L'Assemblée vote un budget rectificatif 2019 allégé sous les critiques des oppositions

Statue de Sully devant l'Assemblée nationale
DR - Assemblée nationale

L'Assemblée nationale a adopté en première lecture mercredi un projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2019 allégé, intégrant l'augmentation de certaines dépenses par rapport au budget initial, mais aussi des annulations de crédits non consommés, ce qu'ont critiqué les oppositions.

La France va voir son déficit public se creuser cette année à 3,1% du PIB (contre 3,2% initialement prévus, dont 0,9% liés à la conversion du CICE en baisse de charges pour les entreprises).

Des dépenses augmentent - la prime d'activité de 800 millions d'euros, les APL de 600 millions et la prime à la conversion automobile de 300 millions - mais les taux bas ont réduit la charge de la dette et le recouvrement de l'impôt a été meilleur qu'escompté.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a vanté un exercice « sincère, prudent », et un gouvernement « bon gestionnaire ».

Comme l'an dernier, nul besoin de recourir à un décret d'avance, qui permettait aux gouvernements antérieurs d'ouvrir des crédits en cas d'urgence.

C'est même l'inverse : des députés de droite comme de gauche ont relevé des annulations « records » de crédits non consommés en fin de gestion, sur l'aide au développement, les outre-mer, la justice ou encore l'enseignement supérieur.

Cette dernière « coupe », de 322 millions d'euros, a suscité un moment de tension entre le ministre et la cheffe de file des députés PS Valérie Rabault qui l'a jugée « incompréhensible » et « inacceptable » après l'immolation d'un étudiant à Lyon. Les Crous ne sont cependant pas affectés.

Le groupe socialiste a défendu en vain une motion de rejet préalable du projet de loi, déplorant notamment « un oubli des Français les plus pauvres » malgré la crise des « gilets jaunes », ainsi que la « faiblesse de l'investissement de l'État ».

De leur côté, les députés LR ont dénoncé les « renoncements » en matière d'effort structurel et d'endettement.

Et le RN a jugé que le PLFR virait à « l'auto-satisfaction » gouvernementale.

Tous ont pointé le risque pour la France de se retrouver hors les clous des règles européennes. Emmanuel Macron a lui-même critiqué récemment la règle du maintien du déficit public sous la barre des 3% du PIB comme un « débat d'un autre siècle ».

« Allons-y, ouvrons les vannes ! », a ironisé Charles de Courson (Libertés et territoires), épinglant une « dérive » des finances publiques.

Tous les orateurs des groupes politiques ont enfin regretté les délais d'examen très serrés de ce texte présenté en Conseil des ministres jeudi dernier, un « scandale » selon LFI, voire « un déni du Parlement » d'après LR.

Partager cet article :

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse.

Commentaires

Soyez le premier à réagir à cette actualité !

Ajouter un commentaire

Me prévenir en cas de nouveau commentaire