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Portées par les Banques centrales, les Bourses européennes attendent les résultats (Bourse Hebdo)

Bourse et figurines
© jan S - Fotolia.com

Les Bourses européennes, gonflées par les anticipations de soutien monétaire des Banques centrales, vont se frotter la semaine prochaine aux résultats des entreprises avec le lancement de la saison des résultats aux Etats-Unis.

Etant donné les niveaux très élevés des marchés boursiers, « nous allons avoir une espèce de baptême du feu en entrant dans le vif du sujet des publications d'entreprises la semaine prochaine », estime auprès de l'AFP Guillaume Chaloin, responsable des gestions actions chez Meeschaert AM.

Les grandes banques ouvriront le bal des résultats du deuxième trimestre outre-Atlantique, tandis qu'au Royaume-Uni, Burberry et EasyJet sont attendus. A Paris, Soitec, Ubisoft, Alstom ou encore Gecina seront parmi les premiers à publier.

Ces résultats, ainsi que les perspectives affichées par les entreprises, « vont un petit peu donner le la en termes de perception » du marché. Or à la vue des quelques publications déjà sorties pour les valeurs cycliques, la circonspection s'impose, selon lui.

« En Europe, on risque d'être déçu », prévient Marjorie Sonigo, directrice de la gestion financière chez Pictet Wealth Management, qui revendique également une approche prudente.

« Nous attendons au deuxième trimestre une baisse des résultats de l'ordre de 2% », aussi cette saison de publications pourrait-elle « être le signal d'une correction estivale si nous avons des entreprises qui publient au-dessous des anticipations, notamment aux Etats-Unis », juge-t-elle.

D'autant qu'une « bonne partie des bonnes nouvelles sont déjà dans les cours » avec des « Banques centrales qui multiplient les propos conciliants pour compenser ces incertitudes sur la guerre commerciale » entre Washington et Pékin, observe la spécialiste.

« Baume monétaire »

Les marchés européens ont d'ailleurs peiné cette semaine à dépasser leurs sommets récents, voyant leurs gains légèrement s'effriter faute de catalyseurs à même de les propulser plus haut.

Les propos du président de la Fed, Jerome Powell, qui a laissé cette semaine la porte ouverte à une prochaine baisse des taux d'intérêt en dressant un tableau mitigé de l'économie américaine, tout comme le compte-rendu de la dernière réunion de l'institution, ont surtout conforté les investisseurs dans leur anticipation d'un soutien monétaire dès juillet.

A l'instar du rapport sur l'emploi américain la semaine précédente, des données meilleures qu'attendu sur l'inflation jeudi sont toutefois venues semer le doute quant à l'ampleur de l'assouplissement à prévoir, même si son principe ne semble plus désormais faire débat.

« Une grosse partie de la progression » des marchés cette année « a été faite sur cette anticipation que l'on allait avoir des politiques monétaires de plus en plus accommodantes de part et d'autre de l'Atlantique », rappelle M. Chaloin.

« Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de doute sur la baisse des taux (de la Fed), qui est le contrepoids des incertitudes sur le commerce international », la Banque centrale américaine agissant « de façon préventive pour ne pas laisser une situation se dégrader », relève Mme Sonigo.

Car le ralentissement économique, quoique moins marqué pour l'heure aux Etats-Unis, où la consommation se maintient, ne fait plus guère de doute à la lecture de la dégradation continue des indices PMI manufacturiers au niveau mondial, même si les derniers chiffres d'inflation publiés cette semaine ont fait état d'un léger sursaut des deux côtés de l'Atlantique.

Le marché va d'ailleurs continuer à tenter, dans les prochaines semaines, d'être aiguillé sur les intentions de la Fed via les indicateurs américains, notamment les ventes au détail, la production industrielle ou encore le livre Beige de la Fed.

Reste que « le soutien des Banques centrales n'est pas illimité face à un cycle qui a été le plus long depuis la Seconde Guerre mondiale », résume Mme Sonigo, quand M. Chaloin se demande « combien de temps le baume monétaire tiendra le marché ».

Et puis il « n'est pas du tout impossible que Jerome Powell ne fasse rien », avance-t-il, notamment si un accord sino-américain sur le commerce est trouvé, même si ce n'est actuellement pas le scénario central du marché.

En attendant, « ces forces opposées vont persister, avec d'un côté des Banques centrales qui font tout pour soutenir la croissance, de l'autre le cycle qui se rallonge et qui vieillit, freinant l'investissement des entreprises et minant de surcroît le moral des investisseurs ».

L'été promet donc d'être chaud sur les marchés, avec « plus de risques à la baisse, ou au moins de consolidation, qu'à la hausse », à en croire M. Chaloin.

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