L'Assemblée vote l'objectif de la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles en 2040

Site de fracturation hydraulique
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L'Assemblée nationale a voté mardi l'objectif de la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (essence, diesel et gaz naturel) d'ici à 2040, délai que des députés d'opposition ont tenté en vain de raccourcir.

L'article du projet de loi d'orientation des mobilités (LOM), qui inscrit aussi l'objectif d'atteindre la neutralité carbone des transports terrestres d'ici 2050, a été adopté par 62 voix contre 6 et 17 abstentions.

« La France est au rendez-vous de l'urgence du défi climatique, et notre majorité marque sa détermination à engager de manière ambitieuse et crédible nos transports sur la voie de la mobilité propre », s'est félicitée la ministre des Transports Elisabeth Borne dans un communiqué.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le co-rapporteur Jean-Luc Fugit (LREM), qui avait introduit dans le texte ces objectifs en commission, a défendu une trajectoire « réaliste » et « ambitieuse », estimant que fixer une échéance « en 2025 ou 2030 » laisserait « trop peu de temps aux acteurs » pour s'adapter.

Une interdiction en 2030 engendrerait des « difficultés financières » pour des Français qui auraient acquis des véhicules neufs auparavant, a-t-il argumenté. « Cela signifie que si l'un de nos concitoyens achetait en 2025 un véhicule diesel ou essence, même hybride, à partir de 2030 il n'aurait plus le droit de le vendre d'occasion », a-il ajouté, s'adressant notamment à Delphine Batho (non inscrite).

L'ex-ministre de l'Ecologie a porté plusieurs amendements pour ramener l'échéance d'interdiction à 2030, estimant que la date de 2040, retenue par le gouvernement dans son plan climat, « n'est pas compatible avec les conclusions du rapport publié par le GIEC », sur le réchauffement climatique, rendu en octobre 2018.

Le socialiste Dominique Potier, qui a défendu une proposition similaire, a appelé en vain gouvernement et majorité « à être plus radicaux » tout en plaidant pour « la création d'un fonds pour le financement de la mutation » de ce secteur.

A la reprise des débats mardi, Jean-Marie Sermier (LR) a critiqué une politique d'« affichage », estimant que la France ne pouvait pas « porte(r) seule la responsabilité de casser une filière automobile existante sans projet pour cette filière ».

L'Insoumis Loïc Prud'homme a précisé que son groupe voterait « pour » mais avec des réserves, soulignant notamment que « le tout électrique ne semble pas être un horizon tenable ».

Hubert Wulfranc (PCF) a lui jugé « indécent » qu'il n'y ait « pas de garanties données aux salariés » de l'industrie automobile.

Dans la foulée, des amendements portés notamment par Mme Batho et l'ex-« marcheur » Matthieu Orphelin, pour interdire progressivement la publicité pour les véhicules polluants ont été rejetés.

Le rapporteur a jugé la mesure « excessive », rappelant que les députés avaient déjà prévu un message dans les publicités incitant à des mobilités plus propres. La ministre a aussi jugé « mieux » que les publicités soient l'occasion d'inciter « les citoyens à des mobilités actives ou partagées ».

Pour M. Orphelin, se contenter de tels messages est « une vraie erreur, ça ne suffira pas même si ça va dans le bon sens ».

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