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Orange Bank : pourquoi l'affaire Madoff risque de coûter 430 millions à la banque en ligne

Lancement d'Orange Bank sur le site de Gbanque
Capture d'écran gbanque.com

En rachetant Groupama Banque en octobre 2016, Orange pensait s'appuyer sur son agrément bancaire pour lancer rapidement sa banque mobile. L’opérateur télécom ignorait qu’il hériterait au passage d’un litige estimé à plus de 430 millions d’euros.

Décidément, rien ne s’est passé comme prévu pour Orange Bank. Prévue initialement pour le premier semestre 2017, le lancement de la banque mobile n'était finalement intervenue qu’en novembre de cette même année. Les causes du retard. Des bugs et des soucis réglementaires qui n’ont pas été sans conséquence sur les résultats financiers de la banque en ligne : en 2017, elle a perdu 76 millions d’euros.

Et la série noire continue en 2018. Après avoir annoncé de nouvelles pertes pour le premier semestre, Orange Bank est désormais éclaboussée par l’affaire Madoff. Cela pourrait lui coûter plus de 430 millions d’euros, l’indemnité réclamée par deux victimes de l’escroc américain, comme le rapporte Le Parisien.

Une fortune évaporée

Mais quel est le rapport entre Bernard Madoff, dont les agissements ont été révélés il y a 10 ans, et la toute jeune marque bancaire ? La réponse : Groupama Banque.

En mettant la main sur la filiale bancaire de l’assureur, Orange a obtenu une licence bancaire mais a aussi hérité d’un litige judiciaire. L’une des filiales de Groupama Banque aurait en effet délégué la gestion du patrimoine des deux plaignants à une société du trader américain. « Une bonne partie de leur fortune, 303 millions d’euros, s’est évaporée. Sans oublier les 128 millions d’euros d’impôts (ISF et plus-values) payés, pendant plusieurs années, sur un capital qui s’est in fine volatilisé dans l’escroquerie », détaille Le Parisien.

Un dédommagement qui équivaut à 7 fois son PNB

Empêtrées depuis une dizaine d’année dans une procédure judiciaire avec Groupama Banque, les victimes se tournent désormais vers sa nouvelle maison-mère. Orange Bank a bien tenté d’éviter le procès en invoquant la « péremption » des faits, c'est-à-dire en déclarant « cette histoire trop vieille pour être jugée étant donné qu’il n’y a pas eu d’actes de procédure judiciaire sur cette affaire depuis plusieurs années en France », explique le quotidien. Mais, début juillet, le tribunal de grande instance de Bobigny a rejeté cet argument. « Il y aura donc un procès pour Orange Bank », selon Nicolas Lecoq-Vallon, avocat des victimes, qui pourrait se tenir en 2019.

Bien que le dédommagement souhaité représente près de 7 fois le produit net bancaire généré en 2017 par la banque, Orange se montre serein : « Le Groupe Orange est prémuni contre ce risque de passif. Les mesures nécessaires ont été prises », explique un porte-parole cité par le quotidien.

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