Epargne : les analystes avec un nom étranger ont un impact étonnant sur les cours de bourse

Un cours de bourse flou
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Les investisseurs se méfient des analystes dont le nom est à consonance étrangère, révèle une étude publiée cette semaine.

La discrimination est décidément partout. Selon une étude effectuée par l’école de commerce londonienne Cass Business School, les prévisions de résultats des analystes financiers dont les noms de famille sont à consonance étrangère ne sont pas sans conséquence sur l’évolution des cours de bourse.

L'impact d'un nom de famille « de souche »

Suite aux attaques terroristes du 11 septembre, les chercheurs ont trouvé que les prévisions formulées par des analystes dont les patronymes étaient à consonance moyen-orientale entraînaient de plus faibles réactions du marché. Même constat pour les prévisions d’analystes aux noms français ou allemands qui ont été moins bien accueillies par le marché américain suite à l’opposition des gouvernements français et allemand à la guerre en Irak menée par les Etats-Unis.

Selon les chercheurs, les investisseurs formulent ainsi des jugements biaisés fondés sur la perception qu’ils ont des noms de famille des analystes.

« Il est très intéressant de constater comment la préférence pour un nom de famille, sans égard pour le contenu de l’information ou la qualité de la prévision d’un analyste, influence la réaction des investisseurs et les anomalies relatives aux prix sur le marché financier », explique le Dr Jung, professeur adjoint en comptabilité à la Cass Business School. Pour lui, la vitesse à laquelle le cours des actions réagit aux prévisions des analystes était plus rapide lorsque ces derniers avaient un nom de famille « de souche ».

Conséquences sur la carrière

Cette préférence a un effet complémentaire sur les possibilités de carrière des analystes. « Nous avons découvert que, à condition de fournir de bonnes prévisions de résultats, un analyste avait plus de chances, si son nom de famille était apprécié, d’être élu en tant qu’analyste renommé et de survivre dans ce milieu même si sa maison de courtage faisait faillite ou faisait l’objet d’une fusion-acquisition », explique-t-il.

La recherche a été menée sur un échantillon de 5 516 analystes et 6 495 sociétés entre 1996 à 2014. Les chercheurs ont mesuré la préférence pour des noms de famille et se sont aidés des registres historiques d'immigration aux États-Unis pour identifier les pays d’origine des noms de famille. Ils ont aussi utilisé les données de l’étude Gallup sur la cote de popularité des pays étrangers aux États-Unis.

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Mathieu BRUCKMULLER

© cbanque.com / MB / Février 2019