Hello Bank!

Les cartes bancaires premium des banques en ligne sont-elles au rabais ?

Personne présentant une carte bancaire dorée
© Eisenhans - Fotolia.com

Que valent les cartes bancaires Visa Premier ou Gold Mastercard des banques en ligne, par rapport à celles des banques traditionnelles ? Moins chères, sont-elles aussi moins intéressantes ? On a comparé.

Les vacances approchent, vous allez peut-être partir en voyage, acheter des billets de train ou d’avion, louer une voiture ou faire des achats hors zone euro. Mieux vaut dans ce cas être équipé d’une carte bancaire premium, Visa Premier ou Gold Mastercard, pour la tranquillité d’esprit qu’elles apportent : des plafonds plus élevés, des assurances diverses et variées, une meilleure acceptation chez les commerçants, etc.

Mais voilà, ces cartes, dans les banques traditionnelles, ont un coût non négligeable. Il suffit de se reporter au comparateur tarifaire de cBanque pour s’en convaincre : la cotisation annuelle moyenne, en débit immédiat, est de près de 127 euros pour une Visa Premier (1) et de 123,40 euros pour une Gold Mastercard.

Il existe toutefois une alternative, beaucoup plus avantageuse : les banques en ligne. Chez elles, ces cartes sont généralement gratuites, à deux exceptions près : Monabanq (60 euros par an pour une Visa Premier) et Orange Bank (95,88 euros, également pour une Visa Premier). Une gratuité sous conditions - de revenus chez Boursorama, Fortuneo ou BforBank, de dépôts chez ING, consultez à ce sujet notre récapitulatif - mais relativement accessible : il suffit par exemple de faire transiter 1 200 euros par mois sur un compte ING, ou de justifier de 1 600 euros de revenus chez BforBank, pour obtenir, sans frais, sa jolie carte dorée. Une réelle motivation pour faire le grand saut et ouvrir un compte dans une banque sans agences.

Achats et retraits en devises : les banques en ligne cassent les prix

Les cartes premium des banques en ligne sont nettement plus avantageuses sur un autre critère que la cotisation annuelle : le prix des transactions en devises. Toujours selon le comparateur cBanque, un achat de 100 euros dans une monnaie autre que l’euro est facturée en moyenne 2,90 euros par les banques traditionnelles, contre 1,98 euro par les banques en ligne. Pour un retrait de même montant, il faut compter 5,86 euros chez les premières, contre 1,98 euro chez les secondes.

A ce prix, les cartes premium des banques en ligne offrent-elles toutefois le même niveau de services ? Les mêmes plafonds, les mêmes assurances ? Pour le savoir, nous avons comparé leurs caractéristiques avec celles des cartes émises par leurs maisons mère : la Société Générale pour Boursorama Banque, le Crédit Mutuel de Bretagne pour Fortuneo, BNP Paribas pour Hello Bank, LCL (autre filiale du Crédit Agricole) pour BforBank, etc.

Des petites différences sur les plafonds

L’un des points forts des cartes bancaires premium, ce sont leurs plafonds de paiement et de retrait, supérieurs par défaut à ceux des cartes classiques. Pratique quand on voyage et qu’on veut dépenser sans (trop) compter.

Y a-t-il, de ce point de vue, des différences entre banques en dur et banques en ligne ? En règle générale, oui : les premières sont un peu plus généreuses. Exemple assez représentatif : chez LCL, la fourchette pour les plafonds de paiements standards va de 2 500 à 15 000 euros par tranche de 30 jours, selon la solvabilité et les besoins du client. Chez BforBank, autre filiale du Crédit Agricole qui s’adresse à peu près à la même cible urbaine et aisée, ce même plafond par défaut se limite à 1 200 ou 2 000 euros, selon les revenus du client. Même écart pour les plafonds de retrait : 1 000 euros tous les 3 jours glissants chez LCL, de 400 à 700 euros tous les 7 jours glissants chez BforBank.

Plus faibles à l’entrée en relation, les plafonds proposés dans les banques en ligne peuvent toutefois être revus à la hausse de façon permanente après quelques mois, une fois que l’enseigne dispose d’un peu de recul sur l’usage du compte, en termes de flux créditeurs et d’encours. Deux d’entre elles font particulièrement bien les choses : Boursorama Banque et ING, qui affichent clairement les plafonds possibles et permettent de faire le changement, en temps réel et sans justificatifs, depuis l’espace client en ligne ou l’application mobile.

Lire sur le sujet : Carte bancaire : quels plafonds les banques en ligne appliquent-elles ?

Assurances : des offres dupliquées

Responsabilité civile à l’étranger, location de véhicules, retard ou annulation de vols, rapatriement médical : les cartes premium s’accompagnent de toutes une série de garanties plutôt rassurantes lorsqu’on quitte la France. Est-on mieux couvert dans les banques traditionnelles ? « Non », répond Angella Vasone, directrice métier & commercial chez Fluo, une fintech spécialisée dans la comparaison de contrats d’assurances. « Les grands réseaux dupliquent leurs offres pour leurs filiales en ligne ».

Si différence il y a, c’est plutôt entre les groupes bancaires, et entre les marques de carte. Mais c’est à la marge. « Pour ce type de cartes, le socle des garanties proposées est à 95% le même partout », poursuit Angella Vasone. « Les quelques petites différences se situent sur des niveaux de plafonds d’indemnisation, en général à l’avantage de Mastercard. »

Assistance : attention aux horaires !

Vous êtes en voyage à l’autre bout du monde, c’est la nuit en France et pour une raison inconnue, votre carte ne fonctionne plus ? Les grands réseaux de détail disposent en général de services d’assistance joignables par téléphone, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ce n’est pas le cas dans les banques en ligne, à l’exception de Monabanq. En cas de problème, il faudra attendre la réouverture du service clients traditionnel pour avoir une réponse.

Un peu plus de temps d'attente avec les banques en ligne

Dernier critère de différenciation : l'acceptation. Lorsque vous rentrez une carte dans un terminal de paiement, au moment de régler un achat, toutes ne se comportent pas de la même façon. Certaines - les cartes d'entrée de gamme surtout (Electron, Maestro), celles aussi des néobanques qui ne tolèrent pas les découverts (Nickel, N26, Revolut, etc.) - vont générer systématiquement une demande d'autorisation. Concrètement, le terminal va devoir interroger votre banque pour s'assurer que vous pouvez honorer le paiement, ce qui entraîne un temps d'attente. Surtout, si pour une raison x ou y le terminal n'obtient pas sa réponse, il va refuser le paiement.

Les cartes premium, elles, sont capables de fonctionner « hors ligne », c’est-à-dire sans interroger la banque. Le paiement est alors quasi-immédiat, et il n'y a pas de risques de refus. Le « hors ligne » toutefois n'est pas systématique : de temps à autre, en fonction de la manière dont elle est paramétrée, la carte Gold ou Premier elle aussi va générer une demande d'autorisation. Et un peu plus souvent si elle est émise par une banque en ligne.

Il y a en effet, de manière générale, « une méfiance plus importante envers les clients des banques en ligne que ceux des banques classiques », confirme un spécialiste de la monétique, sous couvert d’anonymat. « Cela se traduit par des capacités de règlements hors ligne plus faibles avec les cartes des banques en ligne, et des demandes d’autorisation un peu plus fréquentes. » En clair, une carte premium de banque en ligne présente, statistiquement, un risque un peu plus important de vous faire attendre ou de voir le paiement échouer.

Bilan : les banques en ligne tiennent la comparaison

Sans ambiguïté, les cartes premium des banques en ligne sont loin d’être au rabais. Les quelques limitations, en termes de plafond et d’acceptation, sont largement compensées par leur modération tarifaire. Si vous avez besoin d’une carte complémentaire, robuste pour voyager et à moindre coût, il n’y a pas à hésiter !

A consulter : le palmarès cBanque des banques les moins chères

(1) Tarifs au 1er juin 2019

Partager cet article :

© cbanque.com / VM / Juin 2019