux des dispositifs existants (Crésus, CCAS, crédits municipaux, associations d’accompagnement au microcrédit personnel, dispositifs des banques tels que les Points passerelle ou Parcours confiance, etc.).

Comprendre le reste à vivre, renégocier ses crédits, etc.

Les conseillers des PCB recevront donc des personnes en difficulté financière a priori pour :

  • faire un bilan du budget du foyer et pointer les dépenses superflues, en prenant en compte le « reste à vivre » mensuel,
  • aider les ménages en difficulté à renégocier leurs crédits, par exemple en transformant un crédit renouvelable en crédit amortissable,
  • éventuellement les guider vers les aides auxquelles ils ont droit, etc.

« Les principes des Points conseil budget sont notamment inspirés de ce qui se fait à Grenoble avec la Plateforme budget du CCAS », ajoute Caroline Allard.

Selon un document publié en décembre dernier par l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS), l’objectif est non seulement de permettre « une simplification des démarches des personnes en précarité financière », avec une plateforme unique, mais aussi de réduire les « coûts de l’action sociale en faveur » de ce public grâce à cette simplification.

Les bénéficiaires : pas uniquement des foyers modestes

Qui pourra se rendre dans ces centres ? « L’Ansa estime que les Points conseil budget doivent être ouverts à tous », avance Caroline Allard, en nuançant immédiatement : « Après, cela dépend des arbitrages… », le gouvernement n'ayant a priori pas encore tranché sur ce point. Elle argumente la position de l’Ansa en soulignant que les surendettés n’ont pas tous des revenus modestes : en 2012, plus de 22% des dossiers de surendettement ont concerné des ménages dont les ressources dépassent 2.000 euros par mois selon une enquête typologique de la Banque de France.

« L’idéal serait d’avoir un Point conseil budget dans chaque département, accessible à tous, que ce soit en milieu rural ou urbain », conclut Caroline Allard, qui évoque aussi une plateforme téléphonique. Reste à savoir si ces PCB vont prendre la place de structures déjà existantes. Au gouvernement d’arbitrer.

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© cbanque.com / BL / Septembre 2014