Feu vert de l'Assemblée au budget « Cohésion des territoires », poste important d'économies pour 2020

Assemblée nationale
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L'Assemblée a donné son feu vert dans la nuit de jeudi à vendredi au budget de la mission « Cohésion des territoires », un des grands perdants du projet de loi de finances pour 2020, la gauche déplorant que le Logement soit « sacrifié ».

Ce budget, qui regroupe les politiques du Logement, de l'Aménagement des territoires et de la ville, est en baisse de plus d'un milliard à 15,1 mds d'euros en crédits de paiement (-7,53%).

Le ministère de la Cohésion des territoires, qui a déjà dû réduire la voilure depuis le début du quinquennat, doit essentiellement tirer ces économies d'une réforme des aides au logement (APL): elle doit en instaurer la « contemporanéité », c'est-à-dire les aligner sur les revenus actuels et non passés du bénéficiaire.

Le ministre du Logement Julien Denormandie a défendu un budget aux ambitions « importantes » et au « cap clair », mettant notamment en avant une « sanctuarisation » de l'engagement en matière de politique de la Ville.

Sur les APL, il a vanté une réforme « très importante » qui « fait des économies », Pascal Lavergne (LREM) défendant une « mesure de justice sociale » car les Français « percevront des aides ajustées en temps réel ».

Mais la gauche, qui a plaidé en vain pour revaloriser les APL, a dénoncé la « marche folle » de leur baisse (LFI), un « tour de passe passe sur le dos des plus modestes » (PCF) ou encore un « coup sévère » (PS).

« Faire mieux avec moins, ça ne s'est jamais vu » a affirmé globalement Mathilde Panot (LFI). « Réduire aussi fortement le budget d'un ministère nommé Cohésion, c'est détruire la puissance publique, » a-t-elle ajouté, estimant que le gouvernement n'a rien fait « ou presque » depuis le déclenchement du mouvement des « gilets jaunes » il y a un an.

Evoquant une mission « essentielle pour des champs d'intervention souvent constitutifs de la dignité humaine », Stéphane Peu (PCF) a regretté que la mission - et le Logement en particulier - soit « à nouveau le grand sacrifié ».

Notant que le beau mot de « cohésion » se « heurte souvent aux réalités vécues », Sylvia Pinel (Libertés et Territoires) a aussi vu « un symbole » dans le fait que cette mission « subisse la plus forte baisse de dotations » du projet de budget.

Le budget « ne permet pas d'atteindre les objectifs » sur le Logement a aussi estimé Pierre Morel-À-L'Huissier (UDI-Agir), tandis que Thibault Bazin (LR) a tiré « la sonnette d'alarme » sur ce point, s'inquiétant notamment de l'avenir du prêt à taux zéro (PTZ), l'une des principales aides à l'achat.

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