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Déclaration d'impôts : nourriture, logement, voiture… Ce que vous pouvez déduire très précisément

Impôt sur le revenu
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A la place de l’abattement forfaitaire de 10% pour vos frais professionnels, vous pouvez déduire de votre revenu imposé les frais réels. Passage en revue des dépenses concernées.

D’ici quelques jours et jusqu’à juin, vous allez devoir déclarer vos revenus 2018 à l’administration fiscale. Eh oui ! Bien que le prélèvement à la source soit effectif depuis le 1er janvier 2019, vous devez pour l’heure continuer à remplir votre déclaration d’impôt sur le revenu. Et comme les années précédentes, si vous êtes salarié, en recherche d'emploi, ou si vous travaillez dans la fonction publique, vous pourrez déduire vos frais professionnels de votre revenu imposable. Pour ce faire, deux options s’offrent à vous : l’abattement forfaitaire de 10% ou la déduction aux frais réels.

Dans le premier cas, le fisc considère qu’un dixième de vos revenus d'activité – dans la limite de 12 502 euros par salarié - ont servi à couvrir vos dépenses liées à votre activité professionnelle. La déduction de 10% est automatique, vous n’avez rien à faire ! En revanche, si vos dépenses professionnelles dépassent 10% de vos revenus imposés ou le plafond maximum déductible, vous avez intérêt à opter pour la déduction aux frais réels. Cette option est plus complexe puisqu’elle nécessite que vous sortiez votre calculatrice ! Elle implique également que vous soyez en mesure de justifier ces dépenses par des factures, des quittances et autres attestations pendant au moins les trois années qui suivent leur règlement. Voilà pour le cadre général ! En pratique, l’administration fiscale encadre les dépenses professionnelles qui peuvent faire l’objet d’une déduction. Les voici.

Les frais de transport du domicile au lieu de travail

Les frais pour vous rendre sur votre lieu de travail sont certainement les premières dépenses professionnelles auxquelles vous pensez. Effectivement, lorsque la distance entre votre domicile et votre lieu de travail n’excède pas 40 kilomètres (80 km aller-retour), vous pouvez soustraire de vos revenus imposés la totalité de vos frais de déplacement.

Pour ce faire, vous avez deux options. Vous pouvez d’abord vous référer au barème kilométrique publié par le fisc. Présent dans la notice de votre déclaration, il tient compte des kilomètres roulés, du type de véhicule et de sa puissance. Ce barème intègre la consommation de carburant, les primes d’assurance, l’entretien, la réparation et la dépréciation du véhicule, et les dépenses de pneumatiques. En revanche, le barème de l’administration fiscale ne tient pas compte des frais de péage, de stationnement et des intérêts payés si vous avez acheté votre véhicule à crédit. Ces frais doivent donc être déduits distinctement. En outre, l’usage du barème ne vous exonère pas de conserver les justificatifs de vos dépenses.

L’usage du barème kilométrique est facultatif. Vous pouvez également évaluer vous-même vos frais de déplacement. Les dépenses que vous reportez – hors frais non couverts par le barème - ne peuvent dépasser le montant qui résulterait de l’application du barème pour un véhicule de la puissance maximale.

Si la distance qui vous sépare de votre lieu de travail est supérieure à 40 km, la somme déduite ne tient compte que des 40 premiers kilomètres, sauf si vous êtes en mesure de justifier que cet éloignement n’est pas dû à des convenances personnelles. Concrètement, si la distance s’explique par des difficultés à trouver un emploi à proximité de chez vous, ou à l’inverse à trouver un logement proche de votre lieu de travail, ou encore si elle se justifie par une mutation professionnelle, la déduction au-delà des 40 premiers kilomètres est permise.

Comment déduire, en pratique, les frais réels ?

La déduction des frais professionnels réels nécessite que vous renseigniez leur montant dans la case 1AK (et de 1BK à 1DK si vous faites déclaration commune). Vous devez également détailler vos frais dans une note explicative à envoyer au fisc. Enfin, si votre employeur vous a versé des indemnités au titre de la prise en charge de ces frais professionnels (tickets restaurants, indemnités de transport…), vous devez les additionner à vos revenus imposés.

Les repas pris hors de chez vous

Si votre activité professionnelle ou votre lieu de travail ne vous permet pas de revenir manger chez vous, vous pouvez déduire une partie des frais de nourriture. Cette année, l’administration fiscale évalue à 4,80 euros le prix d’un repas à domicile. Par conséquent, le montant des frais déductibles à ce titre est égal à la différence entre le prix du repas effectivement payé et ces 4,80 euros. Mais si évaluer le coût précis est impossible alors vous devez déduire un montant forfaitaire de 4,80 euros par repas pris à l’extérieur.

Si vous mangez dans une cantine d’entreprise, vous pouvez déduire les frais dépassant 4,80 euros. A noter, dans tous les cas, si vous bénéficiez de tickets-restaurants, la somme à la charge de votre employeur ne peut être déduite. Vous devez donc retrancher sa participation des frais de nourritures soustraits de votre revenu.

Les frais de formation

Si vous êtes salarié ou demandeur d’emploi inscrit à Pôle Emploi et que vous suivez une formation professionnelle, vous pouvez déduire les frais engagés. Il en va de même pour les dépenses réglées pour vous perfectionner dans votre travail actuel, comme l’achat d’ouvrages. Si vous êtes demandeur d’emploi ou que vous cherchez à changer de poste, vous avez la possibilité de soustraire de votre revenu imposable les frais qui en résultent, comme l’envoi par la poste de CV et autres lettres de motivation ou encore vos déplacements pour vous rendre en entretien.

L’achat de vêtements professionnels

Les frais d’achat et d’entretien de vos vêtements professionnels, tels les bleus de travail et les uniformes spécifiques, sont déductibles pour leur montant réel et sous réserve que vous ayez conservé, là encore, les factures.

L’achat de matériels et de mobilier de bureau

Les achats à vos frais de biens nécessaires à l’exercice de votre profession (les meubles et autres outils) sont entièrement déductibles si leur valeur unitaire ne dépasse pas 500 euros hors taxe. Au-delà de ce montant, vous pouvez déduire une somme égale à la dépréciation annuelle de l’outil. La dépréciation correspond à la différence entre le prix d’achat du bien et sa valeur au dernier jour de l’année.

Par exception, l’achat d’un logiciel informatique est déduit en totalité l’année du paiement. Un ordinateur est, lui, amortissable sur 3 ans. Concernant l’ordinateur, il est possible que vous en ayez un usage mixte : il vous sert dans votre vie professionnelle et aussi personnelle. Dans ce cas, vous ne pouvez pas déduire la totalité de la dépréciation subie mais uniquement la part théorique correspondant à son usage professionnel. Par exemple, imaginons que vous ayez acheté un ordinateur pour une valeur de 2 300 euros au 1er juillet 2018. Le montant amorti au bout d’un an s’élève à 383 euros (2 300 x 33% x 6/12). Or, comme l’ordinateur vous sert à mi-temps pour vos besoins personnels, vous déduirez 192 euros.

La location d’un local professionnel

SI votre employeur ne met pas à votre disposition un bureau ou un local spécifique, vous pouvez déduire les dépenses afférentes à l’occupation de votre lieu de travail : loyers et charges locatives, entretien, impôts locaux ou encore les intérêts du prêt contracté si vous avez acquis ce bien. Si vous utilisez à des fins professionnels une partie de votre résidence principale, vous devez déterminer la part de celle-ci dédiée à votre usage professionnel. Et les frais que vous pouvez déduire sont calculés au prorata.

Les frais de double résidence

Si votre emploi nécessite que vous habitiez dans un logement différent du reste de votre famille, vous pouvez retrancher les frais qui en résultent : nourriture et déplacement. Le fisc permet aussi de déduire les loyers versés ainsi que les intérêts d’emprunt si vous avez acquis une seconde résidence.

Les frais déductibles sont donc nombreux. Toutefois, soyez conscient que plus le montant de vos frais réels est important, plus l'administration fiscale risque de porter une attention importante à vérifier sa véracité.

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© cbanque.com / MEF / Avril 2019

Commentaires

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Publié le 4 avril 2019 à 15h32 - #1Philippe H
  • Homme
  • 67370 Stutzheim Offenheim
  • 63 ans

C'est la première fois que je lis un article aussi clair et simple.
Bravo !

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Publié le 6 avril 2019 à 15h51 - #2Zouzou
  • Homme
  • 34 ans

Très intéressant et concret pour le mettre en œuvre dans quelques semaines. Merci

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