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Banque en ligne : pourquoi ne peut-on pas y ouvrir son tout premier compte bancaire ?

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Un homme consultant son compte en ligne
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C’est une obligation : pour ouvrir un compte bancaire dans une banque 100% en ligne, il faut en détenir un, au préalable, dans une autre enseigne. D’où vient cette contrainte, qui n’existe pas pour les banques traditionnelles ? Et souffre-t-elle des exceptions ? Explications.

En décembre 2015, 8,3% des Français se déclaraient clients d’une banque en ligne (1). Un pourcentage qui progresse - ils n’étaient que 7% en octobre 2014 - mais qui reste portion congrue. Malgré l’explosion de la gestion de compte sur supports numériques, malgré des tarifs généralement inférieurs aux banques en dur, les Français hésitent encore à franchir le pas.

Les raisons qui expliquent cette prudence sont multiples : l'attachement à son conseiller, la réticence à s’engager dans une procédure de changement de banque qui reste complexe et coûteuse, etc. Dans certains cas, toutefois, il existe un autre facteur : l’obligation, pour ouvrir un compte dans une banque en ligne, d’être déjà client d’un autre établissement.

Des obligations renforcées pour les banques en ligne

Au moment d’ouvrir un compte courant dans une enseigne 100% numérique, il y a en effet une obligation : le premier versement doit être effectué, par virement ou par chèque en général, depuis un autre compte bancaire détenu par le même titulaire. Impossible donc, pour un client non-bancarisé, d’aller au bout de la démarche.

La raison de cette contrainte, qui pèse sur les enseignes à distance mais pas sur les banques en dur, est réglementaire. Lorsqu’un établissement bancaire ouvre un compte bancaire, il est soumis à des obligations de vigilance, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Notamment celle d’identifier clairement son nouveau client, par exemple en lui demandant une pièce d’identité.

Ces obligations sont encore renforcées lorsque cette entrée en relation se fait en l’absence physique du client, ce qui est évidemment le cas pour les banques en ligne. Le code monétaire et financier, dans son article R561-20, liste ainsi quatre mesures supplémentaires de vigilance, dont deux au moins doivent être mises en œuvre. Parmi elles, on retrouve l’obligation d’obtenir une pièce justificative supplémentaire - ce qui explique que certaines banques en ligne demandent deux pièces d’identité différentes à leurs clients - ou celle d’exiger que « le premier paiement des opérations soit effectué en provenance ou à destination d’un compte ouvert au nom du client (…) ». Dont acte.

Ce compte, en revanche, n’est pas nécessairement détenu en France, mais peut être situé dans tout autre pays de l’Espace économique européen (EEE), qui regroupe les 28 Etats membres de l’UE, plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Résultat : un ressortissant de ces pays qui s’installe en France peut ouvrir un compte dans une banque en ligne française s’il est titulaire d’un compte dans son pays d’origine.

Une exception pour les enfants des clients

Heureusement pour les banques en ligne, rares sont les Français à ne pas disposer d’au moins un compte bancaire : le taux de bancarisation dans l’Hexagone, un des plus élevés au monde, atteint en effet 99%, selon la Fédération bancaire française. Le problème se pose donc surtout pour une clientèle en particulier : celle des jeunes qui ouvrent leur premier compte bancaire.

Certaines banques en ligne, comme Hello bank, Boursorama Banque et ING Direct (2), ont toutefois trouvé une parade, en autorisant les enfants de leurs clients à ouvrir un compte courant, sur présentation du livret de famille et à condition que le premier versement provienne d’un compte détenu par le parent dans un pays de l’EEE.

Mise à jour (8 février 2016) - Ajout des réponses d'ING Direct.

(1) Source : étude « Les Français et la banque en ligne », 2e édition, réalisée par Audirep pour le cabinet Simon-Kucher.

(2) Nous avons contacté les 6 principales enseignes de banque en ligne sur ce sujet. Seules trois, Hello bank, Boursorama Banque et ING Direct, ont accepté de répondre à nos questions. Monabanq et BforBank n’ont pas souhaité s’exprimer, Fortuneo n'a pas donné suite à nos sollicitations.

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© cbanque.com / VM / Février 2016