La Bourse de Paris cède du terrain, découragée par la macroéconomie (-0,22%)

Panneau de la place de la Bourse à Paris
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La Bourse de Paris perdait du terrain mercredi matin, abdiquant devant des chiffres macroéconomiques peu réjouissants qui ont brisé le regain d'optimisme impulsé la veille par le répit dans le différend commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

A 09H38 (07H3 GMT), l'indice CAC 40 se repliait de 11,86 points à 5.351,21 points. La veille, il avait fini en hausse de 0,99%.

« L'administration américaine a déminé une rentrée de septembre qui s'annonçait à hauts risques, mais n'a clairement pas amélioré sa position dans les négociations avec la Chine », analyse Tangi le Liboux chez Aurel BGC.

« La vraie préoccupation du jour, c'est le décrochage de la production industrielle chinoise », poursuit-il. « Même si Washington met le holà sur la guerre commerciale dans l'immédiat (...) tous les risques ne sont pas levés. »

Donald Trump a relâché mardi la pression contre Pékin en retardant l'imposition de tarifs douaniers punitifs sur une série de produits de grande consommation, un geste aussi adressé aux consommateurs américains avant les achats de fin d'année.

Le gouvernement américain a reporté au 15 décembre l'instauration de tarifs douaniers supplémentaires de 10% sur les produits électroniques chinois qui était prévue pour le 1er septembre.

Même si l'initiative de la Maison Blanche offre un répit dans l'escalade des tensions, il n'est pas clair si la session de discussion commerciale du mois prochain est maintenue.

Donald Trump a menacé par ailleurs de quitter l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qu'il critique vertement parce qu'elle accorderait, selon lui, un traitement de faveur à la Chine au détriment des Etats-Unis.

Deux statistiques économiques de mauvais facture contribuaient en outre à enrayer le vent d'optimisme qui a soufflé sur le marché mardi.

La production industrielle chinoise a fortement ralenti le mois dernier, son taux de croissance tombant à 4,8% sur un an, soit sa plus faible progression depuis 17 ans.

De quoi susciter de vives inquiétudes quant à l'état de la deuxième économie mondiale, confrontée à une bataille commerciale et technologique avec les Etats-Unis dont les investisseurs espèrent qu'elle finira par un accord cette année.

En Allemagne, le Produit intérieur brut est ressorti en recul de 0,1% par rapport aux trois mois précédents. « Si ce chiffre est confirmé et que le troisième trimestre se révèle baissier également, l'Allemagne sera alors en récession technique », prévient M. Le Liboux.

Ce chiffre marque un coup de froid après le rebond de 0,4% du PIB allemand au premier trimestre, alors que l'Allemagne avait échappé d'un cheveu à la récession pendant la seconde moitié de 2018.

A l'aéroport de Hong Kong, les manifestations se sont terminées tôt mercredi matin après deux jours de rassemblements de masse qui ont pris un tour violent et plongé le hub financier international un peu plus profondément dans la tourmente.

Le secteur métallurgique ébranlé

Le secteur métallurgique, qui aurait beaucoup à perdre d'un affaiblissement de la Chine, principale importatrice au monde de métaux, était frappé de plein fouet par la mauvaise nouvelle chinoise. ArcelorMittal se plaçait en queue de peloton de l'indice CAC 40 (-3,56% à 12,03 euros). Eramet reculait de 2,76% à 39,37 euros et Aperam de 2,22% à 20,25 euros.

Les valeurs automobiles continuaient de pâtir des perspectives de ralentissement économique mondial. Peugeot déclinait de 1,39% à 19,56 euros, Renault abandonnait 1,35% à 49,90 euros. Faurecia perdait 1,51% à 37,89 euros, Plastic Omnium s'inclinait de 2,40% à 20,71 euros.

En revanche, Europcar bénéficiait (+0,63% à 5,61 euros) d'un relèvement de recommandation à « acheter » par HSBC.

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