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Crédits entre particuliers : Prêt d'Union veut "revenir aux racines du mutualisme"

  • Par cBanque
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Lancé au mois de septembre dernier, Prêt d'Union se présente comme le premier établissement, en France, de crédit entre particuliers sur Internet. Inspiré de sites anglo-saxons dits de « P2P lending », comme Lending Club ou Prosper, il se propose de rapprocher les investisseurs particuliers et les emprunteurs en quête de prêts personnels, avec des taux d'intérêt annoncés très avantageux pour tous.

Pour en savoir plus, nous avons interrogé deux des fondateurs de Prêt d'Union, Charles Egly, président du Directoire, et Thomas Beylot, en charge de la communication et du marketing.

Racontez-nous la genèse du projet Prêt d'Union ?

« Le projet a été lancé en octobre 2009, pour une ouverture au public le 23 septembre 2011. Cette phase préparatoire de deux ans était nécessaire pour obtenir le statut d'établissement de crédit prestataire de services d'investissement, ce qui n'était pas chose facile. Il y avait en effet très longtemps que la Banque de France n'avait pas délivré ce type d'agrément à une société qui n'est pas la filiale d'une banque. Il nous fallait également réunir 5 millions d'euros pour l'amorçage du projet, alors que nous ne générons encore aucun chiffre d'affaires. »

Votre principal partenaire financier est le Crédit Mutuel Arkéa, qui possède 39,5% de votre capital. Pourquoi cette banque plutôt qu'une autre ?

« Tout d'abord, il était important, pour obtenir l'agrément, que nous ayons des actionnaires stables, pérennes et possédant une expertise dans le domaine. Nous avons convaincu le Crédit Mutuel Arkéa, avec qui nous partageons des valeurs et qui est peu présent sur le secteur du crédit à la consommation. Nous aurions sans doute eu du mal à convaincre une autre banque. »

Quelle est la philosophie de Prêt d'Union ?

« Grâce aux possibilités offertes par Internet, nous revenons aux racines du mutualisme : des gens qui en financent d'autres. Ce n'est finalement pas si nouveau que ça. Aux emprunteurs, nous proposons un produit simple et transparent, avec un taux attractif. Aux prêteurs, nous proposons d'investir sur les ménages français, au service de l'économie réelle, plutôt que dans des fonds spéculatifs. C'est important pour certaines personnes. »

Votre service ne s'adresse toutefois pas à tout le monde...

« C'est vrai, il s'adresse à des emprunteurs solvables, qui pourraient emprunter dans une banque classique mais viennent chez nous chercher des taux d'intérêts plus intéressants (1). Concernant les prêteurs, la Banque de France nous impose des restrictions. Ils doivent être considérés comme des investisseurs qualifiés, c'est-à-dire réunir deux des trois critères suivants : boursicoter régulièrement ; avoir exercé pendant un an au moins une activité liée à la finance, dans la banque, dans le crédit, dans les assurances ; posséder un patrimoine financier d'au moins 500.000 euros. Pour résumer, nous nous adressons sensiblement au même profil de clientèle que les courtiers en ligne, du type Boursorama. »

Quels sont les risques pour ces investisseurs ? Garantissez-vous le capital investi ?

« Non, nous n'offrons pas de garantie sur le capital, c'est clairement affiché sur le site. Toutefois les pertes en capital sont très improbables. Notre système de scoring (2) est plus strict que celui d'une banque. Nous demandons plus de justificatifs, pour éviter les fraudes. Nous avons en effet impérativement besoin de la confiance des prêteurs : sans leur argent, pas de Prêt d'Union. Nous avons également mis en place un système de mutualisation : le prêteur investit sur un pool d'emprunteurs, pas sur un prêteur en particulier. Le risque de défaut est ainsi réparti. Enfin, Prêt d'Union est également prêteur, à hauteur de 15% des financements accordés. Les éventuelles pertes ou baisses de taux d'intérêt nous toucheraient donc également. »

(1) Pour les emprunteurs, Prêt d'Union propose des crédits entre 3.000 et 19.500 euros sur 3, 4 ou 5 ans. Pour les prêteurs, les rendements sont de 6,5% sur 5 ans, 5,7% sur 4 ans et 5% sur 3 ans.

(2) L'évaluation du risque présenté par l'emprunteur. Lire à ce propos : Scoring de l'emprunteur et étude de dossier de financement

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Par la rédaction

© cbanque.com / Vincent Mignot / Novembre 2011