Arkéa-Crédit Mutuel Massif Central : la crise à son paroxysme ?

  • Par
  • ,
Crédit Mutuel Massif Central
DR - Crédit Mutuel Massif Central

La Confédération nationale du Crédit Mutuel a annoncé hier avoir lancé une médiation pour résoudre la crise au Crédit Mutuel Massif Central. Mais le groupe Crédit Mutuel Arkéa a presque aussitôt démenti, en évoquant une situation toujours plus conflictuelle.

La tension est encore montée d’un cran, cette semaine, au siège de la fédération Massif Central du Crédit Mutuel (CMMC), engagée dans une procédure de sécession du groupe Crédit Mutuel Arkéa, avec la volonté de rejoindre le groupe rival CM11-CIC à l’horizon 2019.

Lire aussi : La confusion après le putsch au Crédit Mutuel Massif Central

La « tentative d’annexion » dénoncée lundi par le Crédit Mutuel Arkéa a ainsi été suivie de la réponse du groupe brestois, mardi. Les deux parties décrivent les manœuvres de l’autre camp comme un « putsch », des pratiques « inacceptables », « jamais vues », « contraires aux valeurs du mutualisme », etc. Depuis mardi, le CM Arkéa semble toutefois bien avoir repris la main sur le siège du CMMC à Clermont-Ferrand, le directeur général délégué du Crédit Mutuel Arkéa, Dominique Andro, ayant été missionné sur place.

Désormais, c’est donc le nouveau président de la fédération CMMC, Frédéric Ranchon, qui dénonce la mise à l’écart de l'équipe qu’il souhaite installer. Il a même choisi de s’indigner publiquement des événements en cours sur son compte Twitter, où il annonce notamment une « cellule d’aide et d’écoute » mise en place pour les collaborateurs du CMMC, pour répondre au climat de « peur » cette semaine au sein du siège.

Sur Twitter, justement, le climat s’envenime très clairement entre défenseurs des deux camps : dirigeants, syndicats ou simples salariés s’y interposent publiquement. Dans ce contexte, le Crédit Mutuel Arkéa tient à rappeler son autorité sur le CMMC, de part l’agrément bancaire qu’il détient, la propriété des locaux du siège à Clermont-Ferrand ou le fait que les collaborateurs soient encore salariés du groupe. Surtout, Arkéa rappelle qu’un divorce ne peut se faire de manière « unilatérale », soulignant qu’il reste de nombreuses étapes avant d’acter ce départ.

La conciliation de la confédération démentie par Arkéa

Hier, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) a annoncé par voie de communiqué avoir « mené le 5 juillet une mission d’intervention au sein de la fédération du Crédit Mutuel Massif Central à Clermont-Ferrand (…) dans la perspective d'évaluer les conditions d'un retour à une gestion opérationnelle normale ».

Or, hier soir, le Crédit Mutuel Arkéa a répondu par voie de communiqué. Il « dément catégoriquement les termes du communiqué de presse » : « Pascal Durand directeur général de la Confédération nationale du Crédit Mutuel s’est présenté auprès de Dominique Andro, directeur général délégué du Crédit Mutuel Arkéa, mercredi 5 juillet. » Lors de cet échange, le représentant du CM Arkéa a ainsi « exigé » que « les cadres du CM11-CIC, qui ne détiennent strictement aucun pouvoir sur les activités bancaires ni aucun autorité hiérarchique sur les salariés du Crédit Mutuel Massif Central, cessent immédiatement de donner des instructions, de quelque nature que ce soit ».

Vers une reprise du dialogue le 12 juillet ?

Surtout, Arkéa laisse entendre que le CM11-CIC a mis en place une partie de son système informatique au CMMC. Dominique Andro aurait ainsi réclamé que la filiale informatique du CM11-CIC, Euro Information, « transmette sans délai (…) toutes les informations concernant les matériels et systèmes informatiques déployés dans les locaux du groupe Crédit Mutuel Arkéa » afin de « procéder à leur retrait ».

Le conflit a-t-il atteint son paroxysme ? Prochaine étape, le conseil d’administration de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, mercredi 12 juillet. Le CM Arkéa, qui y envoie habituellement un représentant, n’a pas encore décidé s’il y participerait ou non.

Quel impact pour les clients ou sociétaires ?

Dès samedi dernier, le Crédit Mutuel Arkéa a décidé de piloter depuis le siège brestois l’ensemble des opérations bancaires sensibles (crédit, découvert, etc.) opérées dans le réseau Massif Central. Pour quelle incidence pour les usagers ? Ces opérations prennent environ « une demi-journée de plus », selon le président du CMMC, Frédéric Ranchon, qui se veut rassurant sur l’impact pour les clients, et sur les opérations en agence, même s'il y souligne un climat anxiogène. Selon Arkéa, les pouvoirs ont finalement été rédonnées aux collaborateurs en agence hier, jeudi.

Partager cet article :

© cbanque.com / BL / Juillet 2017