Cyber Monday : comment vérifier le sérieux d'un site internet ?

Vente sur un site de petites annonces
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A un mois du jour J, le Black Friday puis le Cyber Monday sonnent, sur internet, le début de la saison des courses de Noël. Pour en profiter pleinement, voici quelques conseils pour vous assurer, avant achat, du sérieux des sites d’e-commerce.

Faire ses achats de fin d’année, au chaud depuis son salon, en évitant la foule et les embouteillages, et en profitant, pourquoi pas, de ristournes par rapport aux prix en magasin : il est bien tentant de céder aux charmes du commerce en ligne… En 2018, vous avez ainsi été 38 millions de cyberacheteurs en France, passant 1,5 milliard de commandes pour un montant total de 90 milliards d’euros, selon les chiffres de la Fédération de la vente à distance (Fevad). Et en 2019, combien serez-vous à profiter de centaines d’offres alléchantes du Black Friday, du Cyber Monday ou des soldes de Noël ?

Acheter sur internet, toutefois, présente quelques risques : celui de ne pas être livré, ou pas dans les temps ; de recevoir un produit non conforme ; ou encore de subir un détournement de vos moyens de paiement… Mieux vaut donc, avant de succomber, prendre vos précautions. Et commencer par vous assurer que le site sur lequel vous allez faire vos emplettes est sérieux. Voici les questions à se poser avant de cliquer sur le bouton « Commander ».

Où est situé le site ?

C’est la beauté du web : vous pouvez désormais faire vos courses dans le monde entier, dénicher des cadeaux inédits en France, tirer avantage des différences de prix entre les pays… C’est même un droit : « Depuis le 3 décembre 2018, vous pouvez acheter des biens et services à un e-commerçant basé dans un autre pays de l’Union européenne (UE) dans les mêmes conditions que des clients résidents dans ce pays », rappelle la Fevad dans son guide des achats en ligne, publié avec l’Institut national de la consommation.

Commander sur un site étranger, toutefois, augmente le risque de non respect des délais des livraison, de défaut de conformité du produit, voire de fraude sur les moyens de paiement… C’est pourquoi la Fevad recommande de s’adresser de préférence à un site établi au sein de l’UE, et donc soumis à un cadre réglementaire comparable à celui de la France.

Le souci, c’est que ça n’est pas toujours évident de savoir depuis quel pays un site est exploité. Le fait qu’il soit en langue française, ou même que son adresse se termine par un .fr, ne suffit pas. Il ne faut donc pas hésiter à le parcourir, à la recherche des coordonnées de la société qui l’exploite.

Ce qu'impose la réglementation

Sur le site Internet, vous devez impérativement trouver le nom du vendeur ; son adresse, qui ne doit pas être une simple boîte postale ; son adresse mail et un numéro de téléphone.

Idéalement, ces informations sont clairement affichées dès la page d’accueil du site, ou dans une page « Qui sommes-nous » ou « Nous contacter ». Elles doivent au moins figurer dans les mentions légales et dans les conditions générales de vente (CGV), deux rubriques obligatoires. Si ce n’est pas le cas, passez votre chemin !

Si vous avez un doute, il ne faut pas hésiter pas à téléphoner avant de commander, pour s’assurer que le site n’est pas une coquille vide. Vous pouvez aussi utiliser un moteur de recherche, à la recherche d’informations sur le vendeur.

Les ristournes proposées ne sont-elles pas trop alléchantes ?

Rappel : le Black Friday (le 4e vendredi du mois de novembre) et le Cyber Monday (le lundi suivant) se déroulent hors de la période officielle des soldes, qui ne débuteront en France que le 8 janvier 2020. L’utilisation de la mention « Soldes », ainsi que la revente à perte sont donc interdites, rappelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Il faut donc se méfier des sites affichant des promotions trop alléchantes, mais aussi de ceux qui n’affichent pas clairement le prix de référence du produit, avant application de la réduction. Pour déterminer si la ristourne proposée est réaliste, avant d’acheter, comparez le prix pratiqué avec ceux des concurrents.

Le commerçant s’engage-t-il sur un délai de livraison ?

Votre achat en ligne sera-t-il arrivé à temps pour Noël ? Pour limiter les risques, il est évidemment conseillé de ne pas trop tarder à commander. Sachez toutefois que la réglementation française prévoit un délai maximum de livraison : 30 jours au plus après la conclusion du contrat.

Plus généralement, la qualité de l’information fournie sur la livraison est un autre indice de crédibilité du e-commerçant. Privilégiez les sites qui affichent clairement l’état de leurs stocks au moment de la commande. Ceux également qui s’engagent sur une date ou un délai de livraison. Si, malgré tout, le produit présenté comme disponible ne l’est pas, ou si la livraison est hors délai, vous êtes légitime à poursuivre le vendeur pour pratiques commerciales trompeuses.

Méfiez-vous, enfin, des frais de livraison et d’éventuels droits de douane si vous commandez hors de l’Union européenne. Leur montant doit apparaître clairement, en euros, sur le récapitulatif de commande.

L’étape du paiement est-elle sécurisée ?

Autre nécessité pour tout e-commerçant digne de ce nom : la validation de la commande, l’ultime clic qui la rend définitive, doit être sans ambiguïté. La réglementation française impose ainsi de faire figurer la mention « Commande avec obligation de paiement » ou toute autre formule analogue indiquant clairement que vous vous engagez à payer.

La page consacrée au paiement en elle-même doit impérativement être cryptée, surtout si vous payez par carte bancaire. Pour vous en assurer, vérifiez que l’adresse de la page commence par « https » (et pas seulement « http ») et qu’un verrou apparaît en haut à gauche de votre navigateur web. Si ce n’est pas le cas, renoncez ! Idéalement, le commerçant doit également exiger un moyen supplémentaire d’authentification, le plus souvent en demandant à votre banque de vous envoyer par SMS un code à usage unique.

Lire aussi : Amazon, Cdiscount, Veepee… Votre paiement par carte bancaire en questions

Le commerçant m’informe-t-il de mon droit à me rétracter ?

Dernier indice du sérieux d’un site de commerce électronique : il doit vous informer sur votre droit de rétractation. Vous disposez en effet, y compris pendant les périodes de promotion et les soldes, d’un délai de 14 jours calendaires (y compris les week-ends et les jours fériés, donc), à partir du lendemain de la livraison, pour retourner le bien acheté et vous faire rembourser, sans avoir à vous justifier. Si le site ne vous en informe pas en amont de la commande, mieux vaut ne pas aller plus loin.

Pour faire valoir ce droit de rétractation, vous devez commencer par prévenir le vendeur - les plus sérieux mettent à votre disposition un formulaire en ligne à cet effet - et lui renvoyer le bien, à vos frais, sauf s'il n'a pas précisé en amont que le coût du retour sera à votre charge. Une fois qu’il l’a réceptionné, il doit vous rembourser, dans un délai de 14 jours également. Il existe toutefois une condition pour exercer ce droit : que le produit puisse être remis en vente. Il y a donc des exceptions à la rétractation, dans le cas de produits sous film protecteur (jeux vidéos, produits d’hygiène, etc.) que vous auriez ouvert, ou encore s'il s'agit de biens fabriqués sur mesure ou périssables, entre autres.

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© cbanque.com / MoneyVox / VM / Novembre 2019

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