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Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale : combien gagnent les banques ?

tours Société Générale Paris la Défense
Tours Société Générale Paris La Défense © LV 2016 - cBanque.com

Vous avez probablement déjà été interloqué par les frais que vous facture votre banque. Mais vous êtes-vous déjà demandé combien, au global, celle-ci gagnait chaque année ? Réponse : plusieurs milliards d’euros pour les banques cotées en bourse. Mais est-ce beaucoup au regard des autres multinationales françaises ?

La saison des résultats financiers se poursuit encore. Mais, pour les trois banques cotées à la bourse de Paris, celle-ci s’est terminée le 14 février avec les performances 2018 du Crédit Agricole. En parcourant la presse économique et financière, vous avez probablement pu retenir que BNP Paribas reste la banque la plus profitable avec un bénéfice de 7,5 milliards d’euros en 2018, bien que celui-ci soit en baisse de 3% sur un an. A l’inverse le groupe Crédit Agricole – CASA, son entité cotée, et l'ensemble de caisses régionales – voit ses profits s’envoler de presque 5% à 6,8 milliards d’euros. Ces chiffres vous ont probablement laissé quelque peu pantois. Hormis vous faire la réflexion que cela représente beaucoup d’argent, il est en effet bien difficile de donner du sens à ces données brutes. Ces bénéfices sont-ils vraiment faramineux par rapport autres multinationales françaises ?

Avant de répondre à cette question, mettons-nous d’accord sur les chiffres à comparer. Nous retenons ici les deux indicateurs comptables de base qui servent à analyser les performances d’une entreprise. Il s’agit du chiffre d’affaires, les revenus tirés de la commercialisation d’un produit ou d’un service, et le bénéfice, c'est à dire le chiffre d’affaires duquel sont déduites toutes les charges (matières premières, loyers, salaires versés…).

Pour une banque, ces deux notions nécessitent cependant d’être légèrement adaptées à cause de la nature même de la marchandise manipulée : l’argent ! Ainsi, pour les établissements bancaires, le chiffre d’affaires à considérer est le produit net bancaire (PNB). Il est égal à la différence entre les revenus tirés de l'activité bancaire (intérêts perçus sur les prêts, commissions et autres frais bancaires facturés) et les charges d’exploitation induites (comme les intérêts sur les produits d’épargne versés aux déposants). Le bénéfice, aussi appelé résultat net, se calcule en soustrayant à ce PNB les frais généraux (voir plus bas) puis les impôts.

Bilan 2018BNP ParibasGroupe Crédit AgricoleSociété Générale
Produit net bancaire42,5 Mds €32,8 Mds €25,2 Mds €
Résultat net7,5 Mds €6,8 Mds €3,9 Mds €
Part dans le PNB18%21%15%

Crédit Agricole et BNP Paribas font plus de bénéfices que LVMH

Parmi les frais généraux, outre les dépenses informatiques, les charges de personnel et l’exploitation des réseaux d’agences sont un poste de dépense que les banques tentent de réduire année après année. La Société Générale explique ainsi dans son bilan annuel avoir fermé plus de 100 agences en 2018. Toutefois au regard des autres sociétés cotées en bourse, ces charges structurelles paraissent relativement contenues. Et le PNB du Crédit Agricole, de BNP Paribas et de la Société Générale - certes inférieur au chiffre d’affaires de LVMH (46,8 milliards d’euros) ou encore de Vinci (43,5 milliards) - n’est finalement que peu amoindri par les frais généraux.

Illustration avec deux autres sociétés cotées, pour qui les charges de personnel représentent aussi un poste important de dépenses : le cabinet de conseil Capgemini et le groupe média Publicis (1). Pour Capgemini, les revenus représentent 6% du chiffre d’affaires. Du côté de Publicis, la proportion atteint 9%. Avec un produit net bancaire de 32,8 milliards d’euros l’année dernière, le bénéfice annuel du groupe Crédit Agricole représente, lui, 21% de son chiffre d’affaires. La part est plus faible chez les deux autres banques. Mais, avec 15% pour la Société Générale et 18% pour BNP Paribas, le poids du bénéfice dans leur PNB reste quelque deux fois plus important que celui de Capgemini et Publicis. Ces sociétés n'ayant pas la même structure de coûts, la comparaison reste évidemment imparfaite.

En valeur, les bénéfices de ces trois banques se rapprochent même des leaders du CAC 40. Ils rivalisent voire dépassent les sociétés du luxe, pourtant l’un des seuls secteurs salués par les marchés financiers en 2018. Concrètement, avec respectivement 7,5 et 6,8 milliards d’euros de revenus nets en 2018, BNP Paribas et le Crédit Agricole affichent un bénéfice supérieur à celui de LVMH (6,3 milliards d’euros), l’entreprise ayant la capitalisation boursière la plus élevée du CAC 40. Quant à la Société Générale, ses 3,9 milliards d’euros empochés lui permettent de faire jeu égal avec L’Oréal, la 3ème capitalisation boursière de l’indice parisien. Mais le champion 2018 du CAC 40 en termes de chiffre d'affaires et de bénéfices restera vraisemblablement Total.

Lire aussi : Combien les banques en ligne gagnent-elles ?

(1) pourcentages calculés sur la base des résultats 2017. Les performances 2018 restent au 20 février 2019 non communiquées

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© cbanque.com / MEF / Février 2019

Commentaires

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Publié le 25 février 2019 à 10h04 - #1Françoise M
  • Femme
  • Montauban
  • 72 ans

Je ne suis pas étonnée de lire qu'une banque comme BNP Paribas fasse autant de bénéfices
Étant retraitée de cette banque et ayant demandé un prêt relais sur une période de 18 mois
Celui ci m'a coûté la somme de15000 euros !!!
J'ai donc fermé ce compte des la fin du remboursement et gardé mon compte bancaire sur internet qui est sans frais de gestion
Pas de regrets

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Publié le 1er mars 2019 à 16h03 - #2Stéphane 92
  • Homme
  • Boulogne
  • 56 ans

Le rapport entre le bénéfice et le chiffre d’affaires ne suffit pas. Les bénéfices servent aussi à verser des dividendes aux actionnaires. Et les banques ont besoin de beaucoup de fonds propres, donc de beaucoup de bénéfices. Il faudrait comparer avec des sociétés similaires et non des sociétés de services qui n’ont pas besoin de fonds propres.

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Publié le 4 mars 2019 à 07h22 - #3Françoise M
  • Femme
  • Montauban
  • 72 ans

Évidemment c'est pourquoi tant d'entreprises déposent leur bilan et que tant de pauvres gens se retrouvent au chômage car les actionnaires en veulent toujours plus malgré la crise

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Publié le 4 mars 2019 à 15h04 - #4FredGran
  • Homme
  • Saint-Paul-Les-Dax
  • 54 ans

Bien sûr les banques subissent aujourd'hui, en réaction aux excès d’hier, des transformations réglementaires lourdes et coûteuses pour elles. Elles doivent (ou devraient) être exemplaires en matière de lutte contre le blanchiment ou de résistance aux crises financières (stress test). Pourtant il demeure une constante ultra libérale et inquiétante de remontée de dividendes toujours plus importants à l'actionnaire principal. Paradoxalement, à un moment où l'autorité financière exige un renforcement des fonds propres, ces transferts atteignent des montants toujours plus importants voire, paradoxalement, supérieurs aux résultats, ignorant ainsi la baisse de rentabilité des entreprises dans un contexte de marché tendu (taux d'intérêt bas). Ce phénomène, malgré des résultats élevés (quoiqu'en baisse), conduit à un appauvrissement des entreprises Françaises et du secteur financier en particulier. La Société Générale a récemment été épinglée par l'autorité financière Européenne pour l'insuffisance de ses fonds propres bien que son bénéfice représente 15% de son PNB qui la place donc parmi les entreprises les plus rentables du CAC40. Bien plus que la hausse de l'impôt ou des taxes (qui financent la justice, l'éducation, la sécurité, le bien public et la protection sociale), le dernier rapport de l'OCDE indiquait que le revenu issu du capital (soit les dividendes en hausse par rapport au capital en baisse) se fait au détriment du revenu issu du travail (salaires) et pèse gravement sur la productivité des entreprises. Voilà le mal qui ronge notre société.

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