Livret, PEL et CEL : comment déclarer ses intérêts aux impôts

Taxes et impôts
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Les intérêts des livrets bancaires et autres produits de placement à revenu fixe sont imposables. Pour les déclarer à l’administration fiscale, vous pouvez conserver le prélèvement forfaitaire unique ou opter pour l’imposition au barème progressif. Pour cette déclaration 2019, cette option n’est surtout pas à négliger. Année blanche oblige, elle pourrait bien vous permettre de payer moins d’impôts.

En mai, comme chaque année, vous allez probablement être nombreux à profiter des jours fériés pour compléter votre feuille d’impôt. Mais cette campagne fiscale 2019 est un peu spéciale puisqu’elle va définitivement entériner le passage au prélèvement à la source. En effet, pour éviter que vous soyez doublement imposé – sur vos revenus 2018 et sur vos revenus actuels – l’administration fiscale applique exceptionnellement un crédit d’impôt modernisation du recouvrement (CIMR). Ce mécanisme permet de taxer uniquement vos revenus inhabituels perçus l’an passé. En pratique, le CIMR a une autre répercussion qui pourrait bien vous permettre d’alléger vos impôts et sur laquelle nous reviendrons plus bas.

En attendant, année blanche ou pas, vous devez quand même vérifier, compléter et éventuellement corriger votre déclaration de revenus, dont les modalités pratiques dépendent des types de gains obtenus. Ici, on s’intéresse aux intérêts de produits de placement à revenu fixe. C’est-à-dire aux gains tirés de comptes à terme, de coupons d’obligations, des nouveaux PEL et CEL ouverts en 2018 ou des vieux PEL de plus de 12 ans, sans oublier ceux tirés des livrets d’épargne (hors livrets réglementés comme le Livret A, le LDD ou le LEP).

Les cases 2TR et 2CG à vérifier

Comme les années précédentes, il existe deux options pour déclarer les intérêts perçus avec toutefois des modalités et des règles fiscales qui ont évolué. Ainsi, par défaut, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% s'applique. Aussi appelé « flat tax », il comprend 17,2% de prélèvements sociaux et 12,8% d’impôt à proprement parler. Il s'agit de l’une des grandes nouveautés de cette campagne 2019.

Dans votre déclaration, l’application du PFU sur les livrets et autres produits à taux fixe se matérialise sur plusieurs lignes : « Intérêts et autres produits de placement à revenu fixe » (case 2TR) et « Revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux sans CSG déductible » (case 2CG). Dans ces deux cases, sont à reporter les intérêts bruts, c'est-à-dire avant soustraction de la « flat tax ». Il peut être tout à fait normal que le montant indiqué en case 2CG soit supérieur à celui case 2TR. En case 2CG, tous les revenus de placements sont en effet cumulés, comme les dividendes par exemple.

Une troisième ligne, « Crédit d’impôt égal au prélèvement forfaitaire non libératoire effectué en 2018 » (case 2CK) peut également être pré-remplie. Elle correspond à l’acompte fiscal (12,8%) qui a été prélevé dès le versement des intérêts. Cette ligne reste vide si, à l’automne dernier, vous avez fait valoir vos droits pour une dispense d’acompte.

L'IFU, votre allié pour vérifier votre déclaration de revenus

A noter, votre banque a dû vous transmettre un imprimé fiscal unique (IFU). Ce document récapitule l’ensemble des revenus des capitaux mobiliers qu’elle vous a versé en 2018. De plus, l'IFU associe à chaque gain la case correspondante dans votre feuille d’impôt. De quoi vous simplifier la vérification !

Lire à ce propos : Imprimé fiscal unique : pourquoi il faut y prêter attention

La case 2OP à cocher pour les petits revenus

En fonction de vos ressources, vous pouvez optimiser votre déclaration en remplaçant le PFU par l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Il s’agit d’une option globale qui s’applique à l’ensemble des intérêts des plus-values. Ce choix s’avère, en premier lieu, intéressant pour les ménages non imposables, soit plus de la moitié des foyers fiscaux. Si c’est votre cas, cela vous permet de pas être taxé sur vos gains, alors que l’imposition au PFU entraine un prélèvement fiscal de 12,8%.

Particularité de cette campagne 2019, le choix du barème peut également s'avérer pertinent pour les contribuables imposables. Il s’agit d’une conséquence de l’application du CIMR, ce crédit d’impôt permettant de ne taxer que les revenus exceptionnels. Concrètement, alors que d’habitude les revenus du capital sont imposés au taux marginal d’imposition (qui varie de 14% à 45% selon les tranches de revenus), durant l’année blanche, c’est le taux moyen d’imposition qui va s’appliquer. Un taux qui, par définition, est toujours inférieur au taux marginal ! En conséquence, ce ne sont pas seulement les contribuables non imposables mais plus généralement ceux dont le taux moyen d’imposition est inférieur à 12,8% qui ont, cette année, intérêt à opter pour le barème. Pour vous donner une idée de qui est concerné, sachez que le taux moyen équivaut à peu près au taux de prélèvement à la source.

Modalités pratiques : pour activer l’imposition au barème, vous devez cocher la case 2OP qui se situe juste après la partie dédiée aux « revenus des valeurs et capitaux mobiliers ». Cette option permet de rendre une partie de la CSG déductible en rayant le montant ligne 2CG et en le reportant ligne 2BH (« Revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux avec CSG déductible »).

Voir également : Fiscalité de l'épargne : l'année blanche peut vous faire gagner de l'argent !

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Commentaires

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Publié le 1er mai 2019 à 11h44 - #1Marie claire

Pour moi c'est du chinois. Trop pour un non financier. C'est voulu je pense bien sûr. L'arnaque des petites gens rien y comprendre si on est pas de la partie. Je laisse ma banque inscrire ces chiffres sur ma feuille d'imposition. Je ne dois pas être la seule.

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Publié le 1er mai 2019 à 16h16 - #2cathy40
  • Femme
  • Palavas les flots
  • 51 ans

N'hésitez pas à faire votre déclaration d'abord sans la case OP cochée et revenir en arrière avec la case cochée. Pour moi au lieu de payer 29€ , les impôts auront à me rembourser 49€. Bénéfice substantiel mais là quand même.
catherine

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Publié le 3 mai 2019 à 16h42 - #3Lucast68
  • Femme
  • 64 ans

j'ai fait les 2 calculs avec case cochée et sans case coché: Avec la case coché, on me restitue 9 euros mais mon % de prélèvement à la source augmente .. ..bizarre tout ça

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Publié le 3 mai 2019 à 22h32 - #4cathy40
  • Femme
  • Palavas les flots
  • 51 ans

bonsoir, où trouvez-vous que votre % de prélèvement augmente?

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Publié le 5 mai 2019 à 14h01 - #5HUGO1777
  • Homme
  • ILE DE FRANCE
  • 63 ans

C'est devenu si compliqué que seul un Expert peut s'en sortir et cette constatation est aussi valable pour la retraite, la règlementation de la CPAM ,la CAF.
Bref, si vous avez les moyens de payer une expertise tant mieux pour vous, les pauvres paieront finalement la "facture finale"

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Publié le 5 mai 2019 à 19h45 - #6josie F.

bonjour,
la bonne idée est effectivement de faire une simulation sur impôts .gouv ; une avec la case OP, une sans cette case. A ne pas oublier: si vous cochez cette case, rayez le montant de la case CG et mettez le en case BH ( pour récupérer de la CSG). Cette manoeuvre vous permet de revenir à l'imposition au barème (selon votre cas) et d'annuler la flat tax de 30% qui vous a DEJA été prise par votre organisme payeur ( en général votre banque) sur les revenus concernés. Cela peut peut -être augmenter le futur % de prélèvement à la source, mais ce n'est pas grave dans la mesure où ils remboursent toujours le trop perçu.
A vérifier juste : que votre Revenu Fiscal de Référence n'augmente pas trop le cas échéant, car si vous percevez des aides, c'est lui qui décide.....
Je reconnais que tout cela est "prise de tête", il faut jongler . Une chose est sure : DEPUIS 2018 TOUS LES REVENUS FISCALISES SONT SOUMIS A LA FLAT TAX DE 30% ; A VOUS DE LA REFUSER
Josie

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Publié le 6 mai 2019 à 11h20 - #7talyo
  • Homme
  • BRETAGNE
  • 69 ans

Même chose. Avec ma femme, on a 2 vieux PEL pour 4817€ de revenus et 616€ d'acomptes retenus. J'ai, en outre, un revenu exceptionnel de prime de départ à la retraite de 4940€ sur lequel je serai évidemment imposé en 2018
J'ai fait les 2 calculs: l'application du PFU génère un IR de 338€, et le taux de prélèvement à la source serait de 7%; alors que le barème progressif fait certes baisser l'IR à 125€ , mais fait en contrepartie augmenter le taux de prélèvement à 7.40%.
Dans le cas de taux individualisé où un seul membre est imposable, ce taux passerait de 9.10% à 9.70%.
Même si le prélèvement à la source n'est autre qu'une avance de fonds au Trésor,susceptible de régularisation, il n'empèche que cela dépend des revenus, et que sur des sommes conséquentes, un différentiel de 0.60% ponctué, et donc non placé pose question

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Publié le 10 mai 2019 à 18h46 - #8tristanyseu
  • Homme
  • Saint-Denis 93

Effectivement pour ceux qui sont "à la marge "avec le RFR Revenu Fiscal de Référence ( qui sert à beaucoup de choses en matière d'aides diverses ) il faut faire le calcul avec les 2 hypothèses . Cela permet de choisir selon sa situation .
Ce n'est pas si compliqué que cela , en plus le site des impôts est bien fait et il y a beaucoup d'informations .

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