Assurances auto, habitation, santé : quelles hausses de prix en 2019 ?

Dossiers d'assurance
© Olivier Le Moal - Fotolia.com

Rares sont les assureurs et mutuelles à avoir dévoilé leurs grilles tarifaires 2019. Mais plusieurs cabinets d’étude ou comparateurs ont livré leurs prévisions pour l'année à venir.

L’assurance dommages, qui regroupe les couvertures automobile, moto ou multirisques habitation, est un secteur de plus en plus concurrentiel, avec d’une part les banques qui cherchent à prendre des parts de marché, et d’autre part la loi Hamon qui permet aux particuliers de changer plus facilement d’assureur.

Pour l’heure, la Maif a annoncé des hausses de 3% en auto et de 2,7% en habitation pour 2019. La Matmut annonce elle une « revalorisation moyenne de la cotisation » de 2,1% pour la gamme auto-moto, et de 2,5% pour les couvertures habitation, sauf pour les assurés ayant signé leur contrat depuis octobre 2017. Ces deux assureurs mutualistes se justifient, de manière assez classique, en évoquant les sinistres de plus en plus fréquents liés aux aléas climatiques, et une progression du coût moyen de la réparation automobile. Cette hausse sera-t-elle généralisée ?

Assurance auto : une augmentation très modérée

Pas pour les assurances de véhicules à en croire l’analyse du cabinet spécialisé Facts & Figures : « En automobile, la concurrence exacerbée que se livre le secteur rend peu réaliste la possibilité de faire passer des hausses de tarifs importantes auprès des assurés. » Ainsi, ce cabinet « anticipe des hausses moyennes comprises entre 1% et 2% par le marché en automobile… en sachant qu’il n’est pas du tout sûr que le secteur puisse les faire passer. » Facts & Figures insiste sur le virage pris par le secteur suite à l’adoption de la loi Hamon : la possibilité de résilier son contrat à tout moment, après un an de contrat, a poussé les assureurs à multiplier les « politiques de promotion tarifaire » pour les nouveaux souscripteurs. Résultat : « Un assuré sait bien que dans la plupart des compagnies il a désormais intérêt à resouscrire un contrat plutôt qu’à endosser les hausses tarifaires année après année. Une hausse tarifaire trop importante au 1er janvier 2019 serait contreproductive et conduirait à une rotation (coûteuse) des contrats. »

Cette concurrence accrue, qui s’accompagne selon le cabinet Actuaris d’une baisse du kilométrage annuel dû à la hausse du prix des carburants, entraîne une modération des évolutions tarifaires sur ce segment. Actuaris prévoit ainsi « une hausse relativement modérée » des tarifs auto, « à 1,3% ». Soit une hausse inférieure à l’inflation, actuellement de 1,9% selon l’Insee. Assurland publie pour sa part un « indice des prix de l’assurance des particuliers » (IPAP), lequel a augmenté de 1,5% sur les douze derniers mois pour les couvertures automobile. A la vue du bilan de la sécurité routière, qui devrait s’améliorer, Assurland rejoint les analyses des cabinets spécialisés et anticipe une hausse modérée, « d’environ 1% à 1,5% » pour 2019.

Assurance habitation : une hausse plus rapide que l’inflation

Sur la base de ce même indice IPAP, Assurland prévoit en revanche une augmentation bien plus franche des tarifs « MRH », pour « multirisques habitation » : +3% en 2019, à l’image des +2,8 enregistrés sur l’année 2018. Une hausse qui est donc cette fois bien supérieure à l’inflation, en lien avec de « fortes inondations » et « tempêtes » sur l’année bientôt écoulée. Le cabinet d’actuariat conseil Actuaris envisage lui aussi une augmentation supérieure à l’inflation, mais dans de moindres proportions, à 2,2%.

Facts & Figures juge pour sa part « paradoxale » la situation du « secteur MRH », avec la prépondérance des événements climatiques, mais avec des « résultats techniques » malgré tout en progression : le cabinet spécialisé prévoit « des politiques de hausse quasiment sur-mesure en fonction de la situation de chaque risque ». Résultat : des hausses allant selon Facts & Figures de 0% à 5% selon les contrats ! Comme sur le marché de l’assurance auto, Facts & Figures pointe la hausse très modérée de la prime moyenne en MRH ces dernières années, ce qui signifie que les assureurs ne parviennent pas à augmenter le volume de cotisations, même en faisant progresser les grilles tarifaires. La faute à une « rotation des portefeuilles », avec des clients changeant souvent d’assureur.

Couverture santé : des tarifs initialement annoncée en hausse de 2,5%

Les perspectives sont plus floues concernant les évolutions tarifaires des complémentaires. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a ainsi taclé les complémentaires santé en leur demandant de « tenir leurs engagements », et de ne pas utiliser la réforme du « reste à charge zéro » comme prétexte pour justifier une hausse des prix. Une rencontre avec le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et les représentants des assureurs et mutuelles s'est tenue ce mardi à l’Elysée à ce sujet. Verdict : invitées à geler leurs tarifs 2019, les assureurs et mutuelles proposant des complémentaires santé se finalement sont engagés, jeudi, à s'abstenir d'augmentations liées au « reste à charge zéro », et à « contraindre leurs frais de gestion dès 2019 » (« aucune augmentation de taux à ce titre », promettent les assureurs et mutuelles). Les complémentaires santé « s’engagent » en outre, « à titre exceptionnel », à reverser « intégralement les augmentations tarifaires prévues en 2019 sur leurs contrats de base ».

Avec de connaître ces engagements, et donc avant de pouvoir estimer leur répercution, Assurland a estimé à 2,1% la progression des tarifs des mutuelles santé sur l’année 2018. Et le comparateur prédisait alors « une augmentation des prix d’environ 2,5% en 2019 », tout en rappelant que « les dépenses de santé continuent d’augmenter plus vite que l’inflation du fait du vieillissement de la population et de l’amélioration des technologies médicales ».

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© cbanque.com / BL / Décembre 2018

Commentaires

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Publié le 19 décembre 2018 à 22h49 - #1Cpamoa
  • Homme

Pour ce qui concerne la MATMUT il ne faut pa se limiter au flyer publicitaire. Pour ma part un contrat auto, un contrat à habitation résidence principale et un contrat propriétaire non occupant la moyenne de l’augmentation de ces trois contrats ressort à 4,10 %.
Une fois de plus les chiffres ne sont perçus de la même façon par ceux qui les émettent et ceux qui les reçoivent.

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