Le Compte Nickel racheté par BNP Paribas

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BNP Paribas a annoncé mardi le rachat de Compte Nickel, service de compte bancaire simplifié et sans condition de revenus accessible auprès des buralistes, avec l'objectif d'atteindre deux millions de comptes ouverts d'ici 2020.

La banque française va acquérir 95% des parts de Financière des Paiements Électroniques, la société exploitant Compte Nickel, ont fait savoir les deux entreprises dans un communiqué, sans révéler les conditions de cette opération. Dans le giron de BNP Paribas, Compte Nickel poursuivra son partenariat exclusif avec la Confédération des Buralistes de France en vue de multiplier par quatre à moyen terme le nombre de commerçants distribuant ce service, est-il ajouté.

« Avec plus de 540.000 comptes ouverts en trois ans et un compte ouvert toutes les trente secondes, Compte Nickel rencontre un succès inédit en France auprès d'un public large et diversifié », assurent les partenaires. « Compte Nickel vient compléter le dispositif de BNP Paribas dédié aux nouveaux usages bancaires en France », qui comprend également la banque en ligne Hello Bank !, détaille le communiqué, tout en précisant que cette nouvelle offre restera distincte des autres activités du groupe.

Un compte sans découvert

Lancée début 2014 en association avec la Confédération des buralistes, Compte Nickel, service de compte hors banque distribué uniquement dans les bureaux de tabac, est accessible sans conditions de revenus, de dépôts ou de patrimoine, mais ne permet aucun découvert ou crédit. La formule de base, qui comprend notamment sa gestion par internet, des notifications par SMS, les virements et les prélèvements, coûte 20 euros par an, auxquels s'ajoutent des frais en cas de dépôt ou de retrait d'espèces. Initialement proposé à une clientèle majeure, il s'est ouvert fin 2015 aux 12-18 ans.

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Par la rédaction avec AFP

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Commentaires

Publié le 4 avril 2017 à 16h29 - #2LMDP
  • Paris

Un rachat qui n'est pourtant pas une surprise, pour au moins 3 raisons :
La première : si l'on en croit le livre d'Hugues Le Bret, "No Bank", l'idée était dès l'origine de concevoir cette brillante idée qu'est le Compte Nickel, de la développer, puis de passer la main au bout de quelques années.
La seconde : l'entrée au capital du fond Partech, dont l'objectif est bien la réalisation de profits, si possible maximum en un minimum de temps.
Enfin et surtout, un simple coup d'œil aux bilans, publics, de la Financière des Paiements Electroniques, suffit à constater que l'activité est loin d'être rentable. La disproportion est même si grande (un rapport de presque 1 à 3 !) entre le Produit Net Bancaire et le coût d'exploitation total, que l'on peut penser que l'activité ne sera jamais profitable et que le business model, avec une tarification aussi réduite, ne permettra jamais de dégager le moindre bénéfice, quel que soit le nombre de clients (et c'est bien ce qui est arrivé jusqu'à présent, avec l'annonce d'un seuil de rentabilité qui passe de 100.000 à 200.000 clients, puis 300.000, 500.000, 600.000, etc.). En poussant à l'extrême, il est probable que chaque nouveau client, loin d'être un pas vers le seuil d'équilibre, fasse perdre un peu plus d'argent au Compte Nickel.
Dès lors, la vente du fonds à un acteur susceptible de tirer profit d'une large base de clients (grâce à des synergies de groupe ou des ventes croisées) était la seule conclusion logique de l'aventure, surtout quand on sait que le coût d'acquisition d'un nouveau client, en banque, s'élève à plusieurs centaines d'euros.
La encore, le prix ayant fuité dans la presse, équivalent à un prix d'achat de 400 euros par client, est très cohérent. D'autant plus que l'usage bancaire veut que le prix annoncé soit amputé de diverses provisions pour risque et assorti d'une clause de révision de prix à 6 et / ou 12 mois, permettant de réajuster le prix à la baisse en cas de trop forte attrition consécutive au rachat. Bien souvent le chèque effectivement signé aux cédants est très nettement inférieur au prix annoncé.
En résumé, l'annonce du jour n'est pas une surprise pour qui connaît les usages bancaires et sait lire un bilan, seule l'identité du cessionnaire l'est. Il sera intéressant de voire ce qu'il compte faire de l'idée, excellente mais peu rentable, que constitue le Compte Nickel.

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