Brexit : les épargnants fuient les fonds actions

Drapeaux Europe et Royaume-Uni
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Les investisseurs européens n’ont pas tardé à réagir au vote favorable au Brexit des Britanniques. Ils se sont massivement désengagés des fonds en actions selon Morningstar, amplifiant un mouvement déjà constaté chez les courtiers depuis le début de l'année.

Une décollecte de 21,3 milliards d’euros sur le seul mois de juin ! « Un niveau pas vu depuis la crise de la dette en zone euro en 2011 » commente dans son baromètre du mois de juin, la société d’analyse Morningstar. Elle souligne à quel point les catégories actions ont été les plus « durement touchées » par le Brexit parmi les fonds d’investissement qu'elle considère comme « risqués ». La société d’analyse explique ainsi que « les investisseurs sont passés en mode risk off pendant les derniers jours de juin après le referendum sur le Brexit » : en d’autres termes, ils ont quitté les fonds jugés risqués pour se positionner sur des organismes plus sécurisants. Pour rappel, c’est le vendredi 24 juin au matin que les résultats définitifs du vote sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont été connus. C'est dire l'ampleur de la réaction !

Les gagnants ? « Les fonds monétaires ont reçu 7,1 milliards d’euros », en Europe, selon Morningstar, qui précise, sans livrer de chiffres par pays : « Les fonds domiciliés sur des plates-formes transfrontalières et britanniques [ont bénéficié] de flux entrants tandis que les produits domiciliés en France ont connu des sorties importantes. » Autres gagnants, les fonds obligataires : ils ont collecté 4 milliards d’euros sur le seul mois de juin. Morningstar juge toutefois, dans cette analyse mensuelle, que les « fonds obligataires, monétaires et exposés aux métaux précieux, qui sont considérées comme des valeurs refuge en phase de stress, n’ont pas bénéficié du mouvement risk off autant qu’escompté ». Conséquence : c’est l’ensemble des fonds d’investissement européens qui ont enregistré une décollecte selon Morningstar, qui estime les sorties à 15,4 milliards d’euros en Europe, « amenant la collecte depuis le début de l’année en territoire négatif ».

Une année 2016 décidément compliquée

Le choc du vote favorable au Brexit est venu perturber une année 2016 déjà fortement bousculée sur les marchés boursiers. Pour mémoire, le CAC 40 était tombé sous les 4.000 points lors de la première quinzaine de février, après avoir flirté avec les 5.000 points début décembre 2015. Suite au Brexit, l’indice français est à nouveau tombé sous les 4.000 points, mais très brièvement, et il s’est redressé depuis pour naviguer autour des 4.400 points en cette fin juillet.

La semaine passée, la Banque de France a publié son baromètre de la performance des OPC (1), qui porte sur les performances arrêtées à la fin mai 2016, donc avant le fameux vote sur le Brexit. Déjà, les rendements des fonds actions se situaient très nettement en territoire négatif, avec une performance annuelle moyenne de -9%, malgré un très léger redressement par rapport au mois précédent.

Cet environnement financier instable et défavorable, depuis plusieurs mois, impacte logiquement l’activité des courtiers proposant des produits financiers. Dans le communiqué accompagnant ses résultats semestriels, diffusé hier, le courtier en ligne Bourse Direct concède enregistrer une « baisse de 15,9% de son activité en nombre d’ordres exécutés », avec environ 2 millions d’ordres sur le semestre, contre près de 2,5 millions « à la même période en 2015 ». En cause : le « ralentissement d’activité très marqué sur l’ensemble du secteur de la bourse en ligne en Europe ». Prudent, le courtier ne se risque pas à livrer ses perspectives pour le second semestre. Le mouvement de décollecte n'a pas touché le fond.

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(1) Pour organismes de placement collectif, la Banque de France n’utilisant plus l’appellation OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) suite à une directive européenne.

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© cbanque.com / BL / Juillet 2016