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Cartes bancaires : MasterCard bat le rappel contre le projet européen de plafonner les commissions

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MasterCard, un des principaux opérateurs mondiaux de cartes bancaires, s’appuie sur un sondage européen pour rappeler son hostilité au projet de la Commission européenne de plafonner les commissions interbancaires facturées lors des paiements par carte.

La Commission européenne envisage de plafonner, au niveau européen, le montant des commissions interbancaires de paiement (CIP), facturées à la banque du client par celle du commerçant à l’occasion d’un paiement par carte bancaire. Une perspective qui n’enchante guère un des deux géants du secteur, MasterCard, qui conteste ce qu’il appelle « l’approche à taille unique », consistant à appliquer un même taux sur des marchés aujourd’hui très hétérogènes en la matière.

Lire par ailleurs : Carte bleue : Bruxelles veut plafonner les commissions facturées par les banques

Pour appuyer ses critiques, l’opérateur vient ainsi de commander à l’institut IPSOS Mori un sondage, au niveau européen (1). Son objectif : montrer que les usagers, loin de soutenir l’initiative de la Commission, y sont également hostiles. « Nous avons commandé cette enquête car nous craignons qu’imposer un plafonnement des taux d’interchange augmente artificiellement le prix des cartes bancaires et ne place pas l’ensemble des acteurs sur un pied d’égalité », explique Régis Folbaum, directeur général de MasterCard France, cité dans un communiqué de la marque. « Les résultats de l’enquête montrent qu’en France et en Europe, les consommateurs partagent ces doutes et pensent également que ce projet de législation n’est pas dans leur intérêt. » C’est effectivement le cas de 73% des Français et 65% des Européens. Ils sont par ailleurs 84% en France et 82% en Europe à douter que les commerçants ne répercutent les économies réalisées sur les prix de vente.

Comment la baisse d’une commission généralement répercutée sur le prix payé par le client peut-il apparaître à ce dernier comme contraire à son intérêt ? C’est l'apparent paradoxe de ce sondage. Le niveau de défiance des Français, notamment, étonne. Une telle réglementation européenne aurait en effet peu d’impact dans l’hexagone, où les CIP ont déjà beaucoup baissé, sous la pression de l’Autorité de la concurrence. Cette dernière a obtenu de MasterCard et Visa, depuis le 1er novembre 2013, une baisse de respectivement 49% et 44% des commissions facturées, pour atteindre 0,28% du montant de la transaction. Le plafond envisagé par la Commission européenne est de 0,20%.

(1) Etude menée en ligne, auprès d’environ 1.000 individus dans chaque pays d’une liste de treize, dont la France, appartenant à l’UE. Le sondage est précis, selon Ipsos, à 3,5% près. Avant d’être interrogées, les personnes ont reçu des informations sur le taux d’interchange, dont la teneur n’a pas été dévoilée.

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© cbanque.com / VM / Février 2014