Epargne : 5 conseils pour débuter en bourse avec les fonds

Bourse et figurines
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Novice en marchés financiers, vous souhaitez vous initier à l’investissement boursier. Pour ce faire, les fonds d’investissement – dans le jargon financier les organismes de placement collectif (OPC) - constituent de bons outils puisqu’ils permettent une diversification facile de votre épargne, et à un coût limité. Voici quelques conseils pour bien commencer.

Un fonds d'investissement se compose de plusieurs dizaines voir centaines de valeurs mobilières (actions, obligations…) qui présentent des points communs. Les OPC sont ainsi souvent thématiques – composés de titres d’entreprises d’un même secteur d’activité – ou géographiques – les sociétés sont alors toutes exposées au même contexte économique – les zones pouvant aller jusqu'au monde entier.

En un seul placement, ils permettent à l’épargnant d’investir dans plusieurs sociétés, de façon collective, puisqu’il agit en parallèle d’autre investisseurs, et à un coût bien moindre que s'il avait dû investir lui-même dans chacune des actions composant le fond. Cependant, même diversifiés, les OPC restent un placement risqué qui nécessite de prendre quelques précautions.

1) Choisir l’enveloppe et le courtier adéquats

Pour héberger les fonds, trois principales enveloppes existent : le compte-titres, le plan épargne actions (PEA) et l’assurance vie. Chacune de ces solutions présentent des atouts et des inconvénients propres. Le compte-titres offre à l’investisseur le plus vaste choix de supports. Fonds actions, fonds obligations, fonds diversifiés, tous les supports sont éligibles quelle que soit l’entreprise et son origine. Ce n’est pas le cas du PEA qui lui ne peut être alimenté qu’avec des fonds investis majoritairement dans des actions de sociétés ayant leur siège social en Europe.

Plus restrictif que le compte-titres, le PEA dispose par contre d’un cadre fiscal plus favorable dès lors qu’il est détenu plus de 5 ans. Un PEA clôturé entre 5 à 8 ans après son ouverture permet à l’investisseur d’être exonéré d’impôt sur le revenu sur ses plus-values. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent. Dans le cadre d’un compte-titres, les bénéfices sont soumis aux prélèvements sociaux et fiscaux, soit à la flat tax de 30%. L’investisseur peut aussi loger ses fonds sur son assurance vie multisupports. Là encore, la fiscalité se veut plus douce après 8 ans de détention. L'assurance vie pemet également à l'investisseur de bénéficier d’un abattement fiscal.

Dans le détail, voir la fiscalité du PEA, du compte-titres et de l'assurance vie

2) Identifier le marché cible d'investissement

Bien que le fonds d’investissement soit en lui-même composé de différentes valeurs mobilières, il reste investi dans un univers spécifique : une zone géographique (Etats-Unis, Europe, France…), un secteur d’activité (luxe, aéronautique, informatique…), un environnement de risque. L’investisseur doit le prendre en compte afin de limiter la surexposition de son portefeuille. Par exemple, si l’épargnant a, par ailleurs, déjà investi dans la pierre-papier, il est préférable qu’il sélectionne un fonds qui ne mise pas sur des titres de sociétés foncières ou de promoteurs. Car en cas de retournement du marché immobilier, ce sera pour lui la double peine.

Diversifier son portefeuille ne signifie pas pour autant que l’investisseur doit détenir des dizaines d’OPC différents. Au contraire, se limiter à quelques lignes bien choisies est plus facile à suivre et évite de payer trop de frais. Dans le cadre d’un PEA ou d’un compte-titres, les droits de garde augmentent en effet avec le nombre de fonds détenus.

Suivant cette logique, Patrick Martin, un investisseur particulier habitué des fonds d’investissement, combine en principe 4 supports dont un seul OPC investi en actions. Dans le détail, sa stratégie consiste à investir la moitié de l’épargne dédiée sur un fonds euros dynamique et un fonds euros classique. Ce dernier lui sert à réaliser des arbitrages. L’autre moitié est partagée entre deux fonds exposés aux places boursières mondiales, à savoir un tracker monde et un OPC monde. Concernant ce dernier, Patrick Martin cite par exemple Comgest Monde qui « a l’avantage d’être proposé dans presque tous les contrats ayant un nombre d’unités de compte un peu important ».

Attention : cette allocation étant pour moitié investie sur des supports à capital non garanti, elle convient aux investisseurs qui ne sont pas averses au risque... Les autres pouvant augmenter la part investie sur les fonds euros.

Pour notre investisseur témoin, « cette idée de partager la poche actions sur deux supports semble être pertinente. Si je regarde les performances sur un an, un ETF Monde donne du -0,60% pour Lyxor et -0,69% pour Amundi. Comgest Monde progresse lui de 1,45% ». De quoi lui faire dire que « partager l’investissement entre deux supports, un ETF et un OPCVM ["VM "pour "valeurs mobilières", ndlr], afin de tirer le meilleur parti de chacun » est « une bonne idée ».

Lire les mises en garde de l'AMF sur le risque de concentration de l’épargne

3) Profiter des promos sur les fonds boursiers

Comme tout placement, acheter un OPC engendre des frais de diverses natures. Ces derniers varient selon les enveloppes. Les intermédiaires prélèvent sur les PEA et les compte-titres des droits de garde, facturés sous forme de commissions fixe et variable. Dans le cadre d’une assurance vie, ce sont notamment des frais de gestion supplémentaires qui sont à prévoir. Bien sûr, le niveau de frais varie selon les courtiers. D’où l’intérêt de les mettre en concurrence. Dans tous les cas, il vaudra mieux éviter de passer par sa banque traditionnelle, et passer plutôt par des banques ou des assureurs en ligne

Les frais varient aussi selon les fonds… Pour se rémunérer, les sociétés qui les émettent et les gèrent prélèvent leurs propres frais de gestion. Mais pour Patrick Martin, ces frais dits internes « sont indolores puisque absorbés par la performance ». En revanche, il fait davantage attention aux frais d’entrée : « à la souscription, c’est différent… Parfois 5% sur des OPCVM, c’est plus que dissuasif. Du moins en ce qui me concerne ! », explique cet investisseur averti. Pour éviter de passer à la caisse, certains courtiers proposent régulièrement une sélection de fonds sans frais. A consulter avant d’investir !

4) Apprendre à repérer les faux OPC actifs

Schématiquement, un gestionnaire d’actifs peut adopter deux stratégies d’investissement différentes : suivre un marché donné - c’est précisément le rôle des trackers (ou fonds indiciels), ces fonds cotés qui répliquent un indice de référence - ou chercher à battre le marché, ce que l’épargnant doit attendre d’un OPC. Dans le premier cas, on dit que le professionnel adopte une gestion passive. Dans le second cas, on parle de gestion active, et celle-ci est sensiblement plus chère. L’objectif du gestionnaire est indiqué dans le prospectus, sorte de carte d’identité d’un placement à destination des investisseurs. Problème, « certains supports sont déclarés actifs alors qu’ils sont gérés proches de leur indice de référence », déplore Mathieu Caquineau analyste Fonds chez Morningstar. Ce qui n’est pas sans conséquence pour l’épargnant.

Ces support faussement actifs – appelés « pseudo-actifs » - occasionnent souvent autant de frais qu’un fonds géré activement, au détriment de la performance. « Un très bon gérant mais qui reste proche de son indice de référence peut réussir à le surperformer de 1% avant frais. Mais, à côté, si ses frais de gestion sont à 1,5%, la performance nette du fonds sera inférieure à l’évolution de l’indice. Structurellement l’investisseur y perd. Il aurait vraisemblablement mieux fait d’investir sur un tracker qui réplique l’indice avec 0,3% de frais de gestion », résume ainsi Mathieu Caquineau. Et malheureusement, ces types de placement ne sont pas rares. Selon une étude de l’Autorité des marchés financiers publiée en juillet 2018, environ 10% des 800 fonds français analysés peuvent être considérés comme pseudo-actifs.

Pour éviter de payer plein pot pour de la gestion passive, l’épargnant peut notamment analyser les performances passées du fonds. En pratique, Patrick Martin s’en remet notamment aux analyses graphiques de Quantalys. « La courbe proposée sur différentes périodes me convient bien puisqu’elle compare l’évolution du fonds avec la moyenne de sa catégorie et son indice de référence », note l’investisseur particulier. Autrement dit, si l’OPC fait mieux que son indice de référence, c’est qu’il est géré activement, en déduit-il.

Des indicateurs financiers pour repérer la gestion passive

L’active share permet de comparer un fonds avec son indice de référence. Si un OPC comporte les 40 titres du CAC 40 et ce, dans les mêmes proportions que l’indice star de la bourse parisienne, alors ce fonds a une active share maximale de 100%. Il colle en tout point au CAC 40 et n’a donc matériellement aucune chance de faire mieux. Les professionnels de l’investissement financier considèrent en général qu’un fonds est géré activement si son active share est inférieure à 60%.

La tracking error prend en compte les écarts de performance entre un fonds et son marché de référence. Là, c’est l’inverse, plus la tracking error est faible, plus l’OPC est géré proche de son indice. En-dessous de 2%, les analystes financiers considèrent que la société émettrice du fonds le gère passivement.

A consulter aussi : Comment bien choisir ses trackers pour investir en bourse ?

5) Investir progressivement et sur le long terme

Un portefeuille, même de fonds, se contruit progressivement. « Cela permet de lisser le risque puisque vous n’augmentez que progressivement votre exposition », rappelait récemment Claire Castanet, directrice des relations épargnants à l'AMF. En investissant progressivement de petites sommes, cela permet également de limiter les effets d'une conjoncture économique défavorable, puisque l'épargnant garde ainsi un pétit pécul qu'il pourra investir lorsque le contexte sera plus propice.

Exit le stéréotype du spéculateur. Lorsque l'on n'est pas expert des marchés financiers, mieux vaut avoir une horizon de long terme et miser sur les fonds peu volatiles. Cela évite au passage les grosses frayeurs en voyant la valeur de son portefeuille se déprécier rapidement.

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