Fiscalité : Giraud (LREM) suggère une « contribution » des très grandes entreprises

Joël Giraud en 2017
Joël Giraud - CC Wikimedia commons / Jean-Luc Hauser

Le rapporteur général du budget à l'Assemblée, Joël Giraud (LREM), a estimé jeudi que les « très grandes entreprises » pouvaient être « mises à contribution » pour de nouvelles recettes qui compenseraient l'annulation des hausses de taxes sur les carburants pour 2019.

« Il appartient au gouvernement de trouver 4 milliards de recettes (ou d'économies) afin de ne pas dévier de la trajectoire prévue de la dette », a affirmé dans un communiqué le député des Hautes-Alpes.

Il a ajouté que « les très grandes entreprises dont il ne perçoit pas, au contraire des PME et ETI (entreprise de taille intermédiaire), le rôle dans la reprise de l'économie, peuvent être à son avis personnel mises à contribution ».

« Il y a une chose que je n'aime pas dans ce type de réflexe, c'est l'idée que les grandes entreprises c'est un tas d'or dans lequel on peut puiser finalement à sa guise, quand il y a un problème », a réagi Stéphane Richard, PDG de l'opérateur de télécoms Orange, au micro de FranceInfo.

« Les grandes entreprises sont sur des marchés très concurrentiels, elles se développent à l'international, elles servent l'économie française, elles dépensent beaucoup d'argent en recherche et développement », a-t-il ajouté.

Le patron français accueille plus favorablement, mais sans s'engager, l'idée d'une prime exceptionnelle de fin d'année, défiscalisée, soutenue par le gouvernement : « Il faut qu'on regarde quels sont les dispositifs possibles, peut-être un coup de pouce. (...) Que cela prenne la forme d'une prime ou autre, il va falloir qu'on lâche du lest et qu'on entende ce qui se passe. »

M. Giraud, qui avait évoqué mardi une possible suspension « définitive » de certaines mesures fiscales, s'est par ailleurs félicité de la décision de l'exécutif, qui a renoncé mercredi aux augmentations de taxes sur les carburants pour l'année 2019.

« Le terme de suspension utilisé par le Premier ministre imposait cette réponse au scepticisme ambiant afin d'éviter toute confusion avec un simple moratoire », a-t-il dit.

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Commentaires

Publié le 6 décembre 2018 à 22h08 - #1Tomas466

Non, il faut trouver 4 milliards d'économies de dépenses publiques. Pas d'autre choix, sinon on tourne en rond, même si c'est tendance en cette période d'occupation de ronds-points.

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Publié le 7 décembre 2018 à 17h34 - #2namaste
  • Homme
  • Verrières le Buisson
  • 64 ans

on retrouve bien là le réflexe français:
"faire payer les entreprises". la réponse de Richard est cinglante.
le gouvernement c'est mis tout seul dans ce bourbier. à lui de s'en sortir pas en faisant appel aux autres.
dans une entreprise cette façon de procéder n’existe pas.
je me demande combien de temps ce député a passé dans le privé. vu c'est 2 propositions je pense que c'est un professionnel de la politique et qu'il n'y connait rien.
à se sentir invincible et d’être sur d'avoir raison voilà où cela mène.
il devrait y avoir des démissions après ce foutoir.

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Publié le 8 décembre 2018 à 15h23 - #3kiki_un
  • Homme
  • 51 ans

Le dernier président du Mouvement des entreprises de France (Medef), M. Pierre Gattaz, fanfaronnait en 2015 qu’en échange du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, CICE on allait créer un million d’emplois. Entré en vigueur en 2013, la facture a explosé. Il est passé de 6,43 milliards d’euros en 2014 à 12,6 milliards en 2016 et à 15,7 milliards en 2017. Un coût exorbitant pour un résultat décevant. Dans son cinquième rapport, en octobre 2017, le comité de suivi estime qu’il aurait permis de sauvegarder ou de créer de trois mille à... cent mille emplois. Autant dire qu’on n’en sait rien, sinon qu’il coûte plusieurs centaines de milliers d’euros par emploi ! Donc, oui faisons payer les grandes entreprise qui vivent sur le dos de la collectivité !

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Publié le 8 décembre 2018 à 17h04 - #4MULHOUSE2702
  • Femme
  • Mulhouse
  • 59 ans

Quand est-ce que vous allez récupérer les impôts que nous doivent les entreprises comme Amazon et Google et beaucoup d'autres ? Il y a bien plus que 4 milliards qui rentreraient dans les caisses. Mais c'est tellement plus facile de récupérer l'argent auprès des salariés que vous avez sous la main mais qui sont littéralement menottés par le système.

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