Actions : le désamour des Français persiste

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Un homme regardant un site de bourse en ligne
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Dans son Observatoire de l'épargne, l'Autorité des marchés financiers révèle que la détention directe d'actions continue de baisser en 2016 alors qu'elle est déjà un niveau très bas. Le krach prévisible de la semaine dernière en raison du Brexit ne va pas inverser la tendance.

Dans son édition de juin de l'Observatoire de l'épargne, l'Autorité des marchés financiers (AMF) estime à 3 millions de personnes le nombre de particuliers déclarant détenir des actions en France, soit un taux de détention de 6,2% en mars 2016 (1). Une proportion en baisse : un an plus tôt ce taux était à 6,6%.

Cette désaffection se retrouve aussi dans tous les produits liés aux actions. Par exemple, les Français « possesseurs de plans d’épargne en actions seraient également moins nombreux : le taux de détention est de 6,8% des Français en 2016, contre 7,1% en 2015 », relève l'AMF. Et seulement 5,2% des Français détiendraient un fonds communs de placement (FCP) ou une part de société d'investissement en valeur mobilière.

Un Français sur 10 détient une assurance-vie en UC

« Plus largement, la détention de valeurs mobilières (actions, obligations, placements collectifs) est passée de 18,7% de la population en 2008 à 10,3% en mars 2016 », selon le gendarme français des marchés financiers. Si bien que, seul 1 Français sur 13 détiendrait un produit en actions et 1 sur 10 une assurance-vie en unités de compte.

La conjoncture des marchés financiers explique largement ce constat. Si on regarde l'évolution de l'indice boursier phare parisien, le CAC 40, il n'a cessé de naviguer entre 4.000 et 4.600 points depuis le 1er janvier, gagnant par moment près de 16% (entre le 11 février et le 14 mars 2016), perdant à d'autres périodes plus de 12% (entre le jeudi 23 juin et le mardi 27 juin en écho au Brexit). Au final, le CAC40 affiche un repli de -8,6% sur les six premiers mois de l'année. Cette forte volatilité n'est pas prête de se réduire avec la gestion de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Et cela ne va aider à redonner goût aux Français pour les actions. La situation a toutes les chances d'exacerber leur naturel pour la prudence (2).

(1) Selon une enquête de TNS-Sofres auprès de 12.000 Français de 15 ans et plus et à propos de laquelle le régulateur prend quelques distances. (2) Selon l'enquête Pater 2014 auprès de 3.600 Français.

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Baptiste Julien BLANDET

© cbanque.com / BJB / Juin 2016