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Les pistes britanniques pour stimuler la concurrence bancaire

City de Londres
CC - Wikimedia commons / Simdaperce

La Competition and Markets Authority (CMA), équivalent britannique de l’Autorité de la concurrence, vient de publier des recommandations pour rendre le marché bancaire britannique plus concurrentiel.

Vu de France, la Grande-Bretagne est un paradis du changement de banque. Depuis 2013, les consommateurs britanniques disposent d’un service de mobilité bancaire automatisé, dont l’équivalent, issu de la loi Macron, ne sera mis en place en France qu’en février 2017. Depuis avril, ils ont aussi accès à un comparateur de tarifs bancaires qui leur permet de choisir précisément la banque la moins chère en se basant sur leur consommation réelle de produits et services. Pourtant, selon la CMA, seuls 3% des usagers bancaires ont changé d’enseigne en 2014, un chiffre inférieur au taux de mobilité français, estimé à 4% environ. Plus étrange encore, la propension à changer de banque semble diminuer chez les clients payant le plus de frais bancaires.

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Pour la CMA, c’est la preuve que la compétition entre les banques n’est pas assez vive. Pour y remédier, l’Autorité a listé une série de recommandations sur le sujet. Elle propose notamment d’imposer aux banques de contacter individuellement leurs clients à l’occasion de certains événements - la disparition de leur agence, une rupture de service, un niveau de frais important, un changement de conditions générales - afin de les encourager à reconsidérer leur niveau de satisfaction. Elle souhaite également améliorer l’outil actuel de comparaison de tarifs (baptisé Midata), considéré comme pas assez intuitif, et demander aux banques d’en faire la promotion active.

En ce qui concerne plus spécifiquement le marché des PME, lui aussi très peu dynamique, l’institution propose de créer un nouveau comparateur de tarifs. Par contre, elle ne souhaite pas remettre en cause la pratique des banques britanniques consistant à exonérer de frais bancaires les clients détenant des crédits dans l’enseigne.

Comme en France, le marché britannique de la banque de détail est très concentré, rappelle Les Echos dans un article sur le sujet. Quatre acteurs - Lloyds, Barclays, HSBC et RBS - se partagent 70% du marché, une part qui n’a pas évolué depuis 10 ans malgré l’émergence de plusieurs nouvelles enseignes, comme Virgin Money ou Metro Bank.

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© cbanque.com / VM / Octobre 2015