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Assurance vie, PEA, SCPI : ces placements que la banque vous pousse à acheter

Jeune couple face à son conseiller
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Si vous avez prévu un rendez-vous avec votre conseiller bancaire pour parler épargne, la probabilité qu’il tente de vous vendre une assurance vie est très grande. Selon les résultats des visites mystères de l’Autorité des marchés financiers, 9 fois sur 10, les enquêteurs se sont vu proposer de souscrire le contrat de la banque.

Les conseillers bancaires, des commerciaux comme les autres ? Ils sont de plus en plus offensifs, selon le récent constat dressé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) après une série de visites mystères réalisées dans les établissements financiers. Ainsi, en 2019, les enquêteurs de l’AMF, s’étant fait passer pour des prospects, se sont vu proposer spontanément 3,6 produits d’épargne par visite, contre 3,1 en 2015. Un nombre de propositions qui grimpe à 4,1 lorsque le chargé de clientèle a estimé que l’épargnant était prêt à prendre des risques avec son argent (« risquophile »).

Des propositions qui diffèrent peu selon le profil de l'épargnant

Dans tous les cas, il va d'abord essayer de vendre l’assurance vie de la banque. Ce support a en effet été proposé dans 93% des visites mystère réalisées par un épargnant risquophile et dans 88% des rendez-vous avec un enquêteur de l’AMF au profil plus prudent (« risquophobe »).

Si l’assurance vie, selon les fonds choisis, peut convenir à ces deux profils, c'est moins le cas pour d’autres enveloppes comme le Plan d’épargne en actions (PEA) et la bourse. Et pourtant, plus d’une visite mystère sur trois d’un épargnant ne souhaitant pas ou peu investir sur les marchés financiers s’est soldée par la proposition d’ouvrir un PEA (38%, contre 53% pour un risquophile).

De même, alors que les actions, les OPCVM investis en actions ou encore les fonds immobiliers (comme les SCPI) ne s’adressent a priori pas aux épargnants frileux, ils sont pourtant fréquemment suggérés par les chargés de clientèle, dans presque un quart des cas. Même si, comme le reconnaît l'AMF, proposer des supports diversifiés à des risquophobes - mais qui souhaitent quand même varier un peu leurs placements - peut être « cohérent ».

Autre produit phare des conseillers bancaires : les parts sociales des banques mutualistes. Elles sont mises en avant dans 21% des rendez-vous menés avec un prospect risquophobe et dans 35% s’agissant des risquophiles. Souvent raillées pour leur manque de liquidité notamment, les parts sociales, au regard du contexte de taux bas, ne sont pourtant pas si inintéressantes dans le cadre d’une stratégie de diversification.

Lire à ce propos : Faut-il miser sur les parts sociales de sa banque ?

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© cbanque.com / MoneyVox / MEF / Septembre 2019

Commentaires

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Publié le 20 septembre 2019 à 06h57 - #1Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

On enfonce des portes ouvertes...
C'est un peu comme si on disait qu'une concession auto essayait de vous vendre une voiture ou un médecin des médicaments...
Bah oui forcément, à part 2-3 livrets réglementés et des comptes à terme à -d'1% qui ne couvrent même pas l'inflation le tour est vite fait pour l'epargnant...

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Publié le 20 septembre 2019 à 12h56 - #2Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Apres la crise de 2008, les banques n'ont presque plus proposé d'épargne financięre aux particuliers et se sont focalisé sur l'épargne monétaire. Et pourtant la bourse était tombée bien bas.
Maintenant que la bourse est à un niveau élevé, elles reviennent à fond sur le financier comme ante 2008...
Et proposent à trop de gens des produits comme le PEA.
Je tiens à rappeler qu'en moyenne, un ménage sur 2 a moins de 10000 euros d'epargne et que leur proposer un CTO ou un PEA à ces niveaux de patrimoine c'est tout sauf sérieux...
Pour ceux qui ont plus de 10000 euros, soit 1/2, il faut retirer d'emblée les risquophobes "radicaux" et il y en a un paquet en France, tres probablement plus de la moitié.
Donc ne reste plus qu'au maximum 1/4 de personnes eligibles...
Parmi ce 1/4, une grosse part aime un risque faible à modéré. Donc le PEA ne doit pas passer 20% ou 40% de l'epargne totale...
Pour ceux qui depassent tout juste 10000 euros d'epargne, ca fait un pea entre 2000 et 4000 euros. Le jeu en vaut il vraiment la chandelle ?
Bref à la fin, si le conseiller bancaire fait correctement son travail, il ne devrait proposer le PEA que dans une petite minorite de cas dans le cadre d'une approche globale...
Voilà si c'est fait sérieusement...

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Publié le 21 septembre 2019 à 00h49 - #3Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

@Manu : je pense au contraire que tout le monde devrait avoir un PEA et une assurance-vie, et c'est ce que je dis à mes clients régulièrement.
Pour faire simple sur ce propos : le conseil est avant tout la prise de date fiscal car ce sont 2 supports à maturité lente. On va donc anticiper et ouvrir au plus simple sans forcément l'alimenter et investir dans l'immédiat si le profil, effectivement, ne correspond pas a cela à l'instant T.
Mais au moins ce sera prêt à être utilisé le moment opportun.
Aujourd'hui les PEA et AV sont grands oublics et accessibles à tous pour quelques dizaines d'euros, ce n'est donc pas un grand sacrifice que d'immobiliser cette somme pour une prise de date.
Puis dans la même optique tout le monde a droit à mieux qu'un taux de livret A (bien sûr toujours en fonction de la sensibilite/projets de vie), et les marchés rapportent toujiurs sur le long terme, c'est là ou se situe la rentabilité.
On a accès à toute une multitude de fonds, de supports et d'instruments selon son profil risque, que ce soit en AV ou en Pea, donc pourquoi les cantonner à une minorité ? ;)

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Publié le 21 septembre 2019 à 05h09 - #4Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Concernant l'assurance vie, allez, pourquoi pas. Pour les tres faibles patrimoines (inferieur à 10000 euros), on peut en ouvrir un et prendre date. Et s'il y a une capacite d'epargne mettre en place un VP. Ca ne me dérange pas trop. Il n'y a pas de droits de garde, on peut securiser cette somme sur un fonds général, on peut tenter si et uniquement si on n'est pas 100% risquophobe mettre jusqu'à 20% d'UC. L'argent est dispo au cas où soit sous forme d'avance ou de rachat et si on n'est pas à découvert par ailleurs, un contrat d'assurance vie dans ces conditions ne me choque pas.
Concernant les PEA pour ces mêmes patrimoines, c'est une toute autre histoire...
L'argent est totalement bloqué, il y a des droits de garde à payer qui vont le plus souvent anéantir les gains (bcp de banques ont un forfait minimum qui désavantage les petits portefeuilles, on est obligé d'investir dans des actions et en plus qu'européennes (plus de risques : brexit, endettement, instabilité politique, cac à des niveaux records...) sinon les fonds monetaires eligibles ont une performance négative actuellement donc vraiment pas interessant...
J'en connais qui ont des PEA et par ailleurs sont à dêcouvert et paie presque 20% d'agios...
Tout ca pour prendre date...Et en plus ils sont souvent allergiques au risque...
Non, je persiste et signe : les PEA ne sont pas des produits pour tout public.
Et si on vous propose cà si vous avez peu de patrimoine et n'aimez pas trop le risque et etes un peu juste, ben changez de crèmerie car votre conseiller fait du forcing...
Et pour le coté fiscal, si vous etes a 0% ou à 11% (14 rabaissé à 11 en 2020), ce qui correspond aux taux marginaux de presque 4 Francais sur 5, franchement toutes ces contraintes ne valent pas le coup...surtout a ce niveau de patrimoine. Car la plupart des Francais restent à ces niveaux de patrimoine...
Et en matiere de succession, le PEA n'apporte aucun avantage contrairement à un contrat d'AV...
Il n'y a que ceux qui ont une vraie capacité d'épargne (peu de Francais concernes) qui peuvent se permettre de tenter de placer sur le PEA car ils ont de vrais perspectives d'évolution.
Les autres contentez vous d'avoir des produits simples et dispos et souvent sans fiscalité (meme pas de csg en plus pour les livrets réglementés) avant d'avoir plus...
Meme si ces produits ne rapportent rien ou peu à votre banquier..

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