Le promoteur Ogic pousse les feux et envisage des acquisitions

Un immeuble et du ciel
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Fort du soutien renouvelé de son grand actionnaire, le promoteur parisien Ogic compte atteindre les 700 à 800 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les deux à trois ans à venir, quitte pour cela à recourir à la croissance externe.

« On regarde régulièrement de possibles acquisitions - y compris des choses importantes », a relevé le président du directoire Emmanuel Launiau lors d'une rencontre avec la presse à Lyon, tout en reconnaissant n'avoir rien pu concrétiser jusqu'ici.

Car « racheter des entreprises de promotion immobilière, ce n'est pas si simple », concède-t-il.

A l'étude actuellement : le rachat « d'une structure sur l'arc Atlantique ».... qui permettrait d'élargir l'implantation géographique d'un groupe jusqu'ici essentiellement cantonné à l'Ile-de-France et à Auvergne-Rhône-Alpes.

En cas d'une grosse acquisition - comme celles un moment envisagées de Marignan et de Kaufman & Broad - le groupe pourra toujours compter sur le soutien de son actionnaire, l'ancien magnat des transports Norbert Dentressangle.

« La culture de Norbert Dentressangle, c'est la croissance externe », rappelle M. Launiau.

Fondé il y a plus de 50 ans sous forme d'une société de gestion immobilière, l'Office général de l'immobilier et de la construction s'était réorienté vers la promotion sous l'impulsion de Jean Diaz, l'ancien patron de la Cogedim.

Après avoir connu divers actionnaires, dont Axa, la société est rachetée en deux temps, à partir de 2008, par M. Dentressangle.

Si la rumeur a un temps couru d'un possible désengagement de l'homme d'affaires lyonnais, « Norbert Dentressangle s'inscrit aujourd'hui dans la durée. On est reparti sur un cycle de longue durée », assure M. Launiau, un ancien de Bouygues Immobilier qui occupe une position minoritaire au capital du groupe.

Au moment de sa reprise, Ogic a réalisé 150 millions d'euros de chiffre d'affaires. Il a dégagé l'an dernier pour 344 millions d'euros de ventes (+32% en un an).

Pour l'instant, le développement du groupe s'est fait en mobilisant ses fonds propres (142 millions d'euros fin décembre), sans appel à l'actionnaire, qui en retour ne réclame que de faibles dividendes.

La société employait 239 personnes. Elle en a embauché une cinquantaine en 2018 et compte faire de même en 2019. Une ouverture du capital de l'entreprise aux salariés est désormais à l'étude.

M. Launiau reconnaît que l'activité de construction est « l'une des plus cra-cra qui soient ». D'où l'utilisation de plus en plus fréquente dans les projets du groupe de matériaux biosourcés, bois, voire même terre. Et la labélisation « biodiversité » accordée à 80% de ses chantiers.

« Les grosses boîtes du secteur sont peu innovantes. Elles investissent peu dans la prospective », tacle le patron d'Ogic, qui voit son métier comme de la « couture urbaine ».

A Lyon, Ogic célébrait mardi soir la rénovation de l'ancien siège de l'Université catholique : cinq bâtiments hétéroclites construits entre le 17e siècle et les années 80 et situés sur la prestigieuse place Bellecour. Ce projet de 15.200 m2 a permis la création de 175 logements (dont 25% de logements sociaux) et de 2.260 m2 de commerces.

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