Assurance vie : une courtière détourne plus d'un million d'euros pour payer des cabinets de voyance

Assurance vie
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Une courtière en assurances pleine d'entregent a réussi à détourner plus d'un million d'euros, en quatre ans, auprès d'une trentaine de clients. De quoi se financer « un train de vie assez somptueux ».

« J’étais en confiance, cette femme était gentille, elle se pliait en quatre pour moi ». Comme cette épargnante, plus d’une trentaine de personnes ont été victimes d’une courtière en assurances basée à Chantilly, dans l’Oise, au nord de Paris. Pendant quatre ans, elle a réussi à détourner entre 1,3 et 2,3 millions d’euros. Le manège était bien rodé. La courtière proposait à ses clients de déposer leur épargne sur des produits ouverts, notamment chez MMA-Vie. « J’ai mis 60 000 euros sur mon contrat d’assurance vie. Et, chaque année, je recevais un relevé de situation indiquant que le montant de mon épargne augmentait », explique une victime, interrogée par Le Parisien.

Sauf que tout était truqué. La courtière avait réussi à modifier les adresses postales de ses clients pour intercepter leurs courriers et les empêcher de découvrir le pot aux roses. En effet, elle effectuait, en douce, des retraits sur leurs contrats d’assurance-vie en imitant notamment leur signature.

L’histoire s’est terminée l’année dernière quand une victime a voulu retirer 300 000 euros et a découvert avec stupeur la disparition de son argent. Mise en examen pour escroquerie, la courtière a reconnu les faits. Son avocat parle d’un préjudice de « seulement » 1,3 million d’euros et non pas 2,3 millions comme le prétendent les victimes.

Selon lui, sa cliente, qui traversait « une période psychologiquement compliquée », a dépensé plus de 500 000 euros en voyance ». Elle a réussi à financer « un train de vie assez somptueux » en encaissant des chèques qui n’étaient pas libellés à son nom. « Il y a eu une absence manifeste de contrôle et de vigilance de la part de la banque et de l’assureur », fustige l’avocat d’une des victimes. Interrogée par Le Parisien, la Société générale, banque dans laquelle la courtière encaissait ses chèques, n’a pas souhaité faire de commentaire.

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© cbanque.com / MB / Février 2019