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Banque de détail : quel avenir pour les agences bancaires de proximité ?

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Agence Caisse d'épargne
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Le cabinet de conseil Score Advisor s’est penché sur la rentabilité des agences bancaires en France. Le résultat est édifiant : 15% d’entre elles coûtent plus cher qu'elles ne rapportent. Pourtant, malgré l’annonce de plans d’économies dans certains grands groupes bancaires, la fermeture massive d'agences ne semble pas être à l’ordre du jour.

Les derniers résultats publiés par les banques françaises sont moroses : les bénéfices nets du premier trimestre 2013 sont en forte baisse, sauf pour le groupe BPCE qui redresse ses résultats sur les trois premiers mois de l’année. Les autres groupes ont annoncé pour le trimestre dernier des chiffres bien moins reluisants. Le résultat net de la Société Générale a, par exemple, reculé de 21,5%. La direction du groupe bancaire a même annoncé la semaine dernière la suppression de plus de 1.000 postes dans le monde dans les trois prochaines années, dans le cadre d’un plan d’économies. Toutefois, les agences du réseau devraient être épargnées : quelques dizaines de fermetures seulement sont programmées.

15% des agences ne sont pas rentables

Une des raisons est peut-être que notre pays semble particulièrement attaché à son réseau d’agences. En effet, en France, on compte quelques 38.000 agences bancaires (1), soit près de 600 agences par million d’habitants, contre une moyenne de 450 par million pour le reste de l’Europe. Ce réseau dense coûte cher : il représente en effet, en moyenne, 60% des coûts d’une banque de détail, selon Score Advisor. Dans son baromètre 2013 des réseaux d’agences bancaires, le cabinet de conseil estime également que 15% des agences bancaires ne sont plus rentables en France. Alors, pourquoi défendre un modèle si coûteux ? Parce qu’elles « sont l’élément indispensable pour la création d’un lien affinitaire avec la clientèle », affirme le communiqué de Score Advisor.

En effet, les clients ne fuient pas les agences mais consomment leur banque différemment d’il y a quelques années. Aujourd’hui, selon le cabinet de conseil, 65% des clients urbains se rendent moins d’une fois par mois dans leur agence (27% pour les ruraux) mais 80% des personnes interrogées fréquentent toujours les agences. Ces visites se concentrent sur certaines plages horaires et une des conséquences est que, au sein de 60% des agences, on compte plus de salariés que de clients dans les établissements plusieurs après-midis par semaine.

La nécessité d’un nouveau modèle

Le cabinet de conseil pointe une autre problématique des agences : celle du multicanal. Internet et l’arrivée des banques en ligne ont bousculé les habitudes de consommation des particuliers. Les usagers des banques se servent de plus en plus de leur espace client sur internet pour effectuer de simples opérations. Afin d’attirer les clients au sein de leurs agences et limiter la non-rentabilité de celles-ci, les banques doivent donc réinventer leur réseau en intégrant les nouvelles technologies au sein même des points de vente. « Il faut repenser les agences, plutôt que les fermer », martèle Score Advisor dans son communiqué.

Si un mouvement massif de fermeture d’agences ne semble donc pas être d’actualité, les ouvertures d’agences freinent nettement : il y a encore quelques années, de nouvelles agences ouvraient régulièrement dans nos villes ; aujourd’hui, l’heure semble plutôt être à la stabilisation. Selon les derniers chiffres de la Banque de France, le nombre d’agences a même diminué de 3% entre 2007 et 2011.

(1) Selon les statistiques de paiements 2011 de la BCE, publiées en octobre 2012.

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Sabrina LEVACHER

© cbanque.com / SL / Mai 2013