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Libra : à quoi servira au quotidien la monnaie de Facebook ?

Facebook Messenger sur un iPhone
CC Karlis Dambrans / Flickr

Facebook va lancer en 2020 sa propre monnaie, le libra. Celle-ci permettra d’échanger de l’argent entre les utilisateurs de Messenger et de WhatsApp et de passer commande sur des sites d’e-commerce partenaires.

Calibra, filiale de Facebook, va lancer l’année prochaine un portefeuille numérique permettant de loger des libras, la cryptomonnaie pensée par le réseau social. Ce portefeuille sera disponible dans les messageries Messenger et WhatsApp, propriétés de la société de Mark Zuckerberg, mais aussi via une application dédiée, explique Facebook par communiqué.

Envoyer de l’argent instantanément et payer à distance

Concrètement, le libra permettra aux internautes de s’envoyer des fonds directement dans leur conversation WhatsApp ou Messenger. Le portefeuille électronique va donc faire de l’ombre aux jeunes pousses facilitant le remboursement entre amis comme Pumpkin et Lydia. « Dès sa sortie, Calibra permettra de transférer des Libra à presque n’importe quelle personne équipée d’un smartphone, aussi facilement et instantanément qu’un sms, à peu de frais, voire gratuitement », ajoute le réseau social. Autrement dit, l’envoi de fonds en libra sera peu ou pas payant que les partie-prenantes vivent dans le même pays ou sur deux continents différents.

Outre les virements instantanés entre particuliers, Facebook espère plus généralement faire de Calibra et de sa cryptomonnaie un outil de paiement dématérialisé, d’abord au service du e-commerce. Les internautes pourront en effet utiliser les libras pour passer commande sur des sites partenaires. D’ores et déjà, plusieurs entreprises marchandes ont annoncé leur implication dans ce projet, comme eBay, Spotify, Booking ou encore Uber. Du coup, il est fort probable que payer les services de ces dernières en libras sera possible.

Le portefeuille électronique Calibra, qui devrait s’apparenter à Apple Pay, Samsung Pay ou Google Pay, pourra à terme aussi être employé pour les transactions du quotidien. « Nous espérons offrir des services supplémentaires aux particuliers et aux entreprises, tels que payer des factures en appuyant simplement sur un bouton, acheter un café avec la lecture d’un code QR ou utiliser les transports en commun sans argent sur soi ni titre de transport », détaille Facebook.

Plus que les fonctionnalités en tant que telles – il est déjà possible de faire des virements en temps réel et internationaux à moindre coût ainsi que de payer en utilisant son smartphone – c’est la facilité d’utilisation du libra qui risque de faire mouche. La communauté Facebook atteignant plus de 2,3 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, la force de frappe du libra sera d’ampleur et sa prolifération facilitée.

Quid de l'usage des données de paiement ?

Sur le papier, le libra se targue d’un avantage supplémentaire par rapport aux autres cryptommonaies. Le bitcoin, la plus connue d’entre elles, brille par sa volatilité, si bien qu’il est assimilé par les autorités de contrôle, l’ACPR et la Banque de France dans l’Hexagone, comme un investissement spéculatif plus que comme une monnaie électronique. Pour éviter cet écueil, la cryptomonnaie de Facebook sera adossée à des actifs sûrs, mélange de devises stables (dollars, livres sterling, yens ou encore euros) et d’obligations souveraines. De quoi assurer également la convertibilité du libra en espèces sonnantes et trébuchantes.

En revanche, récents scandales obligent, l’usage que fera la firme de Mark Zuckerberg des données de paiement et le risque de fuite interrogent. Facebook tente de désamorcer ces critiques. « Nous prendrons également des mesures pour protéger la confidentialité de vos données, assure le réseau social. À l’exception de cas limités, Calibra ne partagera pas les informations de compte ou les données financières avec Facebook ou toute autre tierce partie sans votre consentement ». Elément rassurant : Facebook ne sera pas seule aux manettes du libra. Si la cryptomonnaie a effectivement été pensée par la firme américaine, c’est la Libra Association qui sera chargée de la gérer. Basé à Genève, cet organisme à but non lucratif compte parmi sa vingtaine de membres des entreprises spécialisées dans le paiement, comme Mastercard, Visa, Paypal, mais aussi Iliad, la maison mère de Free.

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