Libra : de plus en plus d'« interrogations sérieuses » parmi les régulateurs (Banque de France)

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Plus les régulateurs internationaux se penchent sur le projet de monnaie Libra du géant américain Facebook, plus les « interrogations sérieuses » grandissent, a dit jeudi François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

« Plus nous investiguons ce projet, nous, la communauté des régulateurs, plus nous avons d'interrogations sérieuses et potentiellement de réserves », a déclaré le banquier central lors d'une audition devant une commission sénatoriale sur la souveraineté numérique.

Notamment, « l'intention qui a été affichée initialement, c'est de dire que la valeur (du Libra) est définie par rapport à un panier de monnaies existantes (...) mais ces monnaies sous-jacentes n'ont pas été définies encore », a relevé M. Villeroy de Galhau.

En outre, « Facebook laisse entendre de plus en plus que la valeur ne sera pas le résultat mécanique du panier (...) mais que la valeur dépendra en fait des réserves investies par le projet Libra qui aura récupéré des fonds de la part des particuliers ou des commerçants adhérents, qu'il les aura placés et que c'est la valeur de ces placements qui déterminera la valeur du Libra », a relevé le gouverneur, estimant que « ceci introduit une incertitude pour ceux qui souscriront » à cette monnaie.

Sur un autre terrain, « certains disent que le vrai enjeu derrière, c'est de récupérer à nouveau un maximum de données et donc de les monétiser, ce qui pose la question de la protection de la vie privée », s'est inquiété M. Villeroy de Galhau.

Or sur ces questions et beaucoup d'autres, « nous n'avons pas de réponses claires », a-t-il souligné, tout en insistant sur le fait qu'« il n'est pas question que ces projets prospèrent sans respecter les régulations nationales et internationales ».

Le Libra est un « projet qui correspond à des intérêts privés, je suis tout à fait favorable à l'économie de marché, mais je crois qu'il ne faut pas être naïf en la matière, ça n'est pas entièrement guidé, ou seulement guidé, par la recherche du bien commun », a encore affirmé le banquier central.

Benoît Coeuré, l'un des directeurs de la Banque centrale européenne, s'est vu confier mi-juin dans le cadre du G7 la direction d'un groupe de travail sur les cryptoactifs adossés à des devises, comme le Libra de Facebook.

Ce groupe de travail remettra un premier rapport sur le sujet lors de la réunion des ministres des Finances du G7 prévue les 17 et 18 juillet en France, avant un rapport définitif plus fouillé d'ici le mois d'octobre.

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