Salaire : la France paie moins bien ses profs que la moyenne des pays de l'OCDE

  • cBanque avec AFP
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marquage au sol à l'abord d'une école
CC Zizagou76/Flickr

Les salaires des enseignants français étaient en-deçà de la moyenne des pays de l'OCDE en 2018, même si un rattrapage s'observe en fin de carrière, souligne le rapport annuel « Regards sur l'éducation » publié ce 10 septembre.

En cette rentrée scolaire, voilà une étude qui va faire tressaillir les enseignants. Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le salaire des professeurs français est de 7% inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE en début de carrière. Les enseignants français gagnent près de 28 000 euros (bruts) par an dans le primaire, contre 29 900 pour la moyenne des pays de l'OCDE. Les profs de lycée français en début de carrière gagnent, eux, 29 400 euros, contre 32 423 euros pour la moyenne des pays de l'OCDE.

L'écart se creuse encore en mileu de carrière, avant de se resserrer

L'écart se creuse ensuite, en milieu de carrière : par exemple, après 15 ans d'ancienneté, un prof de collège gagne en France 35 550 euros, contre 43 107 euros pour la moyenne de l'OCDE. Tous niveaux confondus, les enseignants français gagnent 22% de moins que la moyenne des pays développés en milieu de carrière. Puis l'écart se resserre fortement en fin de carrière, selon l'OCDE, puisque les salaires français sont inférieurs de seulement 2% à la moyenne.

Avec les heures sup', les profs français se rattrapent selon l'OCDE

Si l'on tient compte des primes et paiement des heures supplémentaires, le salaire effectif des enseignants entre 25 et 64 ans était légèrement supérieur en 2017 à la moyenne de l'OCDE, sauf pour les profs de l'élémentaire, qui n'ont que peu de primes.

« On parle souvent des salaires enseignants dans leur globalité, alors qu'il y a de grosses différences », a expliqué Eric Charbonnier, expert éducation de l'OCDE lors d'une conférence de presse. Les profs du secondaire sont mieux payés que dans le primaire car « ils sont en moyenne plus âgés, plus souvent agrégés, ont davantage l'opportunité de faire des heures supplémentaires ou d'avoir accès à des primes », a-t-il développé. Ce sont par ailleurs « les enseignants en milieu de carrière qui sont les plus pénalisés », a-t-il poursuivi, expliquant que « d'autres pays ont mis en place des possibilités de progresser plus vite dans la carrière ». Pour l'OCDE, si des hausses de salaires sont décidées, elles devraient donc cibler les profs du premier degré et ceux qui sont en milieu de carrière.

Le rapport souligne aussi qu'entre 2000 et 2018 le salaires des enseignants qualifiés et ayant 15 ans d'ancienneté a augmenté dans la moitié des pays de l'OCDE. L'Angleterre, la France et la Grèce font figure d'exception : le salaire des enseignants y a diminué de respectivement 3%, jusqu'à 6% et 17%. En France, c'est notamment le gel du point d'indice qui explique cette diminution. Parmi leurs revendications de rentrée, les syndicats enseignants français ont fait d'une revalorisation salariale une priorité. Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a annoncé l'ouverture d'un dialogue sur la question.

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Par la rédaction avec AFP

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