Votre niveau de vie a-t-il vraiment baissé de 56 000 euros à cause de la monnaie unique ?

Billets de 10 euros en rouge
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Selon le Centre de politique européenne, un cercle de réflexion allemand qui prône la libre concurrence régulée par l’Etat, le passage à l’euro a été délétère principalement pour les Italiens, les Français et les Portugais. Mais cette étude est largement contestée.

Qui sont les gagnants et les perdants de l’euro ? Cette question revient en force suite à la publication d’une étude du Centre de politique européenne (CEP), un think-tank allemand favorable à l’ordolibéralisme. Il s’agit d’un courant de pensée dans lequel l’Etat est le garant de la concurrence libre et non faussée entre les entreprises. Concrètement, dans cette étude, le CEP a essayé d'estimer quel aurait été le PIB par habitant d’un pays si celui-ci n’avait pas adopté la monnaie unique.

Conclusion, le passage à l'euro a entrainé une chute de prospérité dans 5 pays sur les 8 pris en compte, à savoir, l’Italie, la France, le Portugal, la Belgique et l'Espagne. La richesse totale produite entre 1999 et 2017 aurait été amoindrie de 69 à 4 325 milliards d'euros, selon les pays. Rapporté au nombre d’habitants, en France, le PIB par habitant aurait été abaissé de 56 000 euros sur la période. Chaque Italien aurait perdu plus de 73 000 euros. La baisse est de 40 000 euros par Portugais.

A l’inverse, le niveau de vie par habitant aurait grimpé de plus de 20 000 euros en Allemagne et aux Pays-Bas. Curieusement, selon le CEP, les Grecs auraient également profité du passage à la monnaie commune, avec un surplus de PIB de 2 milliards d’euros depuis 2001. Le think-tank allemand nuance toutefois son propos en rappelant que suite à l’éclatement de la bulle financière en 2009, la Grèce a connu une récession d’ampleur.

Une étude sujette à caution

Assez logiquement, le rapport du CEP est loin de faire l’unanimité. Interrogé par France Culture, Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, estime que la méthodologie est « discutable » et « contestable ». « Il faut être très prudent. L’euro pose effectivement un certain nombre de problèmes aux économies. Mais de là à arriver à cette conclusion sur la base de cette étude, c’est extrêmement contestable », explique l’économiste.

Côté méthodologie, le think-tank a en effet comparé l'évoluion du PIB de 8 pays de la zone euro à un groupe de pays témoin situés en dehors de la zone euro. Pour la France, les pays retenus ont été l’Australie et le Royaume-Uni. Un choix sujet à caution, ces pays restant économiquement très différents de la France. « Il faut prendre cette étude comme une étude statistique, le problème c’est qu’elle est aujourd’hui politisée », regrette l'économiste de l'OFCE.

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Commentaires

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Publié le 1er mars 2019 à 16h24 - #1Jms66
  • Homme
  • 66
  • 54 ans

Pourquoi toujours remettre en cause les études qui montre que l euro n a certainement pas été bénéfique pour la majorité des français. De plus une étude allemande de quoi faire réagir les pro européen et pro allemand et oui regardons toujours ailleurs et prenons en compte un smic à 4.5 euros de l heure....... bien sur je plaisante et je m insurge contre ces pseudo économistes qui ne peuvent voir l ensemble de la population et cette majorité qui souffre en silence.
De plus n oubliez pas que les français ont été trahis lors de ce regrettable référendum sur l Europe...... encore une fois les français cela prouve que nous ne pouvons nous fier ni aux économistes ni à nos politiciens.

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Publié le 1er mars 2019 à 16h48 - #2Neo74

La méthode de calcul est "largement contestée " par qui ? Ceux qui soutiennent que le niveau de vie s est amélioré en France depuis 30 ans en se basant sur un rapport de l Insee qui prend très mal en compte le coût du logement qui pèse aujourd'hui entre 30 et 50% sur le budget des français ?
Les allemands ont une réputation mondiale pour leur rigueur et les politiciens français pour leur capacité à filouter et bidouiller les résultats quand ça les arrange.

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Publié le 1er mars 2019 à 17h03 - #3Neo74

On est ici sur un média spécialisé dans l activité bancaire. Il serait intéressant de réaliser également une étude pour comparer combien gagnais un français annuellement lorsqu'il plaçait l équivalent de 10000 euros en banque il y a 30ans et combien cela lui coûte aujourd'hui avec l explosion injustifiée (disparition des guichets, numerisation des services ) des frais bancaires. Je rappelle qu'il est interdit en France de cacher d importantes sommes d argent sous le matelas donc placer en banque est une obligation. Là encore quel magnifique partenariat entre l état et les banques pour éponger les français. ..

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Publié le 3 mars 2019 à 10h49 - #4John john
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  • Paris
  • 39 ans

Bien sûr que oui ! Grand minimum ! La baguette de pain est passé de 1 franc à 1€ ! Un scandale cet euro ! Qui se régale de ça ? Le banquier et futur roi décapité manu XVI ! Sortons de l euro !

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Publié le 4 mars 2019 à 06h55 - #5Manu SIFP
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  • Alsace
  • 42 ans

A l'Université, en cours de monnaie, on apprend aux étudiants une règle non contestée : " une zone monétaire est optimale dès lors que l'espace économique est homogène". Or le moins qu'on puisse dire, c'est que l'espace économique est très très loin d'être homogène dans la zone euro et que les écarts s'accentuent de plus en plus (jusqu'à l'éclatement ?). Prenons le cas des écarts de productivité entre pays.. Regardez d'un côté l'Allemagne et les pays scandinaves. Regardez de l'autre côté les pays du sud de la zone euro. Les différences sont très importantes !
Alors comment faire en sorte que ces écarts de productivité ne dégradent pas la compétitivité d'un pays ? Dans un système de devises nationales, l'appréciation (pour les pays à forte productivité) ou la dépréciation (pour les pays à faible productivité) de la devise nationale était un instrument permettant de corriger les effets de ces écarts et de rendre un pays moins productif assez compétitif.
Mais depuis qu'on a supprimé les devises nationales au profit de l'euro, on n'a plus cet outil. La seule façon de corriger ces écarts est qu'il y ait des transferts massifs de capitaux des pays à forte productivité vers des pays à faible productivité... Mais ça, personne n'en veut dans l'UE et surtout pas l'Allemagne...
Conséquence : les écarts vont augmenter de plus en plus entre les pays de la zone euro (faute de devises nationales ou de transferts massifs de capitaux) et le paramètre qui va changer est le taux de chômage qui va augmenter dans les pays à faible niveau de productivité, engendrant moins de rentrées fiscales plus de dépenses sociales, plus de déficits puis pour essayer de rattraper ça, on va augmenter les impôts de ceux qui ont encore du travail et à la fin ils vont finir par quitter leur pays car ils ne supporteront plus d'être matraqués fiscalement...
Mais la Banque Centrale europeenne essaiera de masquer ce problème tant bien que mal en injectant massivement des liquidités et en financant des entreprises qui ne peuvent pas survivre...
Tout ça pour retarder l'arrivee des problèmes qui seront encore plus nombreux au fur et à mesure que la bulle augmentera et deviendra gigantesque. D'ailleurs tous les prix dans l'économie sont faussés... Le jour où il y aura une correction ça fera très mal...
Alors vous allez me dire que les pays du sud ont plus de croissance. Mais vous avez vu leur endettement ?
Quand en Espagne, il y a 1% de croissance il y a 12% d'endettement supplementaire...
Ca va durer longtemps comme ça ? Cette croissance est totalement arrificielle et ne vient que de la croissance massive et dangereuse de l'endettement...
C'est ça l'Europe qu'on veut ? Ben ça sera sans moi !
Et pour revenir à l'étude de cet article, on peut certes contester la méthodologie ou les résultats, mais on ne pourra pas contester les augmentations des écarts entre pays de la zone euro qui commencent à devenir très problématiques car si on continue sur cette voie nous irons droit dans le mur.
Et ce n'est pas la "drogue monétaire" ni les politiques d'austerité qui inverseront cette tendance inquiétante mais plutôt la remise en cause profonde du modèle européen...

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Publié le 5 mars 2019 à 10h43 - #6Marin

Sûr que les coûts ont augmenté, mais la baguette à 1 franc, faut arrêter. Je me rappelle l'histoire de ce boulanger, marseillais je crois, qui au début des années 80 avait baissé le prix de la baguette... à 1 franc la corporation criait au scandale.

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Publié le 5 mars 2019 à 12h07 - #7Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

La hausse du prix du pain est liée à la hausse du prix des ingredients et notamment du blé. Le coût des matieres premieres pour fabriquer le pain a presque doublé entre 2005 et 2014.
A cela s'ajoute la hausse des loyers et des charges ces 15 dernières années, la hausse du coût de l'énergie (bois,fuel), la hausse du prix du materiel...et vous avez presque entierement les éléments qui ont entraîné la flambée du prix du pain.
Euro ou pas euro ca n'aurait pas changé grand chose en fait... Même étant un euroseptique je ne mets pas trop l'argument l'augmentation du prix du pain en avant...
Il y a plein d'autres choses de bien plus graves (voir mon post précédent)

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Publié le 5 mars 2019 à 16h07 - #8Marin

Désolé, mon commentaire s'adressait à John John.

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