Fiscalité : opération « Robin des bois » de l'association Attac contre Google à Paris

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L'association altermondialiste Attac a mené jeudi une « opération Robin des bois » contre le siège français de Google à Paris, notamment pour dénoncer les pratiques d'évasion fiscale des géants du numérique.

Les militants ont aussi appelé le gouvernement français à « prélever à la source » les géants du numérique.

Une cinquantaine de militants déguisés en Robin des bois se sont retrouvés à l'aube dans un quartier parisien devant le siège de Google pour dérober symboliquement des « dizaines de milliards d'euros » et les transférer à l'aide d'une poulie dans un Centre des finances publiques situé de l'autre côté de la rue, a constaté l'AFP.

Depuis fin janvier, une réforme est entrée en vigueur en France qui consiste à collecter l'impôt directement sur les revenus et non plus un an après leur versement, comme c'était le cas jusqu'en 2018 en France. Ce prélèvement à la source, appliqué dans la quasi totalité des pays occidentaux, a révolutionné les habitudes fiscales des contribuables en France et les pratiques de l'administration.

« Alors que les Français découvrent leurs premières fiches de paie intégrant le prélèvement à la source et que le mouvement des gilets jaunes a mis le thème de la justice fiscale au centre des débats, Attac poursuit son travail de fond pour que les multinationales payent enfin leur juste impôt », a affirmé jeudi Dominique Plihon, porte-parole de l'association Attac.

La députée Clémentine Autain (LFI, gauche radicale) était présente devant le siège de Google : « Je suis ici en soutien à l'action que mène Attac contre les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) et plus généralement contre l'évasion fiscale », a-t-elle expliqué à l'AFP.

Selon les chiffres d'Attac, la filiale française de Google a payé en 2017 en France 14 millions d'euros en impôts sur les bénéfices pour un chiffre d'affaires déclaré de 325 millions d'euros.

L'association estime que le géant d'internet « délocaliserait plus de 85% de son chiffre d'affaires » réalisé en France et juge que la taxe que le gouvernement s'apprête à prélever dès cette année sur les GAFA ne va pas assez loin.

A sa place, elle recommande une « taxe globale ou unitaire » qui prélèverait une partie des bénéfices mondiaux des multinationales « en s'appuyant sur des critères d'évaluation de leur activité réelle dans chaque pays » comme le nombre d'employés, les usines, les magasins ou encore les parts de marché.

Mercredi Attac s'était invité dans un Apple Store d'Aix-en-Provence, dans le sud de la France, pour aussi y prélever symboliquement l'impôt dû selon eux par Apple.

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