Internet : comment CredeeZ peut-il promettre des crédits conso à 0% ?

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Thomas Rebaud
Thomas Rebaud-Katou Kervazo/DR

Credeez.com (prononcez crédize) est un site internet qui promet des crédits à la consommation à des taux imbattables, souvent proches des 0%. Comment est-ce possible ? A qui s’adresse CredeeZ ? Son fondateur, Thomas Rebaud, nous en explique le fonctionnement. Interview.

Le site credeez.com est accessible au public depuis le 11 octobre 2012. Thomas Rebaud, pouvez-vous nous expliquer le principe de votre site ?

« Il est très simple. En partant du constat que les taux d’intérêt du crédit à la consommation sont très élevés et que le nombre de prêts demandés, prêts personnels et renouvelables, ne cesse de chuter, je me suis dit qu’il fallait inverser le modèle économique actuel. Et c’est exactement ce que fait CredeeZ : chez nous, les intérêts de chaque crédit sont payés de façon partagée entre les commerçants, les banques et les consommateurs. »

Commerçants, banques et emprunteurs paient-ils les intérêts à part égale ?

« Non, les banques paient une partie des intérêts, entre 1% et 1,5%, puisque nous leur prenons une commission en tant que courtier. Nous avons également constitué un réseau de commerçants partenaires dans différents secteurs (automobile, moto, travaux, bijoux, hi-fi, voyages, etc.) qui s’engagent à prendre à leur charge une partie du coût du crédit du consommateur, en fonction de sa durée : 2 ans et demi pour les voitures, 4 ans pour les voyages... Très concrètement, si une personne veut acheter une cuisine à 15.000 euros, les cuisinistes partenaires acceptent de payer les intérêts de son crédit jusqu’à 4 ans et demi ; ce qui va permettre au consommateur d’avoir un crédit à taux 0% qui ne lui coûtera pas un centime. Au-delà de cette durée, par contre, nous n’assurons plus des prêts à taux 0% : le consommateur va alors commencer à payer une partie de ses intérêts. »

L’emprunteur qui souscrit pour une durée compatible ne paiera donc, à aucun moment, les intérêts ?

« Non, nous n’avons pas un capital assez conséquent pour procéder de cette manière. Aujourd’hui, l’emprunteur rembourse des intérêts tous les mois, pendant toute la durée de son remboursement, à des montants variables. Le mois suivant, CredeeZ lui rembourse une partie des intérêts, la même somme tous les mois, jusqu’à expiration du crédit. Au final, l’emprunteur n’aura payé aucun intérêt. »

A qui s’adresse CredeeZ ?

« Pour faire une demande de prêt sur notre site, il faut obligatoirement être majeur et n’être inscrit ni au FICP (Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particulier, NDLR) ni au FCC (Fichier central des chèques, NDLR). Pour l’instant, notre service s’adresse essentiellement aux Franciliens puisque tous les commerçants partenaires sont basés en Ile-de-France, une région qui concerne quand même plus de 40% des crédits en France. D’ici six à huit mois, on espère se développer dans sept autres grandes villes françaises. »

Les commerçants partenaires et les organismes de crédit avec qui vous travaillez ne se tirent-ils pas une balle dans le pied en s'associant à CredeeZ ?

« Nos partenaires ont tout à y gagner. Nous sommes un apporteur d’affaires pour le commerçant : certes, il baisse ses marges en finançant la totalité ou une partie du prêt mais on lui amène des clients et du chiffre d’affaires. De la même façon qu’on amène des clients aux banques, comme un courtier classique. En fait, nous sommes une fusion entre un courtier en crédit et un groupement d’acheteurs. Les deux systèmes existaient déjà mais n’avaient jamais été reliés. Nous les avons mis ensemble pour faire du crédit social. »

Le mot social n’est-il pas un peu fort ?

« Les deux mots côte à côte, crédit et social, choquent souvent, en effet. Je parle de crédit social dans le sens où nous demandons à tous les acteurs concernés par la vente du crédit, de partager le coût de cet emprunt. J’espère également que nous allons nous positionner comme un acteur de la relance économique en proposant des crédits gratuits ou très peu chers. »

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© cbanque.com / Propos recueillis par SL / Novembre 2012

Commentaires

Publié le 7 novembre 2012 à 16h44 - #1icf62

une inscription au registre du commerce comme courtier en prêt aurait été plus appropriee qu'un code APE 7490B: Activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses.

l'inscription sur le registre unique ORIAS des IOBSP en début 2013 devrait clarifier la chose.

Publié le 7 novembre 2012 à 22h35 - #2LMDP
  • Paris

@icf62 : c'est hélas ainsi que cela fonctionne aujourd'hui, lorsque vous avez une idée qui semble bonne, surtout se lancer le plus vite possible, sans se préoccuper de savoir si c'est légal ou fait dans la légalité. Ensuite, si ça marche et si on a le temps, rentrer "dans les clous" (ou -je connais hélas plein de cas- si ça n'est pas possible : partir avec la caisse). Ceux qui se préoccupe des aspects légaux dès la phase initiale sont bien souvent voués à ne rien faire.

Là, l'idée est très bonne (et l'offre est claire, sans frais caché), et au moins cette société se préoccupe rapidement de se mettre en règle. Le crédit gratuit par contre, c'est une sacrée incitation à souscrire, au risque d'oublier que si les intérêts sont proches de zéro, il faut tout de même rembourser le capital, alors l'emploi du terme "crédit social" me fait doucement rigoler. D'autant plus que la marge de négociation vis à vis des commerçants partenaires risque d'être pas mal réduite par ces intérêts qu'ils prennent à leur charge. Je préfère encore payer mon crédit à la conso à 7 ou 8 % si je peux avoir une remise de 30% sur le montant de ma cuisine

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Publié le 8 novembre 2012 à 09h46 - #3Compte anonyme

crédit social...l'expression va faire fureur dans les mois qui viennent puisque le business de la pauvreté va battre son plein...effectivement la mise en place du fichier des courtiers ORIAS devrait nous éclairer plutôt qu'un pseudo statut hors crédit!!! mai son notera que les banques semblent déjà cautionné l'affaire...

Publié le 8 novembre 2012 à 11h17 - #4Gb66

Ce cher Monsieur n'a rien inventé, le procédé existe depuis des lustres, faire croire que les commercants vont payer les intérêts ?? oui mais en ventilant le surcoût sur le prix de vente

effectivement vivement le décret IOB

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Publié le 8 novembre 2012 à 16h41 - #5icf62

on peut aussi utiliser le système.....

on négocie la remise avant, avec le commercant, puis on fait un crédit après...

comme cela 30% de remise et prise en charge des intérêts...

Publié le 8 novembre 2012 à 17h49 - #6Thomas-Rebaud

Bonjour à vous trois et merci pour vos commentaires.

Vous montrez un haut niveau de suspicion et n'êtes malheureusement pas les premiers!

En réalité, il n'y a pas d'entourloupe sur ce projet, [lien bloqué] et qui vise réellement à améliorer le pouvoir d'achat des français.

Oui, c'est une certitude, s'endetter n'est jamais la meilleure des solutions.
Mais force est de constater que des millions de Français en ont besoin et que, sauf abus tant de la part de l'institut que du consommateur, ce n'est pas en soit une mauvaise chose.
Une fois ce constat fait, [lien bloqué] a été conçu pour répondre à une logique simple: pourquoi est-ce que nous payerions, nous les consommateurs, l'intégralité du coût du crédit? Il n'y a en soit aucune raison, puisque l'on fait la "fortune" des commerçants chez qui l'on achète.

Par ailleurs, la commission que l'on demande ne réduit pas la réduction que vous aurez sur place. La raison est simple: elle est faible, car rattrapée ailleurs par la commission que l'on demande au instituts bancaires et par les revenus de publicité (les "leads" envoyés à ces instituts bancaires).

De fait, vous pouvez y aller, vous aurez à la foi le taux à 0% et la cuisine à 30% de réduction.

N'hésitez pas à me répondre si je n'ai pas été assez précis!

Thomas
[lien bloqué]

Publié le 10 novembre 2012 à 09h11 - #7CS

La méthode de prise en charge des coûts du crédit par le commerçant éxiste depuis + de 25 ans. elle est d'ailleurs très développée dans certains secteurs d'activité.Et depuis 25 ans les organismes de financement sont partie prenante ...Des milliers et des milliers de consommateurs ont "profité ???" du système (achat de meuble,electro ménager,cuisines,automobiles ,etc.)
Il ne faut pas croire cependant que vous obtiendrez remise commerciale et crédit gratuit.
Enfin ne pas oublier que la loi oblige le commerçant lorsqu il y a crédit gratuit à faire une remise équivalente supplémentaire à la remise commerciale et ça peu de consommateurs le savent et encore moins l'appliquent.

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Publié le 12 novembre 2012 à 09h19 - #8martine

on fait la "fortune" de quels commerçants ? de la petite PME qui produit français ? ou des grosses structures qui vend des produits importés ?

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Publié le 12 novembre 2012 à 11h59 - #9martine

une précision pour cs
En aucun cas il y a obligation pour le commerçant de faire une remise en cas de crédit gratuit

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Publié le 12 novembre 2012 à 12h30 - #10Thomas-Rebaud

Oui Martine, cette obligation a été modifiée par la loi Lagarde, ce n'est en effet plus une obligation.

Par ailleurs, nos partenaires sont des commerçants locaux, des franchisés qui souhaitent développeur leur clientèle et de fait acceptent de baisser leur marge pour payer les intérêts de nos clients.

En espérant vous avoir répondu, et surtout convaincu que ce système est l'avenir du crédit en France !

Thomas

Publié le 12 novembre 2012 à 14h55 - #11Jean-Bernard Valade

Bonjour à toutes et à tous,

Merci Thomas d'avoir inventé dans ce domaine où tout semblait avoir été créé.
En tant que Président de l'Association Française des Intermédiaires Bancaires (AFIB), je vous souhaite un franc succès pour le plus grand bienfait des consommateurs.
Je suis parfaitement convaincu de l'intérêt de Credeez.

Cordialement

Jean-Bernard Valade

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Publié le 13 novembre 2012 à 15h46 - #12teixdan

Faites attention si vous laissez vos coordonnées sur le sites de CredeeZ car il n'est absolument pas sécurisé, @bon entendeur salut...

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Publié le 21 novembre 2012 à 10h51 - #13Thomas-Rebaud

Merci Monsieur Valade pour votre commmentaire.

Si vous l'acceptiez je serais ravi de pouvoir m'entretenir avec vous sur ce sujet. N'hésitez pas à me contacter sur le site [lien bloqué]

A très bientôt peut-être!

Ps: pour répondre au dernier commentaire, le site est tout à fait sécurisé, un service y travaille à temps plein.

Thomas
[lien bloqué]

Publié le 5 décembre 2012 à 10h47 - #14patrick

bonjour,

quels sont les résultats après deux mois d'activité ?

Publié le 8 décembre 2012 à 13h30 - #15Thomas-Rebaud

Bonjour Patrick,

Les résultats sont très bons. Fruit de toute activité débutant dans le crédit à la consommation, nous avons eu beaucoup de demandes non recevables pour des raisons de non solvabilité mais les chiffres sont en constante augmentation et les retours clients sont, chiffre réel, à 100% positifs, ce qui nous ravit.

Les médias commencent à s'y intéresser et c'est une bonne chose tant nous pensons apporter quelque chose au consommateur Français.

J'espère avoir répondu à votre question :)

Thomas