La banque en ligne, c'est plus risqué !

Cartes bancaires des banques en ligne
© FV / cBanque 2016

« La banque en ligne, c’est plus risqué ! » C’est du moins ce que peuvent redouter certains, effrayés probablement par l’absence d’agence, de conseiller personnel et par le risque de faillite. Eh bien, ils se trompent ! Les banques en ligne disposent d’un agrément bancaire et sont régulées comme n’importe quel établissement traditionnel. Ainsi se poursuit notre série d’été dédiée aux clichés sur l’argent.

Les banques en ligne ont fait leur arrivée dans l’Hexagone dans les années 2000. Leur promesse : un compte courant quasi-gratuit et un gain d’autonomie dans la gestion de ses finances. Ce message a vraisemblablement été entendu. Une dizaine d’année après leur lancement, les deux banques en ligne leader en France – à savoir Boursorama et ING Direct – comptent plus d’un million de clients. Boursorama Banque ayant récemment annoncé avoir franchi le cap des 1,5 million. Toutefois un cliché a la vie dure. Les établissements sans agence seraient plus risqués que leurs homologues traditionnels. Mais cette croyance est infondée. Ce sont, comme les établissements traditionnels, des banques de plein exercice, soumises à la législation bancaire.

Ainsi, toutes les banques en ligne (ING Direct, Fortuneo, Hello Bank, Boursorama, Monabanq, BforBank et Orange Bank) sont régulées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en tant qu’établissements de crédit. Les banques de détail traditionnelles (Société Générale, Crédit Mutuel, La Banque Postale...) détiennent ce même statut. Et qu'elles soient traditionnelles ou à distance, les banques sont soumises au Code monétaire et financier. Elles doivent se conformer aux règles de bonnes conduites les obligeant, entre autres, à respecter leur devoir d’information. Celles-ci doivent également disposer de fonds propres suffisants, dont le montant est fixé par la réglementation bancaire à l'échelle de toute l'Europe.

Des banques filiales d’établissements de renom

Les banques en ligne sont assujetties aux mêmes contraintes que les banques ayant pignon sur rue. Mais leur proximité va bien au-delà. Les pure-players sont, pour la plupart, des filiales d’établissements traditionnels, ce qui leur permet de tenir leur modèle low-cost et d’accroître leur vivier clients sans trop se préoccuper des pertes financières.

Ainsi, Boursorama Banque appartient à la Société Générale. Les caisses régionales du Crédit Agricole sont majoritaires au capital de BforBank. Quant à Fortuneo et Monabanq, elles sont détenues respectivement par le Crédit Mutuel Arkéa et par le groupe Cofidis Participations, lui-même dans les mains du Crédit Mutuel-CIC. Même filiation pour ING Direct dont la maison-mère n’est autre que le groupe néerlandais ING. Une banque présente dans une quarantaine de pays, et qui comptabilise 37,4 millions de clients au global (1). Pour Hello Bank, la filiation avec une banque traditionnelle est sans équivoque. Celle-ci est en effet une marque exploitée par BNP Paribas. A ce titre, elle propose le même catalogue de produits d’épargne et de crédit.

Et Orange Bank alors ?

La banque mobile de l’opérateur téléphonique n’appartient pas à une banque de détail. Toutefois, elle est née du rachat de la filiale bancaire de l’assureur Groupama. Elle a par ailleurs dû montrer pattes blanches au régulateur français avant de pouvoir lancer son activité. L’ACPR, confrontée pour la première fois au rachat d’une banque par un acteur non-bancaire, a demandé à Orange Bank d’obtenir, en nom propre, un agrément d’établissement de crédit.

Des dépôts garantis à hauteur de 100 000 euros

Et en cas de faillite, que se passe-t-il ? Comme les banques avec agences, les établissements en ligne sont adhérents au Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Ce fonds est chargé d’indemniser les clients en cas de défaut de leur établissement bancaire. Résultat, si une banque en ligne dépose le bilan, ses clients seront couverts à hauteur de 100 000 euros par déposant, 200 000 euros pour un compte joint si un couple détient uniquement ce produit dans la banque. Cette garantie comprend l’ensemble des sommes détenues sur les comptes courants, les livrets ou encore l’épargne réglementée (PEL et CEL). Plus précisément, pour les livrets réglementés (Livret A, LDD et LEP), une garantie à part de 100 000 euros par client et par établissement s'applique. Elle est versée par le FGDR pour le compte de l'Etat. Dans certaines situations – en cas de dépôts exceptionnels comme le fruit de la vente d’un bien immobilier – l’indemnisation du FGDR peut être portée à 500 000 euros.

Et cette règle vaut également pour les banques d'origine européenne exerçant en France, comme ING Direct. En réponse à la crise des subprimes, le système de garantie des dépôts a été uniformisé au niveau européen. Résultat, en cas de défaillance d’ING, les clients de sa succursale en France seront indemnisés jusqu’à 100 000 euros par le fonds de garantie néerlandais.

Mais les banques en ligne ne proposent pas uniquement des comptes chèques et des livrets. Assurance-vie, PEA, compte-titres, leur catalogue rivalise presque avec les banques traditionnelles. Là encore, leurs clients peuvent se rassurer. Leurs contrats d’assurance-vie sont couverts par la garantie des assurances de personnes (à hauteur de 70 000 euros par assuré et assureur). Pour les placements boursiers, la garantie des titres s’applique tout autant et protège les épargnants à hauteur de 70 000 euros.

Quid des dépôts sur les néobanques ?

Les néobanques sont régulées comme des établissements de paiement. C’est la raison pour laquelle ces acteurs ne proposent ni du crédit ou ni des produits d’épargne en nom propre. Autre conséquence, les néobanques ne cotisent pas au FGDR. Pour autant, leurs clients récupèreront leurs deniers, si ces dernières ferment boutique. La raison : les comptes de cantonnement. Les établissements de paiement doivent en effet isoler les dépôts de leur clientèle sur des comptes hébergés dans des établissements de crédit. Par exemple, les dépôts sur les comptes Nickel sont logés au Crédit Mutuel Arkéa. Le compte de paiement Lydia a lui choisi BNP Paribas. Et le régulateur veille à ce que les néobanques ne touchent pas à cet argent… Morning s’était ainsi vu retirer temporairement son agrément lorsqu’elle avait enfreint la règle.

A lire à ce propos : Votre argent sur les comptes sans banque est-il protégé ?

(1) Rapport annuel 2017 du Groupe ING publié le 13 mars 2018

Mise à jour (25 juillet) - ajout de précisions sur le mécanisme de la garantie des dépôts, à savoir les particularités du Livret A, du LDD et du LEP.

Partager cet article :

© cbanque.com / MEF / Juillet 2018

Commentaires

Publié le 24 juillet 2018 à 20h18 - #1Josiane
  • Femme
  • Vesoul
  • 58 ans

"si une banque en ligne dépose le bilan, ses clients seront couverts à hauteur de 100 000 euros par déposant, 200 000 euros pour un compte joint. Cette garantie comprend l’ensemble des sommes détenues sur les comptes courants, les livrets ou encore l’épargne réglementée"
Dans l'article en lien il est écrit:
"Les Livrets A, LDD et le LEP bénéficient, eux, de la garantie de l’État à hauteur d’un plafond séparé de 100.000 euros par déposant et par établissement."
Qui dit vrai?

Trouvez-vous ce commentaire utile ?10
Publié le 25 juillet 2018 à 10h56 - #2Marie-Eve

Claudine,
Merci pour votre remarque. Nous avons apporté des précisions afin de lever toute ambiguïté. Concernant l'épargne réglementée, deux mécanismes sont en oeuvre. D'une part, le Livret A, le LEP et le LDDS sont couverts par la garantie de l'Etat. Les sommes déposées sur ces livrets sont couvertes jusqu'à 100 000 euros par client et banque. L'indemnisation se fait par le FGDR pour le compte de l'Etat. Quant au PEL et au CEL, ces deux produits entrent dans le cadre de la garantie des dépôts du FGDR. Les sommes déposées sur ces produits, ainsi que sur les comptes courants, les livrets bancaires ou encore les livrets Jeunes, sont additionnées et indemnisées jusqu'à 100 000 euros par déposant et par banque.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?20
Publié le 28 juillet 2018 à 15h13 - #4gym
  • Homme
  • Normandie
  • 60 ans

le mythe des 100000 euros, le FGDR ne possède pas le premier euro pour cela ! 2,3 milliards pour par exemple 400 milliards de dépôt dans une de nos grandes banques et 20 millions de clients....ça fait pas beaucoup chacun...mais plus grave la loi Moscovici de juin 2016 dit que le déposant est un "créancier" non prioritaire de la banque du fait que les dépôts sont prêtés à la banque, et elle dit également que l'argent du FGDR doit être versé à ... l'administrateur judiciaire chargé du redressement ou de la liquidation....bref rien n'est prévu pour le déposant....UN MYTHE !!!!!

Trouvez-vous ce commentaire utile ?31
Publié le 28 juillet 2018 à 18h53 - #5tnomerfp
  • Homme
  • Toulouse
  • 58 ans

Attention les 100 000 euros s'entendent toutes filiales confondues
exemple : vous avez 100 000 a la société generale et 100 000 chez boursorama. Vous n'êtes couverts qu'à hauteur de 100 000.
De plus si vous avez des titres, les 70 000 sont compris dedans.... N'allez pas croire que c'est 100 000 plus 70 000...
Avec la loi sapin 2 de toute manière il sera tres difficile de récupérer ses sous....

Trouvez-vous ce commentaire utile ?20
Publié le 30 juillet 2018 à 13h04 - #7Francis92
  • Homme
  • Le plessis robinson

100 000 euros c'est par banque, filiale ou non.....Boursorama est independant de la SG sur ce plan

Trouvez-vous ce commentaire utile ?01
Publié le 30 juillet 2018 à 13h10 - #8Francis92
  • Homme
  • Le plessis robinson

100 000 euros c'est par banque, filiale ou non.....Boursorama est independant de la SG sur ce plan

Trouvez-vous ce commentaire utile ?
Publié le 30 juillet 2018 à 13h16 - #9banville
  • Homme

on peut penser ce que l'on veut mais les faits sont les faits et les faits sont têtus: le spread des taux 2ans et 10 ans témoigne d'une crise à venir; il est environ à 0.29 et l'on sait que dès qu'i l passera sous zéro, on sera mal ! il suffit de regarder ce que cela a donné à chaque fois que c'est arrivé. Comme les banques françaises sont sous capitalisées et avec un leverage aux environs de 30, c'est à dire au niveau ou lehman brothers a fait faillite.On peut donc facilement penser que la prochaine crise sera une nouvelle fois bancaire.La plus vieille banque Italienne est au bord de la faillite et deutsche bank suit de très près avec un niveau de cds 15 fois supérieur au PIB du pays. En France, une seule banque est clean mais elle est une banque d'investissement: Rothschild; ticket d'entrée= 500 000.Quant à votre fond sur lequel vous comptez beaucoup, ramené à la population de notre pays, 70 euros serait alloué /personne; chapeau bas!

Trouvez-vous ce commentaire utile ?

Ajouter un commentaire