BNP Paribas abandonne l'investissement pour compte propre

  • cBanque avec AFP
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BNP Paribas rue Bergère à Paris
BNP Paribas rue Bergère à Paris - Domaine public

Le groupe bancaire BNP Paribas se prépare à abandonner ses activités de négoce pour compte propre, a indiqué lundi à l'AFP une source proche de la banque, confirmant une information publiée vendredi par l'agence Bloomberg.

Opera Capital Trading, la filiale de BNP Paribas spécialisée dans ce type d'opérations, gère quelque 2,5 milliards d'euros d'actifs et dispose d'un peu plus de 600 millions d'euros de fonds propres. Elle emploie une vingtaine de collaborateurs. Après avoir déjà fermé fin 2018 des bureaux de cette filiale à Hong-Kong, le groupe se prépare à faire de même avec ses deux implantations restantes à Paris et Londres. « Ça va prendre trois mois environ », a déclaré cette source à l'AFP, précisant que cette activité est aujourd'hui très marginale au sein du groupe.

Le but de la manœuvre « est de redistribuer des ressources humaines et financières au service du client », a ajouté cette même source. Cette décision permet aussi à la banque de libérer des capitaux, la réglementation ayant lourdement renforcé ces dernières années les exigences imposées aux établissements financiers actifs dans ce type d'activité.

Une activité controversée

Très controversé depuis la crise financière, le négoce pour compte propre ou « prop trading » en anglais consiste pour une banque à investir sur les marchés financiers pour son compte et non pour celui de ses clients. Très rémunératrice quand tout va bien, cette activité peut aussi s'avérer très risquée. À titre d'exemple, la banque américaine JPMorgan a perdu près de six milliards de dollars en 2012 à la suite des positions prises en compte propre par ses équipes londoniennes, et menées par le trader français Bruno Iksil rebaptisé « la baleine de Londres » dans les médias.

Ces pertes spectaculaires ont soulevé des questions sur les limites des garde-fous et la culture de la prise de risque au sein des banques d'investissement, encouragée par le système des bonus, poussant peu à peu les législateurs un peu partout dans le monde à encadrer très strictement les opérations financières pour compte propre.

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Par la rédaction avec AFP

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