Impôts : la hausse de la CSG nuit à la fréquentation des cures thermales

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Des retraités en vacances
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La fréquentation des cures thermales, en hausse continue depuis dix ans, a connu l'année dernière son premier coup de frein depuis 2008, principalement à cause de la hausse de la CSG pour les retraités, ont indiqué jeudi les représentants du secteur.

Les 110 établissements thermaux français ont accueilli 598.900 curistes en 2018, contre 600.500 en 2017, dans le cadre d'une cure conventionnée par la Sécurité sociale (18 jours d'affilée, sur prescription médicale et pour le traitement d'une des 12 affections ou pathologies répertoriées).

La barre des 600.000 curistes avait été franchie pour la première fois en 2017, alors que la fréquentation des cures thermales a augmenté de 20% depuis 2008. « La principale raison de l'arrêt de la progression en 2018 est la hausse de la CSG, qui a touché 60% des retraités. Or, la moyenne d'âge des curistes est de 64 ans », a expliqué à l'AFP Claude-Eugène Bouvier, délégué général du CNETh (Conseil national des établissements thermaux). Le CNETh publie ces chiffres à l'occasion du salon Les Thermalies à Paris, de jeudi à dimanche.

Pour une cure thermale conventionnée, les soins sont remboursés à hauteur de 65% et le « forfait de surveillance médicale » (les frais du médecin thermal) à hauteur de 70%. Les frais de transport et d'hébergement peuvent être partiellement remboursés, à condition de ne pas dépasser des plafonds de ressources.

Les retraités inquiets

Selon Claude-Eugène Bouvier, la hausse de la CSG a créé chez certains retraités « des inquiétudes sur l'évolution de leur pouvoir d'achat »: « Pour certains d'entre eux, ça représente 40 ou 50 euros par mois. Quand on finance une cure, en particulier l'hébergement, ce n'est pas neutre ».

En réponse au mouvement des « gilets jaunes », l'exécutif a annoncé en décembre une exemption de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2.000 euros par mois. Ainsi, 70% des retraités ne seront pas assujettis à la hausse de cet impôt, contre 40% avant, selon le gouvernement.

Malgré le tassement de 2018, le secteur « reste optimiste », a assuré Claude-Eugène Bouvier. « On constate toujours le même intérêt envers les cures thermales et la proportion des plus de 65 ans dans la population est en hausse régulière », a-t-il souligné.

Efficacité contestée

L'efficacité des cures est contestée dans le monde médical. Dans le cadre de la convention conclue avec la Sécurité sociale en 2003, après un rapport très critique de l'Inspection générale des affaires sociales en 2000, le secteur s'est engagé à démontrer le « bénéfice médical rendu » des cures médicalisées, en échange du maintien de leur remboursement.

Depuis, la filière a dépensé 14 millions d'euros pour la recherche et financé des études comparant l'efficacité de la cure thermale par rapport à des traitements classiques pour certaines affections (troubles anxieux, arthrose, surpoids...).

Le CNETh souligne que la filière thermale rapporte « 240 millions d'euros de recettes fiscales et sociales » pour un coût de 300 millions (financement par l'Assurance maladie et subventions publiques).

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Par la rédaction avec AFP

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