Référendum ADP : le site pour le recueil des signatures a eu des ratés au démarrage

  • cBanque avec AFP
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Aeroport de Paris ADP
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Le site internet ouvert jeudi par le gouvernement pour recueillir les signatures en faveur d'un référendum contre la privatisation d'ADP a connu des bugs dans la matinée, corrigés rapidement selon le ministère de l'Intérieur, certains députés criant néanmoins au « déni de démocratie ».

La période du recueil des 4,7 millions de signatures nécessaires à l'organisation d'un référendum d'initiative partagée sur l'avenir d'Aéroports de Paris s'est ouvert jeudi à 00h00, pour une durée de 9 mois.

Le ministère de l'Intérieur, qui a en charge la mise en œuvre de la procédure de recueil, a reconnu, par la voix de son secrétaire général adjoint Alain Espinasse, un « problème de paramétrage » sur un des serveurs hébergeant le site www.referendum.interieur.gouv.fr, mais qui a « été résolu à 9h00 ». « Nous avons des indications d'une activité intense », a souligné Jean Maïa, secrétaire général du Conseil constitutionnel, qui contrôle la procédure, lors de la même conférence de presse, sans donner de premiers chiffres.

De nombreuses railleries par les politiques

En tout début de journée, le député LFI Alexis Corbière racontait sur Twitter avoir dû s'y reprendre à trois fois pour se connecter et signer. « Déni de démocratie », a fustigé dans un tweet le député LR François Cornut-Gentille. « Vous vous moquez vraiment de nous, Christophe Castaner ! », a lancé de son côté Fabien Roussel (PCF) à l'adresse du ministre de l'Intérieur, chargé de l'organisation de la consultation. « Le bug est En Marche ! », a aussi ironisé Nicolas Dupont-Aignan (DLF).

« On ne peut pas dire que la Start Up Nation aide beaucoup à la réussite de cette initiative démocratique », a renchéri le porte-parole du PS Boris Vallaud. Dans l'après-midi, l'Insoumis François Ruffin a « profité » d'une intervention dans l'hémicycle de l'Assemblée sur un amendement au projet de loi mobilités pour signaler avoir reçu « 253 messages » de personnes ne parvenant pas à signer.

Soit c'est de « l'incompétence », soit « de la mauvaise volonté », ce qui va « énerver encore davantage les gens », a-t-il lancé, alors que des élus de la majorité protestaient. « Moi aussi j'ai été intermittente du spectacle à une époque, je crois que là il faut qu'on se recentre un petit peu sur nos débats », a cinglé la rapporteure Bérangère Abba, la ministre Elisabeth Borne regrettant que « le sujet » débattu n'intéresse « manifestement pas » le député, et rappelant que la consultation durera 9 mois.

Soutien à la proposition de loi, mode d'emploi

Outre le problème de serveur désormais corrigé, M. Espinasse a souligné que des internautes pouvaient aussi rencontrer des difficultés liées aux conditions de recueil sur le site.

Il faut en effet dans un premier temps utiliser précisément les noms et prénoms figurant sur la carte d'électeur, car le site vérifie en temps réel l'inscription sur le tout nouveau répertoire électoral unique. L'internaute doit ensuite entrer son numéro de carte national d'identité ou de passeport pour que son identité soit vérifiée. Le ministère se donne ensuite un délai maximum de cinq jours pour valider le soutien qui sera alors consultable sur le site.

A l'initiative des parlementaires PS, 248 députés et sénateurs (de LFI à LR, avec le soutien du RN) avaient enclenché début avril la procédure de RIP, introduite dans la Constitution en 2008 mais jamais utilisée. Ils entendent s'opposer à la privatisation controversée du groupe aéroportuaire, inscrite dans la loi Pacte, adoptée définitivement par le Parlement le 11 avril. Christophe Castaner devait les recevoir dans l'après-midi.

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Par la rédaction avec AFP

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