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Les règles budgétaires en zone euro « devraient être revisitées » (Draghi)

Mario Draghi en décembre 2018
Capture d'écran - live Twitter @ecb

Les règles budgétaires en zone euro « devraient être revisitées », a estimé lundi le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, appelant les Etats à se pencher sur un mécanisme coordonné de relance.

Pour le banquier italien, entendu pour la dernière fois par le Parlement européen avant de passer la main fin octobre à Christine Lagarde, le cadre budgétaire actuel s'est avéré « efficace » pour « limiter l'accumulation des déficits publics et de la dette ».

Mais quand l'économie s'essouffle, comme aujourd'hui en zone euro, un tel cadre n'est « clairement pas aussi efficace qu'une règle de stabilisation contra-cyclique », par laquelle un Etat utiliserait la dépense publique pour stimuler la conjoncture.

Par conséquent, a jugé M. Draghi, « les règles budgétaires » interdisant à un Etat membre de voir son déficit public dépasser 3% du produit intérieur brut « devraient être revisitées ».

Certains pays pourraient ainsi encaisser des « chocs asymétriques », soit un ralentissement à contre-courant de leurs voisins, en « trouvant les amortisseurs pour surmonter leur situation », a expliqué le président de la BCE.

Pour cet ultime message aux responsables politiques après huit ans de mandat, il a plaidé pour un « outil central de stabilisation » en zone euro, qui serait surtout efficace « dans les pays dotés de politiques budgétaires prudentes ».

Cette déclaration prolonge l'appel qu'il avait lancé le 12 septembre aux pays dotés de marges budgétaires afin qu'ils « agissent » pour relancer l'économie, une allusion à l'Allemagne et son attachement farouche à l'équilibre des comptes publics.

Pour M. Draghi, un tel outil de relance devrait avoir une « taille appréciable » et être « automatique », mais cette solidarité budgétaire entre Etats sera « difficile à mettre en place en Europe », a-t-il reconnu.

Un des obstacles, selon lui, réside dans le « manque de confiance entre les différents pays sur la manière dont ils mènent leurs politique budgétaires ». Traditionnellement, les pays du Nord rechignent en effet à l'idée de payer pour leurs voisins du Sud plus endettés.

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