Le Medef inquiet pour la croissance et les orientations budgétaires

Geoffroy Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bézieux - CC ssf/Wikimedia Commons

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux s'est inquiété mercredi d'une dégradation de la situation économique en France et demande une poursuite des baisses d'impôts dans le budget 2020.

« On est inquiets pour la croissance qui est annoncée à 1,4% dans le budget. Ce chiffre me paraît très difficile à tenir », a déclaré M. Roux de Bézieux au micro d'Europe 1.

« Je m'inquiète des chiffres récents, notamment de l'intérim qui est souvent un signe avant-coureur du marché de l'emploi. Depuis le mois de juillet, l'intérim est à -5%, -6% toutes les semaines », selon le président du Medef.

L'organisation patronale s'inquiète d'une inflexion de la politique de l'offre alors que le gouvernement se félicite de la bonne tenue de l'économie française par rapport à celle de ses voisins européens et notamment de l'Allemagne. Selon le gouvernement, la France bénéficie des réformes du marché du travail et de la fiscalité mais aussi des mesures de soutien au pouvoir d'achat prises dans la foulée du mouvement des « gilets jaunes ».

« La France n'est pas une île » isolée de ses voisins et « l'Allemagne va mal, l'Angleterre je n'en parle même pas. Tout autour de nous, les nuages s'accumulent », avertit le président du Medef.

« On dit au gouvernement : si vous continuez à revoir ce qui a été fait, c'est-à-dire la politique de l'offre, qui consiste à aider les entreprises en baissant les charges, on risque de ne pas gagner cette bataille de l'emploi », met en garde M. Roux de Bézieux.

La France a enregistré « 17 trimestres de suite de création d'emplois, il faut qu'on continue. Pour qu'on continue, il faut qu'on aie la même politique budgétaire, la même politique de baisses d'impôts », explique le porte-parole des patrons.

D'après lui, le Projet de loi de finances (PLF) pour 2020, qui sera présenté en conseil des ministres le 25 septembre, contient « un certain nombre de mesures » défavorables aux entreprises.

En juillet, le gouvernement a décidé pour 2020 d'un nouveau ralentissement de la baisse prévue de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises qui réalisent plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Au lieu de passer de 33,33% à 28% au 1er janvier 2020, il devrait passer à 31%.

« On nous dit, c'est quelques centaines de millions d'euros, je dis oui mais c'est une mauvaise inflexion et un mauvais signal », regrette M. Roux de Bézieux.

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