EDF : l'EPR de Flamanville va coûter au moins 155 euros par Français

centrale nucléaire
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EDF a annoncé hier un nouveau dérapage budgétaire pour l’EPR de Flamanville, de 1,5 milliard d’euros. A l’heure actuelle, la construction de ce réacteur nucléaire revient à 12,4 milliards d’euros, soit 155 euros par Français. 3 fois plus que ce qui était prévu au départ.

C’est un nouveau coup dur pour EDF et les contribuables. Le 9 octobre, l’entreprise à capitaux publics – l’Etat est actionnaire à hauteur de 83,7% - a annoncé devoir injecter 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour construire l’EPR de Flamanville, alourdissant ainsi encore un peu plus la facture totale du réacteur nucléaire.

En effet, alors qu’en 2007 les estimations initiales tablaient sur un budget de 3,5 milliards d’euros et une mise en service en 2012, le coût de la construction atteint à l’heure actuelle 3,5 fois plus, à 12,4 milliards d’euros. Cela représente 155 euros par Français - via la participation de l'Etat - pour ce seul réacteur. Sans même parler des pertes dues au report de la production, puisque son démarrage est reporté à 2023. Un chiffre qui permet de relativiser le coût annuel de la SNCF pour les Français, que MoneyVox évoquait il y a quelques jours.

Ce surcoût est dû à des anomalies constatées sur une soixantaine de soudures, dont 8 sont critiques. C’est pourquoi, en juin dernier, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a imposé à EDF de les reprendre. Mais la tâche est complexe car ces malfaçons se situent dans la traversée de l’enceinte de confinement du réacteur. D’où ce dépassement budgétaire d'ampleur.

Pour y parvenir, EDF compte utiliser des « robots télé-opérés, conçus pour mener des opérations de grande précision à l’intérieur des tuyauteries concernées », explique la société par communiqué. Mais cette technique doit encore être validée par l’ASN. L’Autorité a jusqu’à fin 2020 pour évaluer la fiabilité du procédé et rendre sa décision. Si elle s’y oppose, la mise en route de ce réacteur de 3ème génération pourrait êre décalée d’un an encore. Et, un surcoût supplémentaire de 400 millions d’euros serait alors à prévoir.

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© cbanque.com / MoneyVox / MEF / Octobre 2019

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