Pouvoir d'achat : l'Assemblée rejette à nouveau une proposition de loi LR

Assemblée nationale
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Bis repetita : L'Assemblée nationale a rejeté à nouveau jeudi une proposition de loi LR pour « rétablir le pouvoir d'achat », via des baisses d'impôt sur le revenu ou la réindexation des pensions, un texte critiqué par la majorité comme « bricolé » et « non financé ».

Examinée dans le cadre d'une journée dédiée aux propositions LR (« niche parlementaire »), la proposition de loi avait fait l'objet en avril d'une motion de renvoi en commission, la majorité la jugeant « démagogique et irresponsable ».

« Pas convaincus » par les arguments avancés au printemps « selon lesquels il n'y aurait plus de problème de pouvoir d'achat et nos mesures ne seraient pas financées », les élus de droite ont choisi de présenter à nouveau leur proposition, a expliqué le rapporteur Patrick Hetzel (LR).

Entre-temps, à l'issue du grand débat, le président de la République a annoncé fin avril une série de nouvelles mesures censées répondre à la crise des « gilets jaunes », dont une baisse d'impôt sur le revenu pour 5 milliards d'euros et la réindexation des pensions de retraites de moins de 2.000 euros sur l'inflation.

Mais pour LR, même si le gouvernement s'est « largement inspiré » de ses propositions et a « mangé son chapeau », il s'est arrêté « au milieu du gué », en ne supprimant notamment pas la hausse de la CSG pour l'ensemble des retraités et en créant pour les pensions un effet de seuil source d'« injustice ».

« Caricature », « mépris », « arrogance »... L'atmosphère s'est rapidement tendue entre les élus LR d'un côté, et gouvernement et majorité de l'autre, pendant près de 4 heures de débat. Les élus LREM ont réitéré leurs critiques sur le caractère « démagogique » du texte, Jean-René Cazeneuve (LREM) y voyant un « scud médiatique » et un projet « bricolé » qui n'est « évidemment pas financé ».

Des critiques jugées « malvenues » par Patrick Hetzel, qui a noté que les 17 milliards de dépenses supplémentaires décidées depuis décembre par l'exécutif étaient loin d'être intégralement financées.

La secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher a fait part d'emblée d'un « avis défavorable », en raison d'un financement projeté via 20 milliards de baisse de la dépense publique non « documentés ». Elle a ajouté qu'« une partie des mesures proposées ont déjà été faites ».

« Enfin, en matière de pouvoir d'achat, et ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'Insee, c'est l'OCDE (...), il devrait augmenter de plus de 2% cette année, soit la plus forte augmentation depuis 2007 », a-t-elle ajouté.

Tous les articles du texte ont été rejetés, entraînant de facto le rejet de la proposition.

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