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La banque centrale suisse abaisse sa prévision de croissance pour 2019

Drapeau suisse et paysage alpin
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La Banque nationale Suisse (BNS) a maintenu jeudi son taux directeur à -0,75%, jugeant « nécessaire » de maintenir le cap de sa politique monétaire accommodante face à une situation toujours « fragile » sur le marché des changes mais a abaissé sa prévision de croissance pour 2019.

La banque centrale suisse table désormais sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de l'ordre de 0,5% à 1%, contre 1,5% attendu auparavant, a-t-elle indiqué dans un communiqué, alors que la « détérioration de l'environnement international » devrait conduire à un ralentissement « passager », a-t-elle estimé.

Elle a également revu à la baisse ses prévisions d'inflation, invoquant l'affaiblissement des perspectives de croissance et d'inflation à l'étranger ainsi que le raffermissement du franc suisse.

Elle table désormais sur une hausse des prix de 0,4% (contre 0,6% auparavant) en 2019. Pour l'année suivante, l'inflation est attendue à 0,2% (contre 0,7% précédemment) et à 0,6% en 2021 (contre 1,1% auparavant).

« Il reste nécessaire de mener une politique monétaire expansionniste en raison des développements intervenus récemment sur le plan international et des perspectives d'inflation en Suisse », a expliqué l'institution monétaire dans un communiqué.

Elle s'est à nouveau dite prête à intervenir « au besoin » sur les marchés monétaires pour lutter contre la surévaluation de sa devise, estimant qu'elle reste toujours à un « niveau élevé ».

La politique monétaire de la banque centrale suisse s'appuie depuis 2015 sur un taux négatif de -0,75% appliqué aux avoirs que doivent lui confier les banques et institutions financières, auquel s'ajoutent des interventions ponctuelles sur les marchés pour endiguer la pression sur sa monnaie.

Le franc suisse fait partie des grandes valeurs refuges, comme l'or, le yen ou les emprunts allemands, derrière lesquelles les investisseurs se retranchent en période d'incertitudes sur les marchés.

Base de calcul ajustée

Lors de cette réunion trimestrielle de politique monétaire, la BNS a précisé qu'elle allait adapter sa base de calcul pour le prélèvement de l'intérêt négatif sur les avoirs à vue des banques.

Le changement, qui prendra effet à compter du 1er novembre, concerne le montant exonéré dans les dépôts qui doivent lui être confiés. Ce taux négatif a pour effet de renchérir le coût des dépôts pour décourager les placements en francs suisses.

Cet ajustement vise à tenir compte de « l'évolution dans le temps du bilan des banques » alors que la pression au niveau mondial sur les taux d'intérêt, déjà historiquement bas, s'est « encore renforcée dernièrement et pourrait se poursuivre sur une plus longue période », a souligné la BNS, au lendemain d'une décision de la Réserve fédérale américaine, qui a procédé à une modeste baisse de ses taux, pour la deuxième fois en deux mois.

Ce taux négatif fait partie de la batterie d'outils exceptionnels de politique monétaire auxquels la BNS a eu recours depuis la crise financière pour lutter contre la surévaluation du franc suisse, qui pénalise les entreprises exportatrices, mais a aussi pour effet de renchérir les charges des banques, qui ont tour à tour décidé de les répercuter sur les dépôts de leurs gros clients.

L'association suisse des banquiers a salué cette décision, qui « montre que la BNS a pris en considération la situation des banques », a indiqué son porte-parole dans un courriel à l'AFP. Le taux négatif représente « une lourde charge » pour le secteur, et a ensuite des répercussions négatives pour l'économie suisse, a-t-elle fait valoir.

Dans un communiqué, Swissmem, l'organisation patronale qui représente le secteur des machines, des équipements électriques et des métaux, a attiré l'attention sur la force du franc suisse, qui ajoute une difficulté supplémentaire au moment où le secteur doit déjà composer avec le ralentissement de l'économie mondiale.

La BNS a pris une « décision difficile » en pesant « tous les aspects » pour « le bien de l'ensemble de l'économie », a réagi cette organisation, disant toutefois espérer qu'elle ne donnera pas lieu « à une nouvelle hausse du franc suisse par rapport à l'euro ».

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